Il est l’un des meilleurs couturiers de sa génération. Sebastian Bazemo alias Bazem’sé est en plein préparation d’un des événements majeurs de la mode au Burkina Faso : Folies de Mode.Un défilé qui annonce déjà de belles couleurs. Entre courses pour les préparatifs du défilé et la confection des tenues, le styliste a pourtant su se rendre disponible pour Queen Mafa. Lisez plutôt !

 

Queen Mafa : Bazem’sé est spécialiste de la couture féminine, pourquoi ce choix ?

Bazemsé : Disons que je me suis beaucoup plus investi pour les femmes, sinon je couds pour tout le monde. Les femmes cousent beaucoup plus de tenues que les hommes. Elles aiment toujours être coquettes. Alors, j’ai décidé de leur faire la part belle, sinon tout le monde peut venir chez Bazem’sé.

 Parlez- nous de votre dernière collection le « kôkô Donda »

Le kôkô, c’est un pagne artisanal originaire de la région des Hauts Bassins .Je l’avais déjà remarqué dans les villages. Ma mère m’avait fait savoir que ce pagne était plutôt marginalisé. On l’appelait d’ailleurs « Tié ti baraa la » (mon mari ne travaille pas en langue Dioula).

Alors moi, j’ai décidé de donner de la valeur, une autre image à ce pagne. C’est ainsi que j’ai travaillé avec une bobolaise pour lui donner d’autres motifs et des couleurs un peu plus gaies. Le pagne ayant son origine à kôkô, j’ai décidé de l’appeler (le kôkô Donda) qui veut dire l’entrée dans le premier quartier de Bobo, kôkô. L’objectif est de valoriser ce pagne, de faire en sorte qu’il soit accessible à qui veut le porter qu’on soit riche ou pauvre.

La reporter de Queen Mafa en pleine interwiew avec le styliste Bazemsé

 

 Vous semblez avoir un faible pour les tissus locaux, choix personnel ou celui de la clientèle ?

C’est un choix personnel. Il faut dire que c’est aux créateurs de montrer l’autre facette du Burkina Faso en proposant des produits locaux de son pays. Hors mis la pauvreté, la misère etc. le Burkina Faso à quelques choses à présenter au monde. Je veux toujours montrer une autre image du Burkina Faso. C’est ce qui explique mon choix aux tissus locaux.

 Quel regard portez-vous sur la mode au Burkina Faso ?

 Actuellement, il y a une grande amélioration coté mode au Burkina Faso. Les créateurs font des efforts dans ce sens. Aussi, je me réjouis du regain d’intérêt pour le Faso danfani, avec beaucoup plus des motifs et de couleurs. L’exemple au niveau du gouvernement ou les ministres s’habillent de plus en plus en Faso Danfani, est à saluer en ce sens que cela permet de valoriser ce pagne.

 En tant que styliste, que pensez-vous de la matière Faso danfani ?

Le tissu en tant que tel est bien mais je pense que l’on peut mieux faire. Il faudrait que l’on aille vers une usine de fabrication du pagne au Burkina Faso afin que tout le monde puisse le porter. Par exemple, le 8 mars passé le Faso danfani était à l’honneur mais tout le monde ne pouvait pas le porter puisse qu’il est cher. Le côté du Faso danfani que je n’aime pas c’est les tissus synthétiques que l’on met dessus qui me dérange un peu car cela ajoute beaucoup plus de chaleur aux tissus.

 « Folies de Modes » un événement majeur dans le paysage de la mode au Burkina Faso, comment est né le concept et quels sont ses objectifs ?

 En 2007, alors que je revenais du Cameroun ou j’avais eu le prix du jeune créateur, j’ai remarqué qu’au Burkina il n’avait pas assez de grands rendez-vous de la mode. Je participais aux festivals mais je voyais que les créateurs du Burkina Faso n’y participaient pas beaucoup. Alors j’ai décidé d’organiser un défilé pour faire connaitre les créateurs burkinabé que j’ai nommé Folies de Mode. Des couturiers burkinabés et ivoiriens y ont pris part. La soirée s’était bien passée dans une salle pleine à craquer. L’idée n’était pas de le pérenniser, mais finalement les gens ont aimé le concept et j’ai dû en faire un événement annuel.

« Folies de Modes », 2016, quelles seront les innovations  pour cette 8e édition?

Cette année, la grande innovation, c’est que la mode ira vers les populations. Car nous avons remarquéque beaucoup de personnes pensent que la mode est une affaire de personnes nanties. Il y’ aura donc en plus du défilé habituel lors de la soirée à la salle des banquets de Ouagadougou, un grand défilé au grand Rondpoint de la Patte d’Oie ou bien de créateurs vont participer. Parmi eux on peut citer Alphadi du Niger, Pathé’O , Greswalas du Togo , Angy Bell de la Code d’ivoire, Mariam Bokoum, du Mali, Saint pierre du Burundi, Olowou du Benin , koro deka et Francois 1er du Burkina Faso etc.

Nous allons mettre les petits plats dans les grands pour que cette 8e édition soit une des meilleures. Pour ma part, je présenterais une nouvelle collection dans le  kôkô Donda avec encore plus de couleurs et de motifs. Les créateurs présenteront également des tenues avec des matériaux africains, des tissus locaux de leur pays.

 » Folies de Modes » 8e édition se passera sur 3 jours sous le thème, « la mode africaine et l’industrialisation ». Pourquoi ce thème ?

Ce thème se justifie dans un contexte ou en Afrique, nous avons la mode, mais nos dirigeants n’ont pas confiance en elle. Il faut que nos gouvernements nous aident à l’industrialisation de la mode africaine. Il faudra que l’on arrive à produire en masse dans nos pays. En Europe, les créateurs ont des industries et des actionnaires  pour mieux développer leur marque, mais ici nous sommes encore en retard.

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Lala Dera Kaboré

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