Catégorie

Portrait

dans Portrait

Lucie Tiendrebéogo, une mémoire vivante du FESPACO

Le plus grand rendez-vous du cinéma africain bat son plein à Ouagadougou. Sa réussite est l’œuvre de plusieurs personnes qui travaillent souvent dans l’ombre. Lucie Tiendrebéogo née Sondo, fait partie de celles-ci. Portrait d’une femme exceptionnelle qui consacre sa vie au rayonnement du Cinéma africain.

 

Elle est incontestablement, la « porte d’entrée » du FESPACO. Elle rencontre probablement beaucoup plus de personnes que tout autre membre du comité d’organisation du festival. Présidente de la commission accréditations et relations publiques depuis 1999, elle a vu plusieurs éditions de la biennale. Cette commission est l’une des plus importantes du Festival. C’est dans celle-ci que le festivalier prend le premier contact avec la biennale.

 

En plein FESPACO, on peut imaginer la grande pression qui pèse sur ses épaules. D’ailleurs nous avons peiné pour lui faire dire mot, encore moins immortaliser son sourire. La dizaine de festivaliers attendant dans son bureau, pour récupérer leurs badges y sont certainement pour quelque chose. « Je suis prise, désolée, je ne donne pas d’interview madame ! » Vous l’aurez compris, elle est au four et au moulin.

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lucie Kéré, « Un bourreau du travail »

 

C’est le journaliste et l’émérite homme de culture, Baba Hama qui lèvera un coin du voile sur dame Tiendrebéogo. « Lucie, un bourreau du travail », dira celui qui l’a côtoyé au travaille plus d’une dizaine d’année. « Elle peut rester au bureau à des heures tardives pour son travail », nous confie Isabelle Tiendrebéogo, promotionnaire de l’INAFEC et amie de Lucie Tiendrebéogo. Elle aurait même fait un petit accident dû à son travail. Dieu merci, il y’a eu plus de peur que de mal.

 

Et si l’ancien délégué général du FESPACO, Baba Hama a un message particulier à l’endroit de celle qu’il a connu depuis l’école primaire, ce serait lui demander d’écrire un ouvrage sur le festival, car selon lui, elle constitue une des mémoires vivantes du FESPACO, et à ce titre, elle est bien placée pour en parler.

 

Le moins que l’on peut dire est que le cinéma est toute sa vie. Après sa formation à l’Institut Africain d’Études Cinématographiques, (l’INAFEC), Lucie Tiendrebéogo a d’abord travaillé au sein de la radio nationale en tant que journaliste. Elle sera par la suite affectée à la direction régionale de la radio nationale à Koudougou. Quelques années après, elle signe son retour à la radio nationale avant de rejoindre le FESPACO en 1998 où elle est chargée des accréditations et des relations publiques du festival. Elle est depuis lors l’une des chevilles ouvrières de FESPACO, en tant que institution.

 

Isabelle Tiendrébéogo la décrit comme une femme très forte en termes de personnalité, discrète, très humble mais aussi très engagée. Son message à l’endroit de son amie est ceci: « Lucie, tu es une femme merveilleuse et pleine d’humour, je souhaite continuer de te voir de plus en plus souriante et plein de bonheur ».

Lala Kaboré /Dera

dans Portrait

« Il y a trop d’injustices subies par les nounous en France », Sylvie Fofana

 

On l’appelle Sylvie la Nounou. Comme elle se définit elle-même, la nounou, c’est celle qui s’occupe des enfants des autres sans être sûre que quelqu’un s’occupe des siens. Elle a exercé ce métier en France pendant près de vingt ans. Sa particularité est d’être une femme indignée qui a refusé de se résigner face au traitement réservé à certaines auxiliaires parentales. C’est ainsi qu’elle a créé le premier syndicat national des auxiliaires parentales en France. Dans cette interview, qu’elle a bien voulu nous accorder (par le billet de l’internet), cette femme d’exception revient sur les circonstances de la création de son syndicat.

 

Queen Mafa : Présentez-vous à nos lecteurs ?

Sylvie Fofana (S. F.) : Je suis Sylvie Fofana,  Franco-ivoirienne. Je vis en France depuis 1992. Je suis mère de trois enfants dont deux garçons âgés de 29 et 27 ans  et une fille de 23ans

Queen Mafa : Pourquoi la création d’un syndicat des auxiliaires parentales (nounous) ?

S.F : Lorsque, je suis arrivée en France, juste après la naissance de ma benjamine, je me suis inscrite dans un Greta pour préparer le Bac pro section secrétariat bureautique. 

Pour trouver un logement, il me fallait travailler. Après ma formation, j’ai exercé des CDD tout de même précaires dans le secrétariat. En allant rendre visite à mes amies dans les parcs, je décidais de travailler auprès des enfants. En 1995, date de début de mon embauche, j’étais parmi les rares auxiliaires parentales qui avaient deux employeurs en même temps (garde partagée). Au fur et à mesure, je compris qu’il y avait trop d’injustices subies par bon nombre d’auxiliaires parentales. Lorsqu’elles avaient des soucis plus personne ne les écoutait. Elles étaient isolées. Je me suis dit en ce moment là qu’il fallait qu’on prenne nos destins en main.

Et c’est ainsi que j’ai mis en place dans un premier temps l’association des nounous d’île de France en 2010. Deux ans après nous avons décidé d’aller plus loin dans notre combat en mettant en place le premier syndicat des gardes d’enfants à domicile (2012).

Nous utilisons le terme auxiliaire parental car le terme nounou paraît un peu dévalorisant.

Queen Mafa : Quelles sont les difficultés particulières que rencontrent les nounous en France ?

S.F : Les difficultés particulières que rencontrent les auxiliaires parentales sont pour la plupart le non respect du code du travail, et le manque de reconnaissance de leur droit   par des employeurs.

Queen Mafa : Le métier nourrit-t-il son homme ?

S. F. : On va dire que le métier nous permet de rester dignes. De pouvoir élever nos enfants sans tendre la main à autrui. Il faut dire que les auxiliaires parentales sont payées pour la plupart au SMIG. Elles travaillent en moyenne 50 heures hebdomadaires. Ce qui fait des sacrés horaires.

Queen Mafa  : Des perspectives  pour votre syndicat?

S. F. : Oui comme tout syndicat nous  voulons le meilleur pour nos adhérents, nous ferons tout pour sortir de la convention collective des salariés du particulier employeur,  les auxiliaires parentales. Leur place se trouve aux côtés des assistantes maternelles qui exercent le même travail qu’elles.

Queen Mafa : Un dernier mot ?

S. F : Je demande à nos frères et sœurs africains de faire confiance à ceux d’entre nous qui entreprennent des choses. Qu’on arrête de dire : « lorsqu’un noir entreprend quelque chose il ne le termine pas. »

   Si nous sommes encouragés, il n’y a pas de raison que  l’on n’aille pas plus loin. La solidarité fait défaut aux africains de la diaspora. Donnons-nous la main car ensemble, on arrive à soulever des montagnes.  Merci à vous pour l’opportunité que vous m’offrez pour pouvoir m’exprimer au sein de votre tribune. Recevez tous mes encouragements.

 

Interview par mail réalisée par Lala Kaboré/Dera

deralala28@yahoo.fr

 

dans Portrait

Stéphane Tiendrébéogo, l’artiste qui s’exprime à travers les bouteilles

Stéphane Tiendrébéogo est devenu plasticien par le fait du hasard. Avec du Sable et des bouteilles de boisson, le jeune artiste crée des œuvres d’art magnifiques.

« J’ai été inspiré par une cousine qui s’adonnait à cœur-joie à la confection des bouteilles. Petit à petit je fréquentais cette dernière pour apprendre le travail », indique Tiendrébéogo.

En allant chez sa cousine, le jeune artiste n’avait jamais songé un seul instant devenir un expert dans la confection des bouteilles de sable. « Il faut dire que je faisais ce travail avec ma cousine dans l’esprit de ne pas être oisif pendant les vacances », confie-t-il.

Constatant son évolution rapide dans le métier, Stéphane commence à y prendre goût. Ainsi, il contacte un autre artiste plasticien spécialisé dans ce domaine afin de se perfectionner.

« Avec lui, j’ai appris à mieux écrire les expressions dans les bouteilles, à traduire les sentiments, les mots, les pensées et les belles idées qui me traversent la tête sur le sable », dit-il.

Les bouteilles de sable sont des bouteilles vides transparentes avec lesquelles le jeune artiste décore en ajoutant du sable coloré de manière minutieuse.

A l’intérieur de la bouteille où est déversé le sable, il écrit des expressions qui traduisent des émotions, des états d’âmes, des sentiments.

Selon Stéphane Tiendrébéogo, sa création est, la plupart du temps sollicitée par une clientèle irrégulière pour l’offrir en retour comme des cadeaux de mariage, d’anniversaire ou d’amitié à des proches.

Les potentiels acheteurs dit-il, sont des personnes en quête perpétuel du beau, c’est-à dire de tout ce qui sort de l’ordinaire.

« Le pire, c’est que le métier ne nourrit pas son homme. En termes de coût, les bouteilles de sable sont accessibles à toutes les couches sociales. Mais la clientèle se fait rare faute de promotion ou de visibilité », regrette-t-il.

Par manque de moyens financier, il confectionne ses œuvres à domicile tout en espérant un jour créer son propre atelier.

« Mon ambition c’est d’ouvrir un grand atelier où je pourrai former des jeunes. J’envisage aussi un jour représenter le Burkina Faso dans des expositions aussi bien au plan national qu’international », rêve Stéphane Tiendrébéogo.

Comme le début de la matérialisation de son rêve, Stéphane a déjà exposé ses œuvres à l’édition du SIAO de l’année 2012. Pour lui, cette exposition lui a permis de s’améliorer davantage, cela en fonction des goûts des clients.

En dehors de l’art plastique, il est un bon musicien qui manie avec une aisance indescriptible la guitare.

Présentement, Stéphane suit des cours en gestion commerciale et marketing dans une université privée de la place, également il est en 2ème de SVT à la faculté des Sciences et Technologie à l’Université Ouaga1 Pr Joseph Ki Zerbo.

                                                                                     Issa KARAMBIRI

                                                                  Kara

dans Portrait

Fatimata Tamboura: l’as de la percussion

Dans un monde ou l’entrepreneuriat féminin peine toujours à devenir une réalité, certaines femmes arrivent tout de même à tirer leur épingle du jeu. Au nombre de celles-ci, Fatimata Tamboura. Percussionniste de formation, la jeune artiste trace son chemin. Fatimata Tamboura, est une battante. C’est l’une des très rares femmes percussionnistes du Burkina Faso. La native de Djibo, dans le sahel burkinabè, s’est formée aux côtés de son frère ainé Mamadou Diabaté et ne jure que par la percussion.

Dans un monde ou l’entrepreneuriat féminin peine toujours à devenir une réalité, certaines femmes arrivent tout de même à tirer leur épingle du jeu. Au nombre de celles-ci, Fatimata Tamboura. Percussionniste de formation, la jeune artiste trace son chemin. Fatimata Tamboura, est une battante. C’est l’une des très rares femmes percussionnistes du Burkina Faso. La native de Djibo, dans le sahel burkinabè, s’est formée aux côtés de son frère ainé Mamadou Diabaté et ne jure que par la percussion.

Pour mieux exprimer ses potentialités, elle crée, en 2000, l’association «Faso Djarabi». Basée à Zongo, à quelques encablures de la commune de Boulmiougou, cette association a pour but de former les jeunes dans la pratique de la musique, de la chanson, de la percussion et de la danse. Grâce à la persévérance de sa génitrice, la troupe a pu faire des tournées dans la sous-région, notamment au Mali.

Bouillonnante d’idées, la jeune percussionniste a lancé, depuis quelques années, le Festival international de percussion de Ouagadougou (Festipo). Elle s’est donnée pour mission de valoriser les instruments traditionnels tels que la calebasse, le dumdum, le balafon, le ngoni et la kora. Son festival est aujourd’hui une référence au plan national et sous-régional. Ce n’est donc pas un hasard si  Fatimata Tamboura est l’une des artistes dont les activités sont très médiatisées.Lire la suite

dans Portrait

Judith Traoré, l’albinos au micro de Ouagadougou

Stigmatisées, marginalisées et persécutées parfois, les personnes atteintes de l’albinisme sont confrontées à de nombreuses difficultés dans leur vie quotidienne.  A la faveur de la journée internationale de sensibilisation à l’albinisme qui a lieu chaque année le 13 juin, votre journal Queen Mafa a décidé de rendre hommage à une journaliste exceptionnelle : Judith Traoré. Malgré son handicap (elle est albinos), cette jeune dame affiche une combativité hors-pair, bravant le soleil ardent de Ouagdougou  au nom d’une passion,  à savoir, le journalisme.

Journaliste-reporter et présentatrice  à Radio liberté, Judith Traoré est très remarquable parmi ses paires à cause de son teint et de son style vestimentaire. Sous le chaud soleil de Ouagadougou, Judith est toujours présente sur le terrain de reportage. De jour comme de nuit, elle marque sa présence dans les différents évènements. Nonobstant les nombreuses contraintes étalées  sur son chemin, la jeune journaliste affiche un certain air de fierté. « Je suis albinos et je suis fière de l’être. Quel que soit le regard que les gens ont sur moi, cela ne m’empêche pas d’avancer. En dépit des marginalisations dont je suis victime, je vis ma vie et je la vis de la plus belle des manières », ainsi  s’exprime-t-elle.

Quand on est albinos, il faut être fier de l’être et montrer aux gens qu’on peut travailler au même titre que les personnes ayant la peau noire.

Selon la jeune dame, l’amour qu’elle a pour son métier justifie tous ces  efforts fournis. « Quand on aime quelque chose, on arrive toujours à surmonter les difficultés qu’on rencontre  en cours de chemin », laisse-t-elle entendre. Et d’ajouter : « Ma chance c’est que je connais la plupart des confrères qui sont sur le terrain. Ces derniers connaissent mes difficultés également, alors ils n’hésitent pas me donner un coup de main au passage ». Pour Judith, même quand on est albinos, il faut être fier de l’être et montrer aux gens qu’on peut travailler au même titre que les personnes ayant la peau noire.

Cependant, si Judith Traoré avoue être très fière en dépit de son albinisme, elle reconnaît qu’il est difficile de  vivre en tant qu’albinos dans une société où le dédain, le mépris, la marginalisation de l’autre est un mode de vie. Ainsi, elle explique que dans la vie de tous les jours, elle doit faire face à de nombreuses difficultés. « Nous sommes sensibles au soleil. Je suis obligé de me couvrir tout le temps si je ne veux pas rougir ou avoir des tâches noires sur  tout le corps. Aussi, nous avons une difficulté oculaire. Nous avons en général une vision très basse. Nous ne voyons que de très près. Et même avec cela si l’écriture est petite, nous avons des difficultés à lire », confie  la journaliste.

L’intégration dans le milieu socio-professionnelle et économique est le véritable obstacle auquel sont confrontés les albinos vivants au Burkina Faso.

En plus des difficultés liées au temps, Judith fait savoir que l’intégration dans le milieu socio-professionnelle et économique est le véritable obstacle auquel sont confrontés les albinos vivants au Burkina Faso. « Nous avons les mêmes aptitudes que les personnes à la peau noire. Souvent, on peut faire mieux qu’elles mais nous sommes mis dans la plupart du temps à la touche », regrette-t-elle.

Pour renforcer ses propos, la jeune albinos a pris l’exemple du concours de la magistrature auquel aucun  albinos, même avec ses diplômes, ne peut pas y prendre part à cause de la faible vision.  Pour elle, c’est une injustice que les autorités doivent songer à réparer.

De par son métier, Judith entend interpeller les uns et les autres,  particulièrement les premières autorités à se pencher sur les conditions de vie des personnes vivant avec un handicap précisément les albinos.

Cependant, elle se réjouit de la situation des albinos vivant au « Pays des hommes intègres »  comparativement à celle que vivent certains sous d’autres cieux. « Dans les pays comme le Nigeria, la Tanzanie les albinos sont confrontés à des  phénomènes de rapt, enlèvement pour des ambitions obscurs », raconte la présentatrice radio.

Le rêve de Judith Traoré est de créer une fondation pour venir en aide aux enfants albinos et à leurs parents. Pourquoi à leurs géniteurs ? Judith fait savoir que prendre soin des enfants albinos est difficile car cela demande beaucoup de moyens financiers.

Issa  Karambiri

dans Portrait

Jean Bosco Kaboré , le docteur « zéro divorce »

Jean Baptiste kaboré et Albertine Yanogo n’ont pas seulement donné la vie à Jean Bosco Kaboré. Ils lui ont aussi appris la sagesse .Ce qui a fait de lui un des plus célèbres conseillers conjugaux du Burkina Faso. Aujourd’hui à la tête d’une fondation, monsieur Kaboré fait la promotion de l’objectif « zéro divorce ».

Jean Baptiste kaboré et Albertine Yanogo n’ont pas seulement donné la vie à Jean Bosco Kaboré. Ils lui ont aussi appris la sagesse .Ce qui a fait de lui un des plus célèbres conseillers conjugaux du Burkina Faso. Aujourd’hui à la tête d’une fondation, monsieur Kaboré fait la promotion de l’objectif « zéro divorce ».

e natif de Bilbalogo était depuis sa tendre enfance initié à l’écoute et l’ouverture aux autres. « Mon papa était beaucoup consulté à l’époque. On trouvait toujours des gens qui venaient prendre des conseils auprès de lui, il arrivait toujours à les satisfaire », nous informe Jean Bosco.
Sa première expérience en gestion de conflit date de 1989. Le jeune homme avait 20 ans et était en classe de première lorsque son père lui confie sa première mission : livrer un message de paix pour mettre fin à un conflit foncier qui régnait dans le village.
« J’avais peur mais. J’ai même passé une nuit blanche.Mais je me suis rappelé des conseils que mon père avait l’habitude de donner en pareille circonstance, cela m’a beaucoup aidé pour le message de sagesse à transmettre », avoue-t-il.
Le jeune homme a accompli cette mission avec brio. Grâce à son message, la paix est revenue au village.
L’Église a également contribué à forger l’homme qu’il allait devenir. Car il fut le premier président de la jeunesse catholique pour la chasteté.

Un rencontre décisive avec le Père Carles

Au fil des années, nombreuses sont les personnes qui venaient consulter Jean Bosco sur des sujets diverses. Ce qui a renforcé ses compétences en matière d’écoute.
Par la suite, il rencontre le Père Carles. C’est la rencontre décisive pour la carrière de Jean Bosco. Avec l’appui de cet homme religieux, il va en formation en « Psycho relation d’aide » (Psycho thérapeute). Une formation de 6 ans en Espagne qui fait de lui un spécialiste d’écoute et d’accompagnement des personnes en détresse (conseiller conjugal et médiateur familial).
Cependant, Il a du attendre 5 ans après son mariage pour exercer pleinement dans cette profession selon la déontologie de l’ Église catholique.

Réconcilier les couples : une passion

Dans un métier ou l’on rencontre toutes sortes de situation, le conseiller conjugal a un cas qui lui reste gravé dans la mémoire. Il se rappelle comme si c’était hier de ce jour ou cet enfant de 10 ans l’a appelé au téléphone, le suppliant d’empêcher ses parents de divorcer.
« J’ai discuté pendant 6 heures avec ses deux parents qui ont fini par s’embrasser en versant des larmes. C’était très émouvant.Dans ma carrière je pense que jusque-là, c’est le cas qui m’a le plus marqué », a-t-il confié
Pour le conseiller conjugal, il y a toujours une issue pour résoudre les problèmes de couples. C’est pourquoi, il est convaincu que « le zéro divorce » est possible.
Foi du conseiller conjugal, la réussite de tout mariage a pour socle la joie en soi-même. C’est, poursuit-il, ce sentiment qui va permettre de surpasser toute épreuve qui risque de faire basculer le couple.

Des qualités mais aussi des défauts…

Et lorsque l’on lui demande ce qu’il regrette dans son métier, il évoque le fait de ne pas toujours avoir assez de temps pour sa famille « Souvent au moment de l’anniversaire de mon enfant, je suis entrain de prendre l’avion ou le car pour résoudre les problèmes des autres», lâche-t-il avec regret.
Dans la même lancée, Florent Diendiéré, ami du conseiller conjugal estime qu’à force de s’occuper des autres couples, parfois, il n’a plus assez de temps pour s’occuper du sien. Pour ce dernier le conseiller conjugal devrait revoir son programme afin de consacrer plus de temps à sa famille.

L’homme est définit comme celui qui sait écouter tout le monde. Selon son ami Florent Dienderé, il met toujours l’accent sur les points positifs dans toutes les situations. Il est aussi celui qui s’occupe de sa famille même s’il n’a pas toujours beaucoup de temps pour elle. « Les dimanches c’est lui qui fait la toilettes de ses enfants » souligne t-il.
Cependant, comme défaut, il note qu’il est assez difficile de le convaincre Jean Bosco surtout lorsque le sujet porte sur son domaine.
Toutefois, Jean Bosco Kaboré ne regrette point d’avoir choisi ce métier qui le passionne tant. Aujourd’hui à la tête d’une fondation ou il forme une quinzaine de conseillers conjugaux, son rêve est de lancer une télévision matrimoniale où seront évoquées toutes les questions relatives à la gestion des crises et le bien-être des couples.
Lala Kaboré /Dera

dans Portrait

Sabine Keré, la marmite d’or de Tenkodogo

Elle s’est lancée dans la restauration  dans l’optique d’épauler ses petits frères. Aujourd’hui Sabine Keré /Balima, est à la tète d’un des plus grands restaurants de la région de Tenkodogo. Rencontre avec une femme déterminée à vivre de sa passion : la cuisine.

Elle s’est lancée dans la restauration  dans l’optique d’épauler ses petits frères. Aujourd’hui Sabine Keré /Balima, est à la tète d’un des plus grands restaurants de la région de Tenkodogo. Rencontre avec une femme déterminée à vivre de sa passion : la cuisine.

L’école n’est pas toujours la seule voit de réussite. Sabine keré vient une fois de plus de nous donner l’exemple. Véritable modèle de réussite du leadership féminin, ses débuts à la restauration remontent à sa tendre enfance. Sa mère étant elle-même vendeuse du riz. La jeune fille d’alors était bien partie pour se faire une bonne initiation dans la restauration .Malheureusement, cette dernière sera arrachée par la faucheuse à ses enfants tout comme leur père quelques années plutôt.

C’est ainsi qu’elle  décide d’arrêter les études en classe 5eme. « Il fallait que je soutienne mes frères», fait-elle observer. Elle commence d’abord par ouvrir  un petit kiosque devant la gare SOGEBAF.  Elle y mène ses activités de restauration jusqu’au beau jour où elle fait la rencontre d’une femme qui faisait déjà des pauses cafés. « C’est elle qui m’a initié dans les pauses café », se rappelle-elle fièrement.

C’est ainsi qu’avec ses petits moyens, elle a commencé à faire des pauses café partout dans la ville de Tengkodogo.  Par la suite, la société SOGEMAB a arrêté ses activités. Elle était obligée de fermer son kiosque pour se consacrer  uniquement aux pauses café à domicile.

 « Le début n’était pas facile explique madame kéré,  j’ai qu’à même souffert, il m’arrivait de  faire descendre ma barrique de la charrette pour y charger le matériel pour la pause. Aujourd’hui,  ce n’est plus qu’un mauvais souvenir. Grâce à mes activités, j’ai pu obtenir mon propre restaurant avec tout le matériel qu’il faut, j’ai aussi 2 voitures à ma disposition pour les déplacements», se réjouit-elle.

Du coté de ma famille, j’ai pu épauler mes 2 frères. L’un d’eux est commerçant et l’autre, j’ai pu le faire partir aux États Unies pour l’aventure.

 

Des difficultés, il n’en manque pas du tout, mais on fait avec

De la gestion de la clientèle, du personnel, des factures qui tardent à être payées, Madame Kére ne se décourage pas .Elle reste convaincue que la restauration nourrit très bien son homme.Très ouverte aux critiques, nous l’écoutions demander à ses clients s’ils étaient satisfaits du service. « J’aime les critiques constructives, cela me permet d’améliorer la qualité du service » fait-elle remarquer.

Des anecdotes, il n’en manque pas dans ce métier. « Une fois,j’ai cuisiné pour des cadres d’une structure, tous des hommes. Cependant, je vous assure que je n’ai même pas ramassé un sachet d’eau après le repas. Ils sont tous revenus individuellement  remettre leur assiette, leur bouteille de boisson ainsi que leur sachet d’eau. C’était ma seule fois de voir cela durant mes 13 ans d’activité ».

 

Derrière la restauratrice se cache, un grand homme.

Le travail de restauratrice n’est pas du tous facile reconnait madame Keré : « Quand je quitte chez moi le matin parfois c’est à minuit que je rentre à la maison. Heureusement, la restauratrice, mariée et mère de 4 enfants explique  avoir eu la chance de tomber sur homme qui comprend les sacrifices que demandent ce genre d’activité. Enseignent de son état, monsieur Keré a toujours a été d’un très grand appui pour son épouse. «C’est lui qui m’aidait pour le déplacement du matériel lors mes pauses cafés .Entre temps, il a payé les frais pour que je passe le permis de conduire et par la suite il m’a acheté une fourgonnette, chose qui m’a beaucoup aidé dans mes activités ».

C’est aussi cet homme qui va donner un nom assez particulier au restaurant de sa femme. ARDY, provenant des prénoms de leurs enfants, Alice, Arthur, Diane, Aymane.

Le rêve de madame kéré est de pouvoir mieux agrandir son restaurant en y intégrant une grande salle de réunion ou des rencontres pourront se tenir et d’où elle se fera le plaisir de leur servir de bons plats.

Lala Kaboré /Dera

dans Portrait

une française chauffeur de taxi a bamako

Au Mali où quasiment aucune femme ne mène cette activité, Marianne Faucou, une française chauffeur de taxi à Bamako, force l’admiration des passagers et de son entourage.

Au Mali où quasiment aucune femme ne mène cette activité, Marianne Faucou, une française chauffeur de taxi à Bamako, force l’admiration des passagers et de son entourage.

Marianne est non seulement l’unique femme chauffeur de taxi dans la capitale malienne mais en plus elle est française.Elle avoue faire ce travail par plaisir et aimerait que beaucoup de femmes se joignent à elle et conduisent des taxis.

« Je ne pense pas qu’il y a des métiers réservés aux hommes. Les hommes non plus ne me font pas savoir que je ne suis pas à ma place’’, explique-t-elle.Sur les routes de Bamako, elle laisse souvent éclater sa colère face à l’indiscipline des piétons.”Tu ne vois pas la voiture ? Toi, tu es malade quoi. Ça c’est un fou ça. Un mec qui marche au milieu de la route comme s’il était une voiture’’, lance-t-elle à un piéton.

Elle a rejoint le Mali en 2011 en provenance de sa Corse natale.Pendant trois ans, elle enseigne avant de se consacrer à son rêve d’enfant : conduire un taxi. Elle décide donc de vivre son rêve en transformant sa voiture personnelle en véhicule de transport. Dans son taxi, Marianne discute avec les passagers et leur demande leurs impressions sur son travail.

“Avant d’arriver à destination. Je m’adresse aux passagers pour voir comment ils apprécient d’être dans ce taxi si particulier”, dit-elle.Ses clients, souvent assidus, apprécient son travail.’’Je m’appelle Mama Sinayoko. Chaque fois, je prends le taxi de Marianne pour venir chez Choufi Adama. Il n’y a jamais eu de problèmes’’, indique une cliente assidue.

Awa Kassogué, une autre, explique que depuis qu’elle a connu Marianne, elle l’a vue très compétente dans la conduite.“Je peux même dire qu’elle conduit mieux que les hommes’’, témoigne-t-elle.Dans la circulation à Bamako, Marianne Faucon est devenue une particularité voire une exception qu’on regarde avec curiosité.Quand elle passe dans son taxi, les riverains la saluent de la main et elle réagit bien car, pour elle, le taxi est un moyen de communication et de découverte.Son activité lui permet de bien gagner sa vie mais dans ce métier où les hommes sont rois les difficultés ne manquent pas pour la française.

“Je me souviendrai toujours de ce vieux. Ce sont des jeunes qui cherchaient un taxi pour lui. Ils m’ont emmené au vieux. Au départ, je lui ai indiqué le prix qu’il devrait payer normalement. Il a dit non. J’ai divisé le prix par deux, il a dit non. J’ai dit je t’emmène gratuitement, il a dit non. Il avait très peur. J’aurai pu sortir du taxi et le prendre par la main. Mais je pense qu’il aurait eu plus peur. Je l’ai laissé tranquille. Je pense que c’est un homme qui a peur des femmes’’, raconte-t-elle.Lire la suite

dans Portrait

« La coiffure nourrit son homme »,Tantie Djènè

Grâce à de nombreux sacrifices et à la   persévérance,  Djènèba Drabo a pu se faire une place et pas des moindres dans le milieu de la coiffure au Burkina Faso. Après prêt de 15 ans  passés à coiffer à  domicile,  Tantie Djènè comme l’appelle affectueusement  ses clientes, a ouvert un salon  où elle emploie une dizaine de fille. Portrait d’une femme remarquable.

Grâce à de nombreux sacrifices et à la   persévérance,  Djènèba Drabo a pu se faire une place et pas des moindres dans le milieu de la coiffure au Burkina Faso. Après prêt de 15 ans  passés à coiffer à  domicile,  Tantie Djènè comme l’appelle affectueusement  ses clientes, a ouvert un salon  où elle emploie une dizaine de fille. Portrait d’une femme remarquable.

Elle est née   le 13 juillet 1976 à Bobo Dioulasso, la capitale économique du Burkina Faso. Tantie Djènè a  débuté la coiffure en classe de 5eme alors qu’elle est  contrainte d’arrêter les études par manque de moyen. Sa mère, elle  ne voyait pas d’un bon œil l’amour de sa fille pour ce métier « Pour elle c’était  comme un échec que je veuille faire de la coiffure » se rappelle-t-elle comme si c’était hier.

« Lorsqu’ il  y avait des clientes, la patronne nous faisais laver ses habits ou nous faire faire sa cuisine pour ne pas que l’on assiste à la réalisation de la coiffure»

Elle a donc dû mettre les bouchées doubles pour pouvoir réussir dans  ce métier. Le   début est plutôt  difficile pour cette passionnée de la coiffure. Selon elle, les  patronnes ne sont pas toujours disposées à bien former les filles  de peur qu’elles détournement la clientèle. « Lorsqu’ il  y avait des clientes, la patronne nous faisais laver ses habits ou nous faire faire sa cuisine pour ne pas que l’on assiste à la réalisation de la coiffure»,  dénonce-t-elle.

Malgré toutes ces difficultés elle a pu user d’intelligence et de tac pour pouvoir tirer son épingle du jeu. D’autres formations dans la coiffure s’en suivent ou elle reçoit des attestions pour sa compétence. Elle commence ainsi à coiffer son entourage à Bobo Dioulasso.

Ouagadougou, la grande opportunité.

C’est en 2000, que Tanti Djénè rejoint Ouagadougou avec sa famille, et s’installe au quartier de Dapoya. Son domicile lui sert d’office de salon de coiffure. Au début explique-t-elle, c’était difficile d’allier le rôle de l’épouse et de la coiffeuse à tel point que son époux s’en plaignait parfois car le temps consacré à la famille était minime. Heureusement confie-t-elle, « avec le dialogue tout s’est bien passé » .

Au fil des années, les clientes se font de plus en plus nombreuses grâce la création d’un genre de coiffure particulier dont seule Tanty Djéné détient le secret « le tapis tissage ». Comme son nom l’indique, en même temps que tresse le tapis on y intègre des couches de mèches qui serviront de tissage. «Les gens viennent de partout pour le tapis tissage, le tapis tissage, c’est ma marque de fabrique  »explique la coiffeuse.

Celle pour qui la coiffure n’a plus de secret souligne cependant que coiffer à domicile n’est pas très aisé même si elle l’a fait pendant prés de 15ans. « Étant dans une cour commune je suis consciente que cela dérangeais beaucoup mes voisins »reconnait elle. En plus de cela elle explique que la vie familiale et la vie professionnelle s’entremêlent, chose qui n’est pas toujours aisée pour la famille.En plus de cela, la maison ne pouvaient plus contenir les clientes qui à leur tour réclamaient un endroit un peu plus adéquat.

« Je n’ai pas de préjugés, je montre le travail avec un bon cœur, c’est aux filles de mettre du sérieux pour apprendre ce métier qui est loin d’être celui  des paresseux »

C’est ainsi qu’elle a  déménagé son salon non loin du domicile, histoire de toujours garder sa clientèle. Dans celui-ci, une dizaine de filles sont en formation. « Je n’ai pas de préjugés, je montre le travail avec un bon cœur, c’est aux filles de mettre du sérieux pour apprendre ce métier qui est loin d’être celui  des paresseux ». Précise-t-elle.

Quand on lui demande un conseil pour ceux qui veulent se lancer dans le domaine de la coiffure qui semble saturé, elle sourit « qu’ils viennent et se mettent aux sérieux car la coiffure nourrit son homme. Le secret c’est de prendre le travail au sérieux et de surtout de prendre le temps de bien se former », a-t-elle conseillé.

Pour tantie Djènè, entreprendre est une question de volonté. Elle soutient qu’on n’a pas besoin d’attendre toujours un grand soutien pour se lancer dans des activités. « Je ne suis pas d’accord avec ceux qui veulent  s’assoir et attendre toujours un financement d’où je ne sais pour se lancer dans une activité, parfois on n’a pas besoin de peu de choses pour lancer son activité. Il faut toujours commencer avec le peu qu’on a, le reste viendra avec le temps ».

Rigoureuse quant-il s’agit du travail bien fait !

L’air simple, peu bavarde, de taille moyenne, on pourrait être tenté de dire qu’elle est nonchalante. Erreur ! Madame ne badine avec son travail, foi d’une de ses employées, « Tantie Djèné se met  toujours au service de ses clientes, raison pour laquelle elle nous rappelle fréquemment  à l’ordre quant au respect du client » explique une des employées.

Du coté familial, la douce moitié de Monsieur Palenfo, est décrite par son époux comme une épouse exemplaire, en dépit de son manque de temps. Pour sa fille, Tanty Djené est une mère formidable même si elle souligne que tout n’est pas rose : « Lorsque je fais des bêtises elle me gronde sévèrement mais je pense que c’est pour la bonne cause ».

A force de persévérance, couronnée de patience, la native de Bobo Dioulasso ne se dit pas riche mais elle vit décemment de son métier. Tantie Djené a, pu acheter deux véhicules : le premier lui sert pour son déplacement et le second  fonctionne comme un taxi.  « Je rends grâce à Dieu, grâce à la coiffure, j’ai réalisé beaucoup de projets,  dans  les jours à venir je compte  déménager dans ma propre maison » se réjouit-elle.

Le rêve de Tantie Djené  est de pouvoir ouvrir une école de formation en coiffure ou elle pourra partager son savoir faire avec beaucoup plus de personnes.

Lala Kabore / Dera

Fermé