Société

PMU’B : les élèves et étudiants, ces nouveaux parieurs

Jadis considéré comme la chasse gardée des retraités et autres personnes d’un âge avancé, le PMU'B, l'un des produits phares de la Loterie nationale burkinabè suscite de plus en plus d’intérêt chez les élèves et étudiants. Constat dans la ville de Ouagadougou.

 

Devant le kiosque PMU’B, chacun attend impatiemment son tour pour jouer sa combinaison. Dans cette foule de parieurs, Yves Sawadogo, élève en classe de Terminale A, est particulièrement remarquable. Assis à l’intérieur du kiosque devant unepanoplie de journaux, dans une posture studieuse, il gribouille des chiffres sur des bouts de papier.

Pourquoi un jeune comme lui s'intéresse-t-il aux jeux de hasard,  lui avons-nous demandé. Yves Ouédraogo reste silencieux un bout de temps avant de répondre que la pauvreté s’attaque à tout le monde. Elle ne distingue pas les jeunes des vieux. « On va faire comment ? Tout le monde joue ça. On n’a pas besoin de diplôme pour jouer. Si tu as la chance, tu te tapes des millions », lance le jeune élève tout en continuant de regarder le programme du jour. Avec un air un peu moqueur, l’écolier indexe les vieilles personnes faisant la queue sous le soleil : « Regarde les papas là. C’est mou sur eux. Leur seul espoir aujourd’hui c’est le PMU’B. Quand tu vois ça tu vas dire quoi encore ? ».

Le PMU’B, c’est l’espoir de ceux qui ont perdu l’espoir

 

Non loin du kiosque PMU’B, à environ deux cents mètres, se trouve le " quartier général" de Yves Sawadogo. Là, réunis autour du thé, de nombreux jeunes s’échangent les combinaisons et discutent des chevaux susceptibles de remporter la course. Dans ce groupuscule on trouve des élèves, des étudiants, des diplômés sans emploi. Tous devisent sur la course du jour.

Patrick Ouédraogo, étudiant en fin de cycle d’économie, ne cache pas sa colère quand nous lui demandons pourquoi il s’intéresse au PMU’B. «Ça ne va pas .Il n’y a aucune perspective pour nous les jeunes. La course des chevaux semble être la seule option qui nous reste pour avoir de l’argent. On s’y accroche espérant un jour gagner», dit-il d’un ton agacé. Ces mêmes propos sont repris par un autre jeune. Lui, c’est Sayouba Ouandaogo. Cela fait six ans qu’il a fini ses études en droit et jusqu’à présent, il est sans emploi.

« Le PMU’B, c’est l’espoir des milliers de jeunes chômeurs qui ont perdu l’espoir et qui pullulent dans les rues. Avec 200 F CFA, l’on peut devenir millionnaire un jour et oublier toutes ces années de souffrance et ce, grâce au PMU’B », explique ce sans-emploi. Et de poursuivre « c’est parce que nous n’avons rien à faire que nous avons fait du PMU’B notre boulot  ».

                                                                                                          Issa KARAMBIRI


Prisonniers dès le berceau : un drame qui se passe sous...

 

A la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (Maco) naissent et vivent des enfants qui subissent au quotidien les affres de la prison. Leur seul crime, être nés de mères prisonnières. Reportage sur un drame dont on parle peu.

 

Wendyam aura 2 ans en septembre 2016. Son lieu d’habitation : la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (Maco). Que fait-il dans cet endroit peu enviable ? Il ne le sait pas. Il ignore également que la prison n’est pas sa cour familiale.

 

Ses journées sont loin de ressembler à celles des autres enfants de son âge. Le petit Wendyam n’a jamais mis les pieds hors de la Maco, encore moins franchi la grande muraille servant de barrière à ce centre pénitencier. Il passe le clair de son temps dans cette grande bâtisse où défilent des Gardes de sécurité pénitentiaire (GSP), souvent, armes aux poings.

 

Le garçonnet est arrivé dans cet univers carcéral à l’âge de 9 mois. Il y a grandi. C’est ici qu’il a appris à marcher et à parler, parce que sa mère est condamnée. Condamnée à purger une peine qu’elle ignore. « Je suis ici depuis plus d’une année. Je n’ai pas encore été jugée. Et je ne sais donc pas quand je vais sortir de la prison », explique la mère de Wendyam, toute désemparée.

 

 

Elles sont d’ailleurs nombreuses dans cette situation. « Lorsque j’arrivais à la Maco, mon enfant n’avait que 9 mois. Aujourd’hui il est âgé de 1 an 9 mois. Je n’ai personne pour m’aider. Mon mari est également emprisonné. Nous attendons d’être jugés », relate Zamtako, une autre détenue, toute découragée.

 

Nourri au lait maternel pendant longtemps, « le jeune prisonnier malgré lui » évolue maintenant avec le peu de nourriture non-adaptée (bouillie) à son alimentation que leur offre par moments le service social de la prison. Il n’a pas bénéficié des bienfaits des légumes pour bien grandir ou dela viande pour être fort, encore moins du « yaourt » tant aimé par les enfants de son âge. Chétif et moins grand que la moyenne des enfants de son âge, visage émacié avec un faciès peu semblable à celui d’un bambin, Wendyam a tendance à se sentir triste et à beaucoup pleurer. Cependant, il vit sa vie comme elle lui est imposée entre les quatre murs du quartier des femmes.

 

[quote width="auto" align="left|right|none" border="COLOR" color="COLOR" title=""]« Wendyam a peur des hommes. Comme il a grandi parmi les femmes et il est tout le temps entouré de femmes, c’est pour ça qu’il a peur des hommes. Quand un homme lui parle, il tremble tout seul  »[/quote]

 

Il est 12h moins et quart, tout bouge dans l’enceinte de la grande cour abritant la prison. Les GSP entament d’interminables va-et-vient entre l’administration et les différents quartiers. Les détenus reconvertis s’attèlent à leur tâche dans l’atelier de soudure et de menuiserie. D’autres s’adonnent à l’arrosage des plantes et au nettoyage des services. C’est à ce moment précis que Wendyam et sa mère, accompagnées d’une GSP, font leur entrée dans le parloir situé à proximité du quartier des femmes, où nous les attendions pour un entretien. Vêtu d’un tee-shirt rouge, la bouche toute bouffie, les cheveux crépus, les pieds nus, il est resté recroquevillé dans les bras de sa mère lorsque nous lui adressions par moments la parole. « Wendyam a peur des hommes. Comme il a grandi parmi les femmes et il est tout le temps entouré de femmes, c’est pour ça qu’il a peur des hommes. Quand un homme lui parle, il tremble tout seul et il a peur », explique Napoko, la mère du garçonnet. Le regard hagard et songeur, elle tient dans ses bras la petite sœur de Wendyam, recouverte d’un pagne aux multiples couleurs. Visiblement, l’incarcération de la mère a des impacts négatifs sur l’évolution psychologique du jeune enfant.

 

 Wendpuiré et son enfant  dans le parloir

 

Une mère et ses deux bambins dans la même cellule

Lorsque Napoko arrivait à la Maco, elle portait au dos Wendyam âgé à peine de 9 mois et dans le ventre Wendémi, aujourd’hui âgée de 6 mois. « Je dors sur un petit matelas avec mes deux enfants, dans la même cellule. Nous mangeons ce que nous gagnons. La nourriture est très inadaptée à la croissance des enfants. Cette nourriture ne nous (NDLR : Napoko et ses deux enfants) suffit pas. Je suis toujours en train de demander à manger. La prison est très difficile pour les grandes personnes. Que dire alors des enfants ? », se plaint-elle.

Edith Ouédraogo: "la Maco n'est pas un lieu approprié pour l'éducation d'un enfant"

 

[quote width="auto" align="left|right|none" border="COLOR" color="COLOR" title=""] « Que voulez-vous ? Comprenez qu’il est difficile de défendre la cause de quelqu’un qui n’est pas censé exister, car ces enfants, officiellement, n’existent pas dans nos bases de données »[/quote]

Le droit à l’éducation de Wendyam et de sa sœur leur a été retiré le jour où leur mère a été admise en prison. Elle a peut-être volé, escroqué ou même tué mais ses enfants non. Les autres compagnons de cellule de Wendyam non plus. Cependant, ils sont tous écroués dans les geôles, subissant du coup la culpabilité de leurs génitrices.

Pourquoi un tel sort réservé à des innocents ? Même le directeur de la Maco, l’inspecteur de sécurité pénitentiaire Ousséni Ouédraogo, ne semble pas comprendre une telle situation. « En tant qu’humains, nous savons que ces enfants ont des besoins spécifiques quant à leur alimentation et leur prise en charge. Malheureusement au sein de la maison d’arrêt, ces besoins ne sont pas pris en compte. Juridiquement et pénalement, ces enfants sont libres. Ils sont uniquement là du fait de l’infraction de leurs mères », explique l’inspecteur Ouédraogo. Et notre interlocuteur d’ajouter avec un pincement au cœur : « Que voulez-vous ? Comprenez qu’il est difficile de défendre la cause de quelqu’un qui n’est pas censé exister, car ces enfants, officiellement, n’existent pas dans nos bases de données ». Ces êtres très fragiles sont protégés par la loi burkinabè seulement dans les textes. Sur le terrain, la réalité est tout autre. Le directeur de la Maco nous confie que selon les dispositions de la loi, l’enfant peut être retiré à sa mère seulement après deux ans, pour le confier à sa proche famille.

 En attendant d'être jugée, cette détenue et son enfant croupissent à la MACO

 

Pourtant, ces femmes sont souvent abandonnées par leurs maris ou leurs familles après leur incarcération. Elles n’ont donc personne à qui confier leurs enfants. Le cas de la détenue Wendpuiré est très illustratif. « Cela fait plus de 6 mois que je n’ai pas reçu de visiteurs. Je suis abandonnée à mon sort. Je suis là comme ça avec mon enfant », confie-t-elle. Et pis, la loi ne prévoit pas de placer ces enfants en famille d’accueil ou dans des centres sociaux. « Je suis mère de sept enfants. Je suis ici en prison avec deux enfants. Les cinq autres enfants sont avec ma mère qui peine d’ailleurs à les nourrir. Leur école s’est arrêtée car c’est moi qui payais leur scolarité.La prison est entrain de foutre en l’air mon avenir et celui de mes enfants », se plaint Wendpuiré.

« Regardez-nous », dit-elle en indexant son enfant frêle, « ma petite fille-là est malade, elle a besoin d’être opérée et je suis sans soutien. Mon mari n’est pas au Burkina », relate Napoko, toute triste, les larmes aux yeux.

 

 

Une cohabitation très difficile

Les femmes détenues ayant des enfants partagent la même cellule que leurs codétenues. Elles sont regroupées dans une grande salle d’où dégage une odeur qui coupe l’appétit. Et pourtant, c’est dans cet endroit qu’elles prennent leurs repas. A l’intérieur de ladite salle se trouvent la douche et le WC. « Ce n’est pas facile mais c’est comme ça, sinon la nuit elles vont faire comment ? C’est pourquoi les toilettes sont dans leur salle de détention », nous explique notre accompagnatrice qui nous suit de très près. Dans cette pièce sont exposés horizontalement des matelas tout le long du mur, des sacs, des ventilateurs, de nombreux vêtements et objets étalés çà et là. « Ha ! Femmes, même en prison elles veulent toujours paraître belles », nous sommes-nous dit dans notre for intérieur, à la vue de ces nombreux produits cosmétiques qui disputent la place aux seaux de bain. C’est dans ce capharnaüm que vivent ces enfants à peine sortis du giron maternel. L’air peine à « se promener » dans la pièce pourtant il est l’élément indispensable pour la vie et les enfants en ont fortement besoin. Dans les cellules, la cohabitation n’est pas du tout aisée.

 

 

Allons maintenant à la rencontre de « Pagb’naba » (ndlr : la chef des femmes), une dame à forte corpulence, imposante, de teint clair. Au vu la manière dont elle s’exprimait au cours de notre tête-à-tête, nous avons compris tout de suite qu’elle n’est pas cheffe pour rien. Elle avoue ne pas du tout supporter de partager le même dortoir avec des mères et leurs bébés. « Quand tu as un peu sommeil, ces enfants passent tout le temps à pleurer. Dans la période de chaleur c’est grave surtout quand on coupe le courant. Nous sommes 15 dans notre cellule avec 3 femmes et 4 enfants. Imaginez ce que cela fait quand tous ces enfants se mettent à pleurer tard dans la nuit », explique-t-elle. Son souhait, c’est de voir les mères ayant des enfants séparées des autres femmes.

 

Cependant, Pagb’naba n’est pas aussi insensible qu’elle en a l’air. S’érigeant en avocate, elle souhaite que les autorités trouvent définitivement une solution à la situation de cette catégorie de femmes et particulièrement celles qui attendent indéfiniment leur jugement depuis des années. « Si dehors on lutte contre la délinquance juvénile, ici on forme des délinquants prêts à être mis sur le marché. Un enfant qui grandit en prison, de quoi ou de qui aura-t-il encore peur ? Rien et personne », s’inquiète-t-elle, la gorge nouée.

                                                                                           

Le cri de cœur de la MACO

Pour le directeur de la Maco, le phénomène des enfants vivant avec leur mère est un drame qui se vit en silence dans tous les établissements pénitentiaires du Burkina Faso. « Les conditions de détention et d’évacuation des prisonniers laissent à désirer et la Maco ne dispose pas d’ambulance nonobstant les nombreuses remarques qui ont été faites de par le passé aux autorités », dit-il.

 Le directeur de la MACO, Ousséni Ouédraogo : "il est difficile de defendre quelqu'un qui n'existe pas"

 

« Nous avons un véhicule Toyota 4x4 que nous utilisons pour le transport des détenus malades tout comme des femmes enceintes. Lequel véhicule se trouve dans un état critique et tombe régulièrement en panne », indique l’inspecteur Ouédraogo, rêvant de la création d’une garderie qui pourrait, ne serait-ce qu’un moment, éloigner ces enfants des angoisses des cellules. « Si des personnes extérieures au niveau du préscolaire venaient prendre ces enfants ne serait-ce que quelque temps afin qu’ils se frottent à d’autres enfants, cela les soulagerait énormément », préconise le directeur. En attendant que l’Etat prenne en charge ces bambins ou que les députés votent une loi en faveur de leur protection, les 5 enfants âgés de 6 à 23 mois que nous avons rencontrés croupissent en prison avec leurs génitrices. Sûrement d’autres enfants viendront grossir le lot. Mais la mère ne pourrait-elle pas bénéficier un jour de l’innocence de son enfant ?

                                                                                                                                               Issa KARAMBIRI                                                                                                                                                                                                 Karambiri.issa@gmail.com

                            

Vus et entendus à la MACO

 

Le quartier des femmes est surveillé par le personnel féminin

Dans le quartier des femmes, l’accès est minutieusement contrôlé. « Aucun homme n’ose s’y aventurer au hasard » (comprenez par-là qu’il aura chaud), laisse entendre notre guide du jour qui est bien sûr une femme GSP. Les fouilles et les contrôles sont assurés uniquement par le personnel féminin.

Le processus de réinsertion sociale est une réalité

Parmi les détenues rencontrées, la plupart savent faire « un petit quelque chose ». Pendant que certaines s’adonnent à la couture, d’autres fabriquent des sacs qu’elles vendent aux visiteurs. Ces activités permettent de faire face souvent à leurs besoins, fait savoir Wendkuni.

Elles croupissent en prison à cause de la lenteur administrative

Ils sont nombreux, ces détenus qui purgent leur peine sans savoir exactement la durée de leur détention. Toutes les femmes que nous avons rencontrées sont dans cette situation. Elles ont passé au minimum chacune 14 mois de détention sans être passées devant un juge. « Il faut que les chefs-là voient notre situation. La prison-là, ce n’est pas facile. On est là depuis, on ne sait pas combien de temps on va faire ici », se plaint Pagb’naba.

Le véhicule de l’intendant sauve une détenue enceinte

A la Maco, les conditions de détention et de travail sont loin d’être enviables. Malheur à un détenu malade si son cas nécessite l’intervention d’une ambulance. Pas de véhicule pour transporter des cas urgents à l’hôpital. Selon la responsable du service social de la Maco, Ouédrago Edith, n’eût été l’humanisme de l’intendant qui a accepté de donner sa voiture, Napoko aurait accouché dans les cellules de la prison sans une véritable assistance médicale.

La prison, un lieu qui épie tout le monde

Selon le directeur de la Maco, la prison c’est comme l’hôpital, personne ne peut dire qu’elle n’y viendra jamais. Il souhaite que tout le monde œuvre à donner un visage humain à nos maisons d’arrêt car chacun peut y séjourner un jour où l’autre.

Propos recueillis par IK

NB: Les prénoms des prisonnières et ceux de  leurs enfants ont été  changés pour des raisons pratiques.      

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Des jumelles prématurées meurent faute de couveuse à Yalgado : des...

Faute de couveuse, deux petites filles nées prématurément ont perdu la vie. Selon les informations recoupées, ces jumelles nées le 4 juillet dernier avaient besoin d'être immédiatement placées dans des couveuses alors que l’hôpital Yalgado Ouédraogo n’a que deux couveuses qui seraient d’ailleurs défectueuses.



Après plusieurs heures de recherche dans les différents hôpitaux et les différentes cliniques de Ouagadougou, c’est finalement à l’hôpital Blaise Comparé que deux couveuses ont été trouvées pour les petites. Malheureusement c’était trop tard car trop longtemps restées hors incubateur.Elles sont décédées à quelques jours d’intervalle. En effet, tout prématuré de moins de 35 semaines devrait passer en principe quelques jours en couveuses pour lui permettre de maintenir sa température normale étant donné qu’il n’a pas encore d’épiderme.

SOS couveuses pour l’hôpital Yalgado Ouedraogo !

Beaucoup d’internautes sont restés sous le choc à l’annonce de cette nouvelle à la fois triste et révoltante. Ainsi, à l’initiative du célèbre groupe fermé sur Facebook dénommé « Saramania » constitué de plus de 12 femmes membres, un SOS  a été lancé pour collecter des fonds afin de doter les hôpitaux de couveuses. Une couveuse coûterait environ 2 243 000 de FCA. Spontanément, des internautes ont fait parler leur cœur en faisant parvenir les contributions. Toute fois la collecte de fonds se poursuit car l’on est encore bien loin du compte.

NB : Vous pouvez envoyer vos contributions aux numéros suivant :

Alino Faso :

74189292
Raissa Compaoré :

70266707

Aminata Zongo :

75460686

Centre Delwendé : les confidences de deux «mangeuses d’âmes»

Accusées de  sorcellerie, de nombreuses    femmes    sont chassées de leur village. D’un âge avancé pour la plupart, elles   ont trouvé refuge au centre Delwendé (Adosse-toi sur Dieu) de Tanguin à Ouagadougou. Des Prétendus « mangeuses d’âmes », fraîchement venues du village nous racontent leur calvaire.


Marie claire Sondo n’arrive toujours pas à croire ce qui lui arrive. Comme dans un mauvais rêve d’où l’on a vite envie de sortir, elle nous retrace le fil des évènements :   « un jeune homme  du village est décédé. Les jeunes du village ont procédé aux  rites.

A l’issue de cela, ils m’ont désigné comme étant l’un des auteurs de la mort de ce jeune homme. Ils m’ont  donc sommé de quitter le village. Je n’ai opposé aucune résistance. J’ai juste eu le temps de prendre quelques  affaires avant de m’en aller ».

 

Un voyage  périlleux  que la sexagénaire n’oubliera pas de sitôt. « Dans le premier  village que j’ai traversé, les villageois devraient avoir  eu vent de mon histoire, car en pleine nuit, une dizaine de personnes, torche en main, me cherchait  dans le noir, dans le but de me tuer. J’entendais les bruits de leur moto ainsi que les insultes  qu’elles proféraient à mon endroit. J’ai eu la vie sauve grâce à la protection divine qui m’a permis de bien me cacher jusqu’à leur départ », relate-t-elle, la gorge nouée.

 

Marie Claire sondo, une victime de la chasse aux sorcières de Pilimpikou

Tout serait parti du décès depuis la Côte d’Ivoire,  d’un jeune homme du village du non de Ram Séogo, quelques jours après son séjour au village. Pilimpikou (Papillon en langue Mooré), c’est le nom du village  de Marie Claire Sondo. Le simple fait de prononcer ce nom suscite en elle des frissons tant elle est terrifié : « C’était horrible et honteux. C’est vrai que j’ai mon mari, mes enfants ainsi que mes  petits enfants  vivent là-bas mais je ne souhaite plus jamais retourner   à Pilimpikou après une telle humiliation devant tout le monde. Je préfère rester et  mourir ici », fini-t-elle par lâcher.

Pilimpikou est une  commune rurale située à 20 km de Yako, dans la région Nord du Burkina Faso.Dans cette commune, toute mort d’enfant ou de jeune n’est pas naturelle. Le « Siongo », une pratique coutumière, permet de retrouver le ou les responsables  d’une mort. Dès qu’une personne est désignée par le « siongo », elle est  bannie du village et chassée.


 

Plus de 108 personnes chassées du seul village de Pilimpikou

Tout comme Marie Claire Sondo, une centaine personnes désignée comme impliquée dans la mort du  jeune Ram Séogo, aurait été chassée du village. « Il y a moins d’un mois,  nous avons reçu une information indiquant que plus de 108 personnes ont  été chassées de cette commune  pour faits de sorcellerie. Nous étions préoccupés du faite que n’avons pas assez  de place pour les accueillir tous dans ce centre, mais finalement nous n’avons reçu que 4 personnes de ce village. Nous n’avons aucune nouvelle des autres»,  explique la sœur missionnaire de Notre Dame d’Afrique, Hostencia Filipe Sizalande.

A 68 ans , Patouindigueba revient pour la deuxième fois au centre

Minata Patoindiguebam Sawadogo à 68 ans et également  originaire de Pilimpikou. Même son prénom Patoindiguebam (on ne pas peut pas les chasser en langue mooré), pourtant  lourd de sens, n’a pu empêcher son expulsion à deux reprises du village!

Comme Marie Claire, elle a été répudiée pour les mêmes raisons. «  L’enfant d’un de nos voisins est décédé en Côte d’Ivoire après son séjour à Pilimpikou. Ils sont venus au village faire des rites et ont indexé  une centaine de personnes et moi j’en  faisais  partie. Mes enfants m’ont demandé de partir de peur que l’on ne me fasse du mal », raconte Patoindiguebam.

Elle  nous confie être à son deuxième séjour au Centre Delwendé. « Ma première venue dans ce centre date de plus 10 ans. On  m’avait accusé de sorcellerie après le décès d’une femme du village. On m’a donc ordonné  de quitter le village sinon ils me tueront. Alors je suis venue dans  ce centre  ou je suis resté pendant  6 ans. Après quelques négociations, j’ai pu réintégrer ma famille. Tout se passait très bien jusqu’au décès de ce jeune homme. Et me voilà de retour  à Ouagadougou 4 ans plus tard ». Pour la vielle femme, cette fois c’est de trop. Pilimpikou fait désormais partir  de son passer. « Je ne vais plus jamais  y retourner, je préfère rester ici en paix»,  boude-t-elle.

La sorcellerie  a-t-elle un visage féminin ?

Le  centre  reçoit des femmes  venues des quartes coins du Burkina Faso .Accusées à tord ou à raison  de sorcellerie, elles trouvent refuge  dans ce centre qui les accueille à bras ouvert .Le toit, la nourriture ainsi que leur  santé  y  sont assurés.

 

Pour noyer leur pensée, occuper leur journée et se faire un peu d’argent, certaines parmi elles  filent  du coton pour le vendre, s’adonnent au jardinage, à l’élevage, ou  à la fabrication du savon ou du « Soumbala » etc. Les plus  rebelles, elles, choisissent   d’aller  chaque matin au marché de Sankariaré dans  l’espoir  que les commerçants déversent  des résidus lors des décharges  des céréales. Elles s’attèleront  soigneusement à les ramasser à l’aide d’un balai et d’un seau. Après tri, elles les  revendront  aux éleveurs.

Si certaines parmi elles  souhaitent réintégrer leur famille, la plupart d’entre elles, à l’instar de Patoindigueba et Marie claire  n’y pensent même pas.

Les pensionnaires qui occupent le centre Delwindé sont pour la plupart des femmes. Ces  « sorcières ou mangeuses d’âmes » sont pour la plupart  des femmes âgées,  seules, sans défense, sans protecteur. Certaines ont leurs enfants à l’étranger et d’autres sont malades, stériles ou veuves.

Chasées de la famille, elles se retrouvent dans la nature. Elles marchent souvent plusieurs jours jusqu’en ville ou elles espèrent vivre de mendicité. C’est là qu’elles apprennent l’existence de ce centre et viennent demander l’asile.

Au Centre Delwindé de Tanghin, sur les 248 personnes qui y vivent, 244 sont des femmes. Il y a  seulement 4 personnes de sexe masculin qui sont tous des  malades mentaux.


 

Delwendé : Beaucoup d’efforts avec  si peu de moyens !

Le centre Delwendé de Tanghin a vu le jour en 1966 grâce à la bonne volonté d’un européen en fin de séjour au Burkina Faso qui a cédé le site à la mairie. Il est occupé aux premières heures par les indigents de la ville.

  En 1968, une sœur missionnaire de Notre Dame d’Afrique, Madelaine Founigaut y crée des activités pour les femmes  notamment le filage de coton. Elle y travaille jusqu’à son retour définitif en France en 1983.

Par la suite, la mairie a  confié  la gestion de ce centre  aux  Sœurs missionnaires de Notre Dame d’Afrique.

Vu qu’il s’agit de personnes âgées, la prise en charge de leur santé constitue une des préoccupations majeures pour les responsables du centre. Les cas de décès  ne sont guère rares, ce qui nécessite  une prise  en charge pour ce volet.

 Malgré la noblesse de leur mission, Il n’existe  pas de fonds spécifiques pour la gestion de ce centre nous fait-on comprendre. « Nous vivons  grâce aux dons des personnes de bonnes volontés .Ce qui est parfois  insuffisant.  En plus de cela  depuis 2014, le centre n’a plus reçu de l’aide venant  de l’État », a déploré la Sœur Hostencia Filipe Sizalande.

Lala Kaboré /Dera


Quelques chiffres sur les pensionnaires de Delwindé

Année Arrivées Départs Décès Effectifs
2012 16 10 10 315
2013 8 24 13 299
2014 11 13 10 270
2015 21 20 16 258
2016 7   2 248

L’hivernage s’approche, les femmes d’Andem dans la tourmente

Le 8 mars 2016, pendant que les femmes de plusieurs contrées festoyaient, votre journal Queen Mafa, a rendu visite aux femmes de Andem, un village situé à 9km de Ziniaré à une trentaine de kilomètre de Ouagadougou. Ce jour-là, tout le village s’était réuni pour trouver une solution à un problème qui tracasse ces habitants. Il s’agit d’un ravin crée par les eaux de pluie, empêchant une bonne partie des habitant, d’accéder à la zone des infrastructures sanitaires et scolaires pendant la saison hivernale. Naturellement, les femmes sont les plus touchées par cette situation. Récit…

Si l’hivernage symbolise le retour à la vie, donc la meilleure période pour les habitants des campagnes, cela ne semble pas être le cas du côté de Andem. L’approche de la saison pluvieuse plonge les villageois dans la tourmente. «  C’est l’écoulement d’eau dans ce ravin qui divise le village en deux parties en période hivernale ». Nous explique-t-on.

En effet, pendant cette période, le village est séparé en deux par ravin. De ce fait, une bonne partie des habitants n’a plus accès de au centre de santé et de promotion sociale(CSPS) ainsi que l’école primaire qui se trouve dans l’autre partie du village. Ceux qui tentent de forcer le passage sont souvent emportés par les eaux pluviales.

 

Accouchements à domicile

 

« En période hivernale les femmes ne savent plus à quel saint se vouer. Il n y a pas d’accès pour aller au CSPS. Nous accouchons toutes à la maison, nous savons que c’est dangereux mais nous n’avons pas le choix », s’indigne Hadjaratou Dera (elle attend un heureux événement).

Zakaria Kouanda ,lui ,se rappelle encore comme si c’était hier de ce jour où il a dû servir de support pour permettre à une femme en grossesse de traverser le ravin en crue afin qu’elle puisse aller au CSPS. « Il faut que l’on remédie rapidement à ce problème car le pire pourrait arriver à cette femme » a-t-il signifié.

La santé de la famille devient précaire en saison pluvieuse. Salimata Kouanda explique que lorsque les enfants sont malades, elles se contentent des écorces et des feuilles d’arbres et quelques rares fois de comprimés qui restent dans leur stock.

Selon l’un des deux infirmiers du CSPS de ce village, Vincent Kaboré, le taux de fréquentation du centre est relativement faible. Il baisse encore de 10% à 15% pendant l’hivernage.

40 élèves de CM2 n’ont pas pu prendrepart aux examens…

En ce qui concerne l’année scolaire, elle se termine toujours en queue de poisson. Dès que les premières pluies commencent, c’est aussi la débandade.  Les enseignements n’hésitent point à libérer certains élèves dès que le ciel menace, puisse qu’ils n’auront plus accès à leur domicile après la pluie. «  L’année dernière, il y aurait environs 40 élèves en classes de CM2 qui n’ont pas pu prendre part aux concours du Certificat Etudes Primaire (CEP) car il n’y avait point de route pour accéder à leur centre pour la composition des épreuves», boude Awa Dera.

Ainsi beaucoup de jeunes sont tentés par l’aventure. Harouna Kouanda signale que beaucoup de jeunes fuient le village pour les grandes villes à cause de cette situation. « Aujourd’hui, il est rare de trouver des jeunes dans ce village, ils sont tous partis en ville à la recherche d’un avenir meilleur » explique t-il avec amertume.

Pour un des ressortissants du village, Noumani Dera, ce problème perdure depuis plus d une dizaine d’année. «En période électorale, les politiciens nous affirment que le problème de ce ravin sera leur priorité dans notre village. Mais dès qu’ils sont au pouvoir, il n’y pense même plus», a-t-il critiqué-t-il.

Pour El hadji Adama P. Ouedraogo, ingénieur en génie rural, la construction d’un barrage routier serait la meilleure solution au vue de la morphologie de ce ravin. Bien qu'il soit plus coûteux que le dalot (pont). Ce site, a-t-il noté, se présente comme un endroit idéal pour un barrage.  Un barrage, poursuit –il, permettra non seulement de libérer « le passage » pendant l’hivernage mais aussi participera au développement de ce village   grâce aux activités génératrices de revenu autour de celui-ci.

En attendant qu’une solution gouvernementale soit trouvée, les habitants du village ont bien compris ce proverbe qui dit  « Aides toi et le ciel t’aidera ». De leur propre chef, ils ont initié une cotisation au sein du village afin de participer à la résolution de ce problème qui constitue un calvaire pour tous les habitants du village. Mais depuis notre passage, jusqu’à ce jour 16 juin 2016, rien n’a changé à Andem. Encore une saison qui s’annonce douloureuse à Andem.

Lala Kaboré /Dera


Diplôme d’abord, mari ensuite, risque aussi

Grossesse ou maternité tardive. Un phénomène dont on parle moins lorsqu’on évoque la santé de la reproduction. Pourtant, elles sont de plus en plus nombreuses, ces femmes burkinabè à faire leur premier enfant après 30 ans. Allongement de la durée des études, mariage tardif ou tout simplement désir d’attendre le bon moment, les raisons sont multiples. Seulement, tout comme les grossesses précoces, les conséquences  de la maternité tardive peuvent aussi être désastreuses pour la santé de la mère.


Grossesse ou maternité tardive. Un phénomène dont on parle moins lorsqu’on évoque la santé de la reproduction. Pourtant, elles sont de plus en plus nombreuses, ces femmes burkinabè à faire leur premier enfant après 30 ans. Allongement de la durée des études, mariage tardif ou tout simplement désir d’attendre le bon moment, les raisons sont multiples. Seulement, tout comme les grossesses précoces, les conséquences  de la maternité tardive peuvent aussi être désastreuses pour la santé de la mère.

Les cas de grossesses tardives seront de plus en plus fréquents au Burkina,  notamment dans les centres urbains. Devenues plus ambitieuses et mieux encadrées par les parents qui désirent également une bonne position sociale pour leurs filles, les femmes font de longues études. Et pour mieux se concentrer sur les études, beaucoup  de parents conseillent à leurs filles d’attendre de finir leurs études  avant de se marier et avoir un enfant. C’est le cas de Martine (un nom d’emprunt),  une mère divorcée ayant requis l’anonymat, persuadée que foyer, enfant et études ne font pas bon ménage. « Mon mari a tout fait pour que je ne réussisse pas mes études. Après 5 ans de maltraitance, il m’a mise à la porte avec mes enfants alors qu’il m’avait promis ciel et terre », explique-t-elle. Aujourd’hui caissière dans une entreprise privée, Martine, qui s’occupe seule de ses filles,  est catégorique : « jamais je n’accepterai que mes filles subissent le même sort que moi. Diplôme d’abord, Mari ensuite. » Et d’ajouter que le premier mari d’une femme est son boulot. « Voilà que je n’ai plus de mari. Si je n’avais pas un boulot, comment allais-je survenir aux besoins de mes enfants ? », s’interroge-t-elle.

 Les récentes études sur la natalité et la fécondité montrent, en effet, un vieillissement du calendrier de la fécondité. L’analyse des données du Recensement Général de la Population de 2006 par  l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) montre clairement une relation de type négatif entre la fécondité et le niveau d’instruction.  Il ressort que l’âge moyen auquel les femmes ont leur premier enfant augmente avec le niveau d’instruction,  soit  19,3 ans chez les non- instruites, 19,9 ans chez celles du niveau primaire, 23,8 ans chez les femmes ayant au moins le niveau secondaire et 33,4 ans chez celles ayant un niveau supérieur.

Mariam, elle,  est titulaire d’une maîtrise en droit obtenu aux prix d’énormes sacrifices et de privation. La jeune dame qui vit toujours chez ses parents à 31 ans, affirme qu’à l’époque, elle ne voulait même pas entendre parler de garçon avant la fin de ses études. Pourtant, ce ne sont pas les prétendants qui ont manqué, bien au contraire ! « Il y a eu beaucoup d’hommes qui se sont présentés à mes parents ; mais je n’étais pas intéressée en ce moment. Maintenant, cela fait 6 ans que j’ai fini mes études et je ne suis ni magistrat, ni épouse ni mère ».

Après  37 ans, une grossesse, c’est comme la loterie

Pour les spécialistes de la santé, cette arrivée tardive dans la maternité des femmes peut comporter de lourdes conséquences. Selon le Professeur Charlemagne Ouédraogo, gynécologue obstétricien à l’hôpital Yalgado Ouédraogo, à un âge avancé,  il devient non seulement très difficile de concevoir un enfant, mais aussi trop risqué de prendre une grossesse. S.O,  jeune femme mariée il y a deux ans, en sait quelque chose. A 38, elle est toujours dans l’attente de son premier enfant. Tous les traitements qu’elle a suivi sont jusqu’à présent restés sans succès. « J’ai voulu attendre de trouver du travail et me marier avant de penser à faire un enfant, mais je regrette  ce choix présentement », confie-t-elle, tout en écrasant une grosse larme venant de son œil droit, avec son pagne.

Pour le professeur, c’est une situation qui ne devrait pas surprendre. « On ne fait pas d’enfant quand on a envie de le faire, mais on le fait quand l’organisme  en est encore capable», explique t-il. Loi de la nature oblige, la chance de concevoir démunie considérablement avec l’âge. « Chaque femme naît avec une quantité d’ovocyte et chaque mois, avec le cycle menstruel, ça disparaît jusqu’à épuisement. C’est  comme un grenier ; il est plein au moment des récoltes et vous en consommer  jusqu’à ce que ça finisse », a-t-il ajouté. Pour lui, l’idéal est qu’à  37 ans, une femme doit avoir fini d’accoucher car après cela, une grossesse c’est comme la loterie, un coup de chance donc.

Il arrive même souvent que la période critique survienne  plutôt que d’habitude, comme c’est le cas d’une patiente du professeur, qui n’était plus féconde à l’âge de 25 ans. Cette dernière, ne pouvant plus faire d’enfants par elle-même, devra recourir à une fécondation in vitro grâce à un don d’ovocyte.

Foyer, maternité et études ne font pas bon ménage

Quant à celles qui réussissent à enfanter après 37 ans révolus, cela n’est pas sans danger pour la santé de la mère. « La médecine n’a pas encore trouvé de solution aux problèmes de complication dus aux retards de maternité, c’est pourquoi, nous disons qu’une femme, à 40 ans,  ne doit plus être en train de chercher une grossesse. Une femme qui a déjà un enfant et qui vient après 40 ans pour chercher un autre, les vrais médecins ne l’accompagnent pas parce que cela peut provoquer des complications et même la mort. Ce que les agents de santé peuvent faire,  c’est de lui donner de la contraception et rien d’autres. Au cas où la femmen’a pas encore un enfant, on lui explique quand même les risques ».

 C’est pourquoi, insiste le Pr Charlemagne Ouédraogo, il est conseillé aux femmes de trouver le juste milieu en conciliant la maternité et les longues études, c’est-à-dire débuter la maternité au plus tard à 25 ans et terminer au plus tard à 37 ans. Au cas contraire, elles devront assumer leur choix et ne pas courir à 40 ans  derrière les spécialistes ou les tradi-praticiens pour avoir un enfant. Le marteau et l’enclume donc car dans le contexte actuel du Burkina, très peu de femmes conçoivent encore une vie sans mariage, encore moins sans enfant. Conscient de cela, Mariam a changé de priorité : «Ce qui me préoccupe maintenant,   c’est d’avoir un enfant. Le mari et le boulot viendront ensuite car je sais que les hommes n’aiment pas se marier aux filles qui sont avancées en âge ».

Issiaka Drabo

Lala Kaboré/Derra

A 17 ans, Inès Astrid Tougma décroche le bac avec 16,96

Inès Astrid Tougma a prouvé une fois de plus que les filles peuvent êtres championnes dans les séries scientifiques. En effet, la jeune fille a réussi le Bac série D session 2015 de la plus brillante des manières avec une moyenne de 16,96, mention très bien.


Inès Astrid Tougma a prouvé une fois de plus que les filles peuvent êtres championnes dans les séries scientifiques. En effet, la jeune fille a réussi le Bac série D session 2015 de la plus brillante des manières avec une moyenne de 16,96, mention très bien. Passionnée de sciences, elle a décroché 19 en mathématiques, 19 en Physique chimie, 18 en anglais.

Pourtant la jeunes fille ne trouve pas cette performance extraordinaire pour car elle espérait même plus. « Je m’y attendais, mais je dois avouer que je voulais l’avoir avec 17 de moyenne. Il me manquait un point, mais ce n’est pas grave. » nous-a-telle confié. Cette confiance, l’adolescente la tient de ses performances scolaires. « J’ai préparé mon bac depuis la seconde. Je n’ai jamais sous-estimé une matière, je faisais des efforts partout ».

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