Le festival Ciné droit libre (CDL) a fermé ses portes le samedi 16 décembre 2017 à Ouagadougou. Le film « Winnie » de la réalisatrice Pascale Lamche.

Pascale Lamche est la lauréate du grand prix Sergio Vieira de Mello dotée d’un trophée et la somme de 1 million de FCFA pour son film « Winnie ». Elle succède ainsi à Aicha Macky du Niger avec son film « L’arbre sans fruit ».

Pour cette 13e édition de Ciné droit libre, dix films étaient en lice pour le grand prix. Le long métrage « Winnie », assemble toutes les parties et dévoile son immense contribution à la lutte pour renverser le régime de l’apartheid, en mélangeant le point de vue intime de Winnie Madikizela Mandela, la seconde épouse de Nelson Mandela et de ses proches avec des témoignages de ses ennemis qui ont tout fait pour tenter d’éteindre sa capacité radicale à mener une révolution. Concernant le palmarès, le prix spécial de l’immigration a été remporté par le film « Quand Paul traversa la mer » de Jakob Preuss, le meilleur film burkinabè remporté par « Femmes de soleil » de Seydou Samba Touré, le prix du public revient à « Maman Colonelle » de Dieudonné Amadi. Deux mentions spéciales ont été fait aux films « Place à la révolution » du burkinabè Galadio Parfait Kaboré et « La colère dans le vent » de Amina Weira du Niger.

« Femme de soleil », le film qui met à nu les conditions de vie des sahéliennes

Le lauréat du meilleur film burkinabè, Seydou Samba Touré a obtenu une attestation, un trophée et un montant de 300 000 FCFA. Son film « Femmes de soleil » traite de la condition féminine et met en lumière les difficultés vécues par les sahéliennes. Il met en exergue le portrait croisé de deux femmes, Ami et fatim aux destins distincts. Fatim a été marié de force à l’âge de 13 ans. Traumatisée par ce mariage, elle passe ses nuits sur la colline sacrée de Gorom Gorom qui la transforme en femme battante.

Quant à Ami, protégée par sa mère, elle échappe au mariage précoce. Aujourd’hui, elle est l’une des rares femmes sahéliennes à conduire des engins lourds dans une mine d’or et se bat pour prouver à la société qu’il n’y a pas de travail exclusivement réservé à la gent masculin. Seydou Samba Touré a rappelé que le mariage forcé est un problème culturel et doit être posé afin de trouver des solutions. Originaire de Gorom Gorom, le réalisateur s’est dit interpeller par le niveau des femmes sahéliennes par rapport à la femme burkinabè en général. Selon lui, le taux de scolarisation de la jeune fille sahélienne est moins élevé. A cet effet, il a défendu que la femme sahélienne a besoin d’un autre regard pour s’affirmer. Le coordonnateur de CDL, Abdoulaye Diallo a montré sa satisfaction pour la tenue de cette 13e édition. Il fait savoir que toutes les activités ont été organisées avec beaucoup de succès. Il a par ailleurs précisé que la prochaine édition va se tenir du 8 au 15 décembre 2018.

Aïcha COMPAORE

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