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Crise d’adolescence : conseils de spécialistes burkinabè pour vous permettre de mieux aider votre enfant

La crise d’adolescence est l’ensemble des troubles que vit un adolescent pendant le passage de l’âge enfant à l’âge adulte. C’est une période d’affrontement mais également d’identification et d’adhésion pour le jeune. Et bien que les parents aient du pain sur la planche, c’est le moment plus que jamais pour eux d’aider l’adolescent à trouver des repères et mieux orienter sa vie. Si vous estes désespérés, voici quelques conseils de spécialistes burkinabè qui devront vous aider à aider votre enfant…

 

« Enfant de boss c’est boss, je n’en peux plus, j’en ai vraiment assez, je ne suis plus un gamin, laisse moi tranquille, je veux sortir, maman est compliquée, papa est trop dur », voici des propos d’adolescents et tous les parents ont entendus ces fourbes. C’est la crise d’adolescence, rien d’autre. Les enfants deviennent difficiles à supporter et la désobéissance aux parents de plus en plus réelle. Ces deux mères que nous avons approchées n’en disent pas le contraire.

Madame Abibata Nikiema, ménagère: « Les n’écoutent pas les parents. L’extérieur change beaucoup les enfants, entre temps, tu peux constater que ton enfant a changé négativement et profère des injures, tout de suite tu comprends que cela vient de dehors. Ce sont leurs camarades qui leur apprennent les mauvaises choses».

Abibata nikiéma, ménagère

Pour madame Ramata Bonkoungou, tisseuse: «  quand l’enfant grandit et qu’on ne s’entend pas c’est parce qu’il ne nous écoute pas et ne nous considère pas. Si tu vois qu’il veut dévier, en tant que parent tu tentes de le remettre sur le droit chemin et celui-ci refuse. L’enfant nait aussi avec son caractère sinon personne ne veut avoir un enfant désobéissant».

Entretenir le dialogue à tout prix

Vivre la crise de repères n’est pas chose aisée pour les parents. Cependant, quelque chose doit être absolument faite. C’est la raison pour laquelle, des spécialistes de la question nous orientent.

Pour monsieur Daniel Ouédraogo, psychologue : « la crise d’adolescence est une crise normale. C’est une étape même dans le développement de l’individu. Donc, à partir de 12, 13 ans la préadolescence, les premiers éléments apparaissent, notamment l’opposition de l’enfant aux règles de la famille. Contrairement à l’enfance où l’enfant idéalisait ses parents, au fur et à mesure qu’il sort, voit ses amis et les parents de ses amis, il remet en cause maintenant tout ce qu’il avait comme informations et perceptions de la part de la famille. Il n’idéalise plus ses parents et se dit que physiquement il est devenu grand et peut aussi prendre ses responsabilités, apprendre ailleurs et que ce n’est pas forcement ce que les parents veulent qu’il doit faire. C’est le caractère maintenant qui réapparait et là aussi, du point de vue psycho dynamique, on dit que l’enfant est au stade de l’adolescence. Cette crise est due au fait qu’il a une perturbation au niveau de la physiologie, la fille voit que son corps change et elle ressemble à sa maman, et trouve qu’elles sont pareilles, et le garçon aussi se voit pareil à son père. En ce moment, il faut que les parents comprennent le fonctionnement de l’enfant pour pouvoir l’aider à s’en sortir. Il ne doivent pas le châtier mais l’accompagner dans ce sens »

De l’avis de madame Silvia Ferraris, Art Thérapeute, éducatrice spécialisée en Italieet au Burkina Faso: «les parents doivent accompagner les adolescents. Mon point de vue c’est de ne jamais se laisser aller, de ne jamais dire que l’adolescent n’est plus l’enfant d’auparavant, que c’est méchant, mais de savoir que c’est sa crise et de rester à l’écoute parce que l’adolescent a beaucoup besoin d’être écouté, même s’il est arrogant il faut rester toujours à l’écoute parce que l’adolescent est à la recherche d’identité. La crise est passagère. C’est un passage qui peut être un peu long mais c’est un passage ».

Silvia Ferraris, Art Thérapeute, éducatrice spécialisée

Les médias mis en cause

Monsieur Dominique Samba, coordonateur du centre Woubri, travaillant sur la protection des enfants a aussi son point de vue la question: « le problème de repères est trop fort. C’est véhiculé par les mass médias, c’est véhiculé par les publicités et tout ce qu’il y a comme ouverture et il y a des réseaux de malfaiteurs qui poussent nos adolescents à dérailler. Tout ce que nous essayons de faire que ce soit dans le volet psycho social, que ce soit dans le volet formation, il faut trouver les pôles d’intérêts de l’enfant. Sur quoi on peut s’appuyer pour le motiver ou le démotiver. Les parents sont limités dans leurs mécanismes de motivation alors que dehors les pousse à autre chose. Il faut plutôt développer précocement la communication, développer précocement des rapports très affectueux, de sorte que l’enfant s’attache à vous, qu’il soit sensible pour espérer que les gens de dehors et la publicité ne vous l’arrachent pas».

Chaque adolescent est unique et chacun vit différemment sa crise. Elle est certes ardue, pénible pour les parents, mais étant un phénomène normal et passager, il convient donc de faire preuve d’accompagnement au jeune afin de lui faciliter son passage à l’âge adulte !

     Assétou W. Maiga, stagiaire

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