Commémoration du 8 mars : que le Faso Dan Fani soit !

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Le vœu de voir le Faso Dan Fani, pagne tissé traditionnel, comme l’uniforme officielle de la Journée internationale de la femme au Burkina Faso, émis par bon nombre personnes est-il en passe de devenir une réalité ? C’est en tout cas le pressentiment que donne le Conseil des ministres du 2 septembre dernier. En invitant les populations au port dudit pagne à l’occasion des célébrations du 8 mars, le gouvernement a franchi un premier pas qu’il faut saluer.

Le vœu de voir le Faso Dan Fani, pagne tissé traditionnel, comme l’uniforme officielle de la Journée internationale de la femme au Burkina Faso, émis par bon nombre personnes est-il en passe de devenir une réalité ? C’est en tout cas le pressentiment que donne le Conseil des ministres du 2 septembre dernier. En invitant les populations au port dudit pagne à l’occasion des célébrations du 8 mars, le gouvernement a franchi un premier pas qu’il faut saluer.

L’on pourrait penser que l’introduction timide du Dan Fani ces dernières années notamment lors du forum national des femmes en 2014 a pu convaincre les autorités de la transition ou simplement qu’elles ont voulu rompre avec les anciennes méthodes et pratiques. A moins que « Dan Fani fashion week » le salon du pagne tissé qui vient de fermer ses portes il y a quelques jours, n’est favorisé, arguments à l’appui le déclic!

Avant tout, c’est l’identité culturelle du pays qu’on choisit de promouvoir à travers le port du Dan Fani. L’occasion est ainsi donnée aux populations de découvrir, de partager et de faire connaitre l’art vestimentaire du pays.

Par ailleurs cette initiative contribueà corriger une injustice à l’égard de l’autre moitié du ciel en lui rétrocédant le marché du Dan Fani qu’elle a créé mais qui a été longtemps monopolisé par des opérateurs économiques, plus préoccupés par le profit que par le développement économique du pays et encore moins l’épanouissement des femmes.

De fait, le pagne officiel du 8 mars a connu du succès à cause de l’engouement qu’elle a suscité chez les femmes. Avoir le pagne était devenu un défi pour certaines, un projet annuel pour d’autres. Certaines associations en ont fait leur activité principale. La commémoration de la journée internationale de la femme étant entre autres une occasion de réflexion sur les conditions de vie des femmes et leur prise en compte dans le processus de développement, il était normal qu’elles soient les principales bénéficiaires de ce marché de pagne qu’elles ont créé et entretenu. Permettre aux tisseuses et autres fabriquant de Dan Fani d’écouler leurs produit contribuera à de réduire la pauvreté dans cette frange de la population.

En outre, le coût du pagne moderne, qui était de l’ordre de 6000 F constituait une réelle préoccupation pour beaucoup de femmes. Ce problème est plus ou moins résolu avec le pagne tissé qui d’une manière générale est mieux connu et occupe déjà une place de choix dans la garde-robe de nombre de femmes burkinabè. Ainsi elles ne seront plus tenues d’acheter l’uniforme chaque année.

Toutefois le défi à relever pour le port du Dan Fani sera sans doute la disponibilité du produit. Aussi les producteurs de coton, les filateurs, les unités industrielles modernes ou artisanales de Dan Fani, devront saisir cette opportunité d’affaire pour mettre à la portée des consommateurs suffisamment de pagnes pour l’événement. Ici il sera question de produire en quantité et en qualité, à un prix accessible pour convaincre.

Le risque c’est de créer une opportunité d’affaire et de laisser d’autres acteurs en profiter. C’est à dire laisser les économies plus développées qui possèdent des moyens de production meilleurs, de s’accaparer le nouveau marché en envoyant des produits plus compétitifs au plan du coût et la qualité. Les tissus importés d’Asie avec des motifs des Dan Fani rivalisent déjà sérieusement avec les pagnes tissés locaux. Il s’impose donc de mettre en place une stratégie efficace pour favoriser le développement des unités de production locale du pagne.

Le 8 mars 2016 est donc une année de défis. Non seulement pour le comité d’organisation, mais aussi pour les acteurs de la filière coton. Sa réussite pourrait mettre fin aux hésitations des autorités de passer à une vitesse supérieure, à savoir, l’adoption du Dan Fani comme pagne officiel du 8 mars.

Séverine Kabré

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