En l’espace de deux semaines, deux élèves de la ville de Ouagadougou ont été victimes d’accidents mortels. Deux faits dramatiques qui viennent allonger la liste des victimes d’accidents mortels pour les mêmes causes. C’est une tragédie qui interpelle toute la communauté urbaine de Ouagadougou.

Nos pensées immédiates vont aux familles et à leurs proches, et nous voulons leur témoigner toute notre solidarité, notre compassion et partageons leur douleur et leur colère.

Ce fléau tragique pose, avec une extrême brutalité la question cruciale de la sécurité routière dans notre métropole naissance de plus de 3 millions d’habitants avec des infrastructures qui, malgré les efforts d’extension et de modernisation, demeurent insuffisamment développées.

Ces deux tragiques et regrettables derniers accidents interpellent tous les acteurs impliqués dans la gestion et la régulation de la mobilité urbaine dans une cité en pleine explosion démographique.

Ils nous exhortent à une mobilisation générale citoyenne et à tous nous impliquer dans l’accélération des réformes législatives, réglementaires et institutionnelles que nécessitent l’extension et le développement de la ville de Ouagadougou.  Il est nécessaire que les règles élémentaires de sécurité et celles réglementant la circulation routière soient respectées. Nous devons travailler collectivement à cette prise de conscience.

Très tôt, la mairie de Ouagadougou, soucieuse de répondre à la légitime inquiétude des populations et pleinement consciente de la nécessité de trouver une solution durable à ce phénomène, s’est résolument engagée dans un vaste et rigoureux programme d’études, de réformes, d’investissements et de mise en oeuvre d’un nouveau système de gestion de la circulation routière et de la sécurisation des usagers.

Elle a ainsi suggéré dès 2017  et obtenu du gouvernement, la relecture du RAABO N° AN VI-77/FP/MAT/PKAD/HC du 13 mars 1989 portant réglementation et stationnement des véhicules poids lourds dans la ville de Ouagadougou, devenu obsolète et qui a été abrogé par un nouveau décret N°2018-1061/presse/PM/MTMUSR/MATD/MSECU/MINEFID/MCIA, adopté en conseil des ministres le 22 novembre 2018 portant réglementation de la circulation et du stationnement des véhicules poids lourds à l’intérieur des communes du Burkina Faso et disponibilisé en février2019. Cela montre les longues procédures que malheureusement nécessitent les réformes profondes.

L’arrêté d’application du nouveau décret est en cours de validation  par tous les acteurs impliqués dans le domaine de la circulation et la sécurité routière (Gendarmerie, police nationale, police municipale, douanes, les ministères en charge des Transports, de l’Urbanisme, des Infrastructures, les organisations de transporteurs), car la résolution du problème n’est pas de la seule compétence de la mairie de Ouagadougou. Seule une approche inclusive et responsable sera gage d’efficacité.

C’est donc une question dont la résolution nécessite une action bien planifiée et coordonnée par la mairie et tous les acteurs cités plus haut.

Les solutions envisagées et conçues par la Mairie sont de deux ordres :

  • Les Mesures urgentes
  • La mise en œuvre de l’interdiction de la circulation et du stationnement des véhicules poids lourds dans la commune de Ouagadougou (juin 2019);
  • La mise en œuvre du plan de circulation de l’hyper centre-ville qui va instaurer des jalonnements et des sens interdits (octobre 2019).
  • Les Mesures inscrites dans la Durabilité
  • Projet de mobilité urbaine avec la redynamisation de la SOTRACO et la mise en circulation de 200 bus modernes, la construction de nouvelles infrastructures routières adaptées ;
  • Acquisitions foncières et construction d’aires de stationnement aux entrées de la ville Ouagadougou.

La mairie de Ouagadougou est mobilisée en lien avec les services de l’État,  avec tous les partenaires et acteurs afin de remédier dans les meilleurs délais aux  problèmes de circulation  et de sécurité routière qui pénalisent très fortement notre ville.

Il faut agir rapidement afin que de telles tragédies soient évitées et cela ne pourra se faire qu’avec le concours et la bonne volonté de tous, car nous sommes tous concernés. Nous en sommes conscients et mesurons la gravité.

Armand Roland Pierre Béouindé

Maire de la ville de Ouagadougou

Officier de l’Ordre national

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