Convention relative aux droits de l’enfant : les nouveaux engagements du président du Faso

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En application de la Résolution 73/301 du 20 juin 2019, émanant de l’Assemblée générale des Nations Unies, le Burkina Faso a commémoré ce mercredi 20 novembre 2019, le 30ème anniversaire de la convention relative aux droits de l’enfant. Les résultats engrangés dans la mise en œuvre de cette convention au Burkina Faso ont été présentés au cours d’une cérémonie officielle. 

« 30 ans de mise en œuvre de la CDE, un nouvel engagement pour un Burkina digne des enfants ». C’est sous ce thème que le Burkina a commémoré, le 30e anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE). En effet, il y a 30 ans, soit le 20 novembre 1989,  les dirigeants du monde entier prenaient un engagement historique en faveur des enfants en ratifiant la convention relative aux droits de l’enfant.  Au Burkina Faso, la convention a été ratifiée le 23 juillet 1990. Depuis lors, d’importants progrès ont été enregistrés .

Dans le secteur de l’éducation, le Burkina Faso a  réalisé d’énormes progrès. Ainsi, le nombre d’élèves présents dans les salles de classe est passé de 38,7% en 1991 à 90,7% en 2018, avec autant de filles que de garçons. Le pourcentage des enfants enregistrés à la naissance est passé de 33% (3 enfants sur 10) en 2006 à 77, 8 % (8 sur 10) en 2015. Mieux , le Burkina Faso s’est doté d’un nouveau code pénal en 2018, en vue de renforcer la répression à l’encontre des auteurs et complices de mutilations génitales féminines et de toutes formes de violences et pires formes de travail des enfants.

En matière de santé,   l’instauration de la gratuité des soins au profit des femmes enceintes et des enfants de moins de 5 ans a permis à des milliers d’enfants de survivre. Selon la ministre en charge de la famille, Laurence Marshall Ilboudo ,au cours des 30 années, le gouvernement burkinabè a posé des actes majeurs visant à appliquer les dispositions de la convention. Ces actions sont entre autre la ratification en 2005 du protocole facultatif à la convention concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés.

Des actions  louables

 Il y a également le protocole facultatif concernant la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants. De plus, le ministre en charge de la famille a mentionné qu’au titre des mesures de protection spéciales de l’enfant, il y a eu la mise en œuvre de la stratégie nationale de l’état civil qui a augmenté le taux de délivrance des documents d’identification des enfants réfugiés et déplacés.

Laurence Ilboudo, Ministre en charge de la Famille

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A cela s’ajoute les actions récentes entreprises par le  gouvernement en faveur des enfants en situation de rue. Laurence Marshall Ilboudo a par ailleurs exhorté les parents à s’engager aux côtés du gouvernement et des organisations de la société civile pour améliorer la situation de l’enfant au Burkina.

 

Le ministre en charge de l’administration territorial, Siméon Sawadogo, a signé la convention

Pour sa part, la représentante de l’UNICEF au Burkina, Anne Vincent a salué les actions que le gouvernement a entreprises au cours des 30 années de la convention qui a conduits à une amélioration de la situation des enfants.  Ces progrès qui sont selon elle le renforcement de la  répression à l’encontre des auteurs et complices de mutilations génitales féminines et contre les violences et les pires formes de travail des enfants.

Le chemin est encore long

Même si plusieurs actions ont été menées pour promouvoir les droits des enfants, le gouvernement burkinabè ainsi que les acteurs de la société ont toujours du pain sur la planche.

Malgré ces efforts consentis par les autorités Burkinabè, Anne Vincent suggère qu’un énorme travail reste à faire dans le domaine de l’accès aux soins de santé de base de l’enfant. Aussi l’accès à une éducation de qualité de même que l’assurance de vivre dans un environnement protecteur.

Dans la même dynamique, Kikpaworè Da, le représentant du parlement des enfants a révélé les difficultés auxquelles sont confrontées les enfants. La difficulté majeure actuelle selon lui renvoie à la multiplicité des attaques terroristes qui a contraint certains enfants à abandonner leurs localités et leur école. Son souhait est  de voir un Burkina où tous les enfants peuvent aller à l’école sans aucune contrainte. « Nous croyons que demain aucun enfant ne sera contraint d’abandonner l’école, ni son village, aucun enfant ne sera sans abri ni vivra dans la rue »  espère Kikpaworè Da.

Un nouvel engagement en faveur des droits de l’enfant

Au cours de cette cérémonie commémorative, Siméon Sawadogo, ministre en charge de l’administration territorial et représentant du président du Faso a invité tous les acteurs de la société à renforcer les actions visant à promouvoir les droits des enfants au pays des hommes intègres. Il a par ailleurs réaffirmé l’ engagement du président du Faso à faire de la protection et la promotion des droits des enfants une priorité nationale  et à soutenir toutes les actions qui seront engagées dans ce sens.

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Selon Siméon Sawadogo,  le président  Roch Kaboré a ainsi convié le gouvernement à accélérer le processus de la budgétisation sensible au genre et aux droits de l’enfant et à aménager des lignes budgétaires conséquentes et sécurisées pour assurer la prise en charge des enfants ayant besoin de protection sociale.

L président du Faso a également convié le gouvernement à faire un état des lieux de l’administration de la justice pour mineurs et à prendre des dispositions idoines pour se conformer aux normes et standards internationaux.

Mary Sorgho

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