Crise à la CAMEG :on a frôlé le pire

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A peine l’épisode du procès portant sur le sursis à exécution du nouveau récépissé de la Centrale d’achat des médicaments essentiels génériques et des consommables médicaux (CAMEG) clos, qu’un autre débute. Cette fois-ci le combat n’est pas devant les juridictions, mais au siège de l’association à Ouagadougou. La scène était digne d’une télé réalité. Nous y avons assisté, ce jeudi soir.

Les évènements se déroulent entre 14 h à 18h devant le siège de l’association. Ce soir-là, Dr Salifou Konfé, président du Conseil d’administration (PCA) mis en place par le ministre de la santé, Smaïla Ouédraogo, a décidé d’installer Dr Damien Koussoubé, nouvellement désigné comme Directeur général (DG) de la CAMEG par intérim.

Dr Konfé refuse de s’adresser à la presse

Tout comme le 25 août 2016 lors de la session extraordinaire dudit Conseil d’administration, le personnel a refusé l’accès des locaux au nouveau PCA, accompagné par son DG et un huissier. C’est devant une porte fermée que nous trouvons les nouvelles autorités. Le personnel, une partie à l’intérieur et l’autre dehors, ayant hermétiquement fermé le portail d’accès à la cour du siège de l’association.

Un dispositif sécuritaire de la Compagnie républicaine de sécurité est mis en place barrant les voies d’accès au siège et filtrant les allées et venues.

Nous avons tenté une approche auprès du PCA Konfé ainsi que du DG Koussoubé pour comprendre le pourquoi de cette situation. Ils ont résolument refusé de répondre. « Je suis là pour installer le DG, donc attendez. Si à la fin je n’ai pas de crise cardiaque, je vous répondrai », rétorque le PCA.

Me Tougma, libérateur ?

Au moment où l’on sentait du mouvement du côté de la CRS, et que l’on pensait que l’assaut sur les lieux serait donné pour permettre l’installation de l’intérimaire, l’avocat conseil de la CAMEG, Me Jean Charles Tougma, surgit à bord de son véhicule. A peine les pieds au sol qu’il se dirige vers la sécurité et demande à voir le chef de mission. Il lui montre des pièces en rapport avec les sursis à exécution de la décision de nomination d’un nouveau PCA et de celui du récépissé rendu plus tôt le matin par le tribunal administratif.

A l’arrivée de Me Tougma, le personnel qui se trouvait hors de la cour, se rassemble peu à peu autour de lui. Pour l’avocat, il a un acte qui l’autorise à assigner le ministre de la santé et le prétendu PCA en justice, pour constater « s’il y a oui ou non » trouble manifestement illicite sur l’activité de l’association. « S’ils veulent faire envers et contre les actes de justice, moi je constaterai puisque je n’ai pas de prérogatives de puissance publique comme le ministre qui peut poser les actes comme il veut », confie-t-il. Selon lui, seuls les actes posés par le PCA, en la personne du Dr Bokar Kouyaté, sont valables.

Pendant que l’avocat conseil s’adresse à la presse, le PCA Konfé et le DG Koussoubé, s’éloignent peu à peu des lieux, entrent dans un véhicule par la suite et s’éclipsent à l’horizon. Peu de temps après, c’est le cordon sécuritaire qui est levé. La CRS quitte les lieux sous les ovations du personnel.

La CGT solidaire des travailleurs de la CAMEG

Le « danger » étant loin maintenant, le personnel à l’intérieur de la cour ouvre le portail et rejoint ceux de dehors pour jubiler. Ensemble, ils (les travailleurs) se dirigent vers l’avocat pour nettoyer sa sueur tout enl’acclamant.

Après cet incident majeur, les travailleurs se retrouvent à l’intérieur pour une concertation. Venue un peu plus tôt, et ayant suivi le déroulement des faits un peu à l’écart car bloqué au niveau du cordon de sécurité, la délégation syndicale composée de la Confédération générale des travailleurs du Burkina (CGTB) et du SYNTSHA Syndicat de la santé a invité le personnel à bien attraper ses intérêts et à ne pas rentrer dans ces tiraillements. Pour Norbert Ouangré, Secrétaire général adjoint de la CGTB, c’est suite à des informations d’un remue-ménage avec la présence des CRS à la CAMEG que la délégation syndicale s’est déportée sur les lieux pour faire les constats d’usage.Lire la suite

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