Cinquantenaire du Fespaco: Hommage mérité à une amazone

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Le top  départ du cinquantenaire du cinéma africain a été donné ce samedi 23 février 2019. Une cérémonie d’ouverture marquée par un hommage bien mérité à la pionnière Alimata Salembéré, première présidente du comité d’organisation du Fespaco en 1969.

Un jet d’hommage rendu aux pionniers du Fespaco, en particulier à cette femme qui a vu le Fespaco poser ses premiers jalons en 1969, en Haute Volta, Alimata Salembéré pour devenir aujourd’hui un carrefour du cinéma africain et une référence au niveau international. Que ce soit cette séquence de vidéo de la 1ère édition en 1969 magnifiant les devanciers de ce grand rendez-vous du cinéma africain, le palmerais des étalons d’or Yennega depuis 1972 ou cette évocation  des disparus du cinéma, en l’occurrence le Maestro, Idrissa Ouédraogo et Missa Hebié, tout laisse à voir en cette solennité du cinquantenaire du cinéma africain le mérite des acteurs du cinéma africain reconnu et salué à sa juste valeur. Le thème  de la célébration, ‘’mémoire et avenir des cinémas africains’’, est selon le maire de Ouagadougou, Armand Beouindé, une opportunité de faire le bilan d’un ½ siècle d’espoir en rappel à tous ces cinéastes qui ont libéré leur génie créateur pour donner cette image rayonnante à l’Afrique et confronter sa mémoire.

Alimata Salambéré a contribué a posé les premiers jalons du Fespaco en 1969 en tant que Présidente du comité d’organisation des premières quinzaines du cinéma africain de Ouagadougou

  La doyenne Alimata Salembéré a, au nom de tous les pionniers du Fespaco, affirmé que c’est là, le signe de la pérennisation d’une dimension panafricaine. «  C’est une chance pour moi d’avoir aidé à mettre au monde le Fespaco et de le voir souffler sa 50e bougie », s’est-elle exprimée avec grande émotion , avant de se réjouir de voir le Rwanda, ce pays d’héritage culturel être l’invité d’honneur de cette 26e édition, ‘’qui veut faire rêver l’Afrique et le monde à l’heure où la peur tente de se faire une place’’.

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, donnant le clap de départ

En exprimant un double sentiment de solidarité, le Président de la commission de l’Union Africaine, Moussa Faki Mahamat, a lui fait mention dans son propos, que le Burkina Faso est non seulement une terre d’intégrité mais aussi d’hospitalité et incarne à travers le Fespaco un positionnement international du continent. « C’est un message de renaissance de notre Afrique à travers le son et l’image », a-t-il signifié, tout en se rappelant lui aussi, de l’illustre disparu panafricaniste,  Thomas Sankara.

Ce rendez-vous biennal du cinéma africain aux dires du ministre de la culture burkinabè, Abdoul Karim Sango, révèle alors un caractère multidimensionnel, qui résulte, dit- t-il ‘’de la puissance de l’image et du son pour magnifier les valeurs de nos peuples’’.

Du côté de l’État rwandais, il ressort de l’intervention de son ambassadeur, qu’il n’y a pas de ‘’meilleur cadre que le Fespaco qui réunit des acteurs qui soutiennent l’identité culturelle partagée’’.

En cette cérémonie d’ouverture, un hommage bien bel a été rendu au cinéma africain, riche en couleurs, en allocutions et en prestations musicales, pour ne citer que Sana Bob, Habibou Savadogo, le balai national rwandais, Magic système. Festivaliers, acteurs du cinéma et cinéphiles vont  donc vivre sans aucun doute et pendant une semaine dans la capitale burkinabè, ‘’une Afrique vue et filmée par des Africains’’, le professionnalisme des acteurs du cinéma, bref, l’évènementiel du cinéma panafricain.

Assétou Maïga

Aminata Gansonré


Histoire du FESPACO (reconstituée par Yacouba Traoré
            En 1968, Alimata SALEMBERE était réalisatrice à la section télévisuelle de la RHV, la Radiodiffusion Télévision de Haute Volta ; Claude PRIEUX était le directeur du centre culturel français et tous les deux appartenaient à un groupe d’amis d’une quinzaine de personnes  qui décidèrent de se retrouver pour débattre autour d’une question fondamentale touchant à la survie du cinéma africain : « Pourquoi n’y a-il presque jamais de films africains à l’affiche dans les salles de cinéma de Ouagadougou, alors qu’il existes bel et bien des cinéaste africains disposant de productions qu’ils aimeraient montrer à leurs publics »?
Le constat était on ne peut plus inacceptable et sans attendre, il décidèrent de mettre en place un comité informel chargé de veiller à l’organisation d’une semaine du cinéma africain, histoire de permettre aux ouagalais de regarder dans les salles obscures, des réalisations qui s’inspirent de leurs propres réalités. En fait de semaine, il s »agissait plutôt de quinzaine puisque la manifestation occupa deux semaine ; elle se déroula du 1er au 15 février 1969 et permit la projection d’une vingtaine de films dont quatorze, africains. La seconde, organisée aux mêmes dates de l’année suivante suscita encore plus d’engouement tant auprès des cinéastes africains que du public ouagalais et mit à l’écran une quarantaine de films issus de neufs pays africains. Ainsi venait de naître le festival cinématographique de Ouagadougou avec une très forte adhésion populaire.

Dans  la foulée de la nationalisation des salles de cinéma en 1970, la manifestation sera récupérée par l’Etat voltaïque qui l’institutionnalisa sous l’appellation de « FESPACO », Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou.

La première édition du FESPACO se déroula en 1972 et prima « Le Wazzou polygame » du réalisateur nigérien Oumarou GANDA, Etalon de Yennega

Après près d’un demi-siècle d’existence, le FESPACO apparait comme l’incontournable manifestation du cinéma africain, le rendez-vous de tous les réalisateurs du continent et de sa diaspora qui lorgnent la reconnaissance internationale.

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