CMA de Houndé : le bloc opératoire dans un état désastreux, la vie de nombreuses femmes menacée

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La lutte contre la mortalité néonatale passe par une amélioration de la qualité des soins maternels dans les centres de santé. Malheureusement au Burkina, cette équation est loin d’être résolue. Certaines structures sanitaires manquent du minimum indispensable pour offrir des soins de qualité. C’est le cas du CMA de Houndé que nous avons visité dans le cadre de la campagne « 100 jours pour convaincre ». Un spectacle désolant qui empêche les agents de santé de satisfaire au besoin d’urgence surtout au niveau des césariennes.

Une salle d’opération avec des matériels vétustes, des tables d’opération quasi inexistantes, des coupures intempestives d’électricité, c’est dans cette situation que le médecin chef du district sanitaire (MCD) de Houndé, Dr Saidou-Mady Bagaya et ses hommes tentent bien que mal de sauver les nombreuses femmes qui accouchent par césarienne.

Le médecin chef du district de Houndé, Dr Saidou-Mady Bagaya

Selon le docteur, le bloc opératoire du district de Houndé fait partie des premiers blocs construits au Burkina Faso au niveau des CSPS depuis les années 1995- 1996. Toute chose qui montre la durée de son existence.

« Nous pensons que nous pouvions améliorer l’offre de santé mais nous sommes confrontés à plusieurs difficultés de fonctionnement liées au bloc opératoire. Ces difficultés font que nous n’arrivions pas être opérationnels à tout moment quand le besoin se fait sentir », a expliqué le médecin chef.

Ces difficultés sont de plusieurs ordres. « Notre bloc opératoire ne répond plus aux normes actuelles d’un bloc opératoire. A cela s’ajoute le déficit matériel médicotechnique surtout au niveau des gros matériels », a confié le premier responsable du district.

Impossible d’opérer deux femmes au même moment

A en croire le docteur Bagaya, lorsque deux femmes veulent bénéficier d’une césarienne au même moment, ils sont obligés de voir laquelle des femmes se trouve dans la situation la plus urgente et passer à son opération tout en mettant en instance la 2ème femme. « Si les deux femmes sont à urgence égale, nous sommes obligés de faire une évacuation à Bobo », a-t-il regretté.

Comme si cela ne suffisait pas l’hôpital a dû faire face pendant plus d’un an à l’absence d’autoclave, la machine permettant de faire la stérilisation des habits que les chirurgiens portent pour pouvoir opérer. De ce fait les malades étaient évacués soit à Boromo où à Bobo.

A peine cette équation résolue, le district doit face encore face la quasi inexistence de la table anesthésique.  La table est le pilier de la réanimation en période opératoire. « Pendant les interventions, cette table permet de voir tous les paramètres vitaux et de contrôler tout ce qui est normal ou anormal et de pouvoir agir à temps opportun au bloc. Du coup l’hôpital de Houndé que ne dispose que d’une seule ne prend plus de risques de faire des interventions majeures dans la seconde salle dépourvue de tout matériel.

En plus des difficultés matérielles, les coupures intempestives de l’électricité rendent davantage difficile les interventions. « Nous disposons certes d’un groupe électrogène de relais qui est devenu moins performant du fait de sa sollicitation à tout moment », a déclaré le MCD.

En 2017, le bloc opératoire du district sanitaire de Houndé a réalisé 667 intervention dont 222 césariennes. 80 césariennes qui ont été effectuées depuis janvier 2018.

 

                                                                                                                      Issa KARAMBIRI

 

 

 

 

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