Christian Arnaud Bassolé , l’homme qui se cache derrière la Main2Dieu

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Le dessin n’a plus de secret pour lui. Grâce à ses mains magiques, Christian Arnaud Bassolé a remporté plusieurs distinctions dans le domaine de la caricature. Dans cette interview, nous invitons à découvrir l’homme qui se cache derrière la Main2Dieu.

Qu’est-ce qui vous a motivé à embrasser ce métier de dessinateur (caricaturiste) ?

Le dessin a toujours été une passion pour moi depuis l’école primaire. C’est un domaine où j’étais mis en valeur. Après l’obtention de mon diplôme de baccalauréat, je me suis inscrit à l’Université de Ouagadougou en faculté de droit et là j’entendais souvent parler de concours de créativité et  de dessin. je postulais et la plus part du temps j’étais le lauréat. J’ai vu que c’était une opportunité et cela ne m’empêchait pas aussi  de poursuivre mes études. C’est d’ailleurs à partir de 2011 que ce métier de caricaturiste est devenu du sérieux pour moi car c’est en cette période que j’ai connu le lancement d’un journal apolitique et satirique dénommé « Etalon ». Ce journal a ouvert la porte à plusieurs dessinateurs dont moi-même.

Le métier de caricaturiste nourrit -il son homme ?

Malheureusement, rare sont les personnes qui vivent de l’art qu’est le dessin. Quand on se limite à un certain niveau d’étude à l’école, on a du mal à se vendre et à se mettre en valeur  et c’est d’ailleurs ce qui fait qu’on ne peut pas vivre de cet art au Burkina Faso.

Parlez-nous des nombreuses distinctions que vous avez-vous obtenues

En 2012 j’ai été nominé aux prix Galian catégorie caricature et dessin de presse. En 2013 j’ai été lauréat du prix caricature au festival international de la liberté de presse (FILEP). En 2014, j’ai obtenu le 1er prix au festival international de bande dessinée de Ouagadougou. En 2017, j’ai été lauréat du concours de posters organisé par l’Ambassade des États Unis d’Amérique au Burkina. 

Quel est votre plus beau souvenir ?

Mon plus beau souvenir remonte au festival international de la liberté de presse en 2013 où j’ai eu le 1er prix. J’ai présenté mon œuvre quand bien même il y avait des mentors du domaine qui avaient aussi postulé. Cela a réveillé cette flamme en moi et c’est ce qui m’a d’ailleurs motivé à me lancer réellement dans ce domaine-là.

Vous avez également pris part dernièrement au concours des beaux arts d’Abidjan.De quoi s’agit-il exactement?

C’est le concours des beaux-arts d’Abidjan. Cette école prestigieuse offre l’opportunité à plusieurs artistes de pouvoir se manifester et de faire respecter le métier de l’art. Je suis arrivé à un stade où je voulais réellement me lancer  dans le domaine artistique et j’ai vu que c’était une porte, j’étais motivé à prendre part à ce concours. J’ai postulé et j’ai pu être retenu.  J’étais en quête de perfection  donc je voulais mieux apprendre dans ce domaine. Au travers de ce concours J’ai fait plusieurs rencontres avec beaucoup de professionnels dans le domaine.

Comment arrivez- vous à concilier le métier de juriste et celui de caricaturiste ?

C’est vrai que je ne peux pas dissocier les deux activités mais je privilégie mon métier de juriste parce que je vois qu’à travers les études et les connaissances en droit, j’arrive à mieux m’exprimer dans le domaine artistique. Le dessin c’est un talent et je ne force pas à ce niveau.  Alors que pour le droit, je me suis battu, apprendre les cours jusqu’à ce stade. Je me consacre plus à mon métier de juriste tout en alliant celui de caricaturiste. Quand l’art se combine avec un haut niveau intellectuel, c’est encore plus expressif. L’art ne doit pas être une porte d’échappatoire, cela ne produit pas les fruits que l’on souhaite.

Quels sont vos projets ?

Je veux créer une nouvelle élite d’artiste caricaturistes et de dessinateurs au Burkina. Une nouvelle génération de jeune intellectuelles et artistes afin qu’on puisse mette en valeur ce domaine. Il y a des amis avec lesquels je suis en déjà en contact pour ce projet. On essaie de faire des expositions, des dessins artistiques de sensibilisation dans les écoles pour montrer aux élèves qu’on peut aller à l’école et être artiste.  

Votre dernier mot  

J’interpelle l’opinion publique à avoir un regard positif sur le domaine artistique par ce que c’est un canal de sensibilisation et d’éveil d’esprit.  C’est la valeur qu’on accorde à l’artiste qui peut le faire vivre de son art. J’exhorte tout un chacun à donner un coup de pousse à ceux qui exercent ce métier parce qu’il y a beaucoup de talent au Burkina.  

Entretien réalisé par Mary Sorgho  

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