mardi 11 août, 2020.

Egalité homme/femme : ce sont les femmes qui portent l’Afrique

Depuis le 10 juin 2016, l’institut français (IF) de Bobo-Dioulasso a servi de cadre pour les activités du Réseau d’aide au planning familial (RAP). Exposition photo et conférences publiques ont été les principales activités qui ont comblées ces journées passées sous le thème « Quel bilan faire après 30 ans de combat ».

Toute la cour de l’IF mais aussi une salle préparée à l’effet d’exposer les photos sont pleines d’images expressives. Elles révèlent le combat que mènent les femmes pour leur émancipation partout dans le monde. Pour Honorine Soma, militante de RAP, les activités visent à valoriser la femme et louer son courage. A travers ces images on peut voir ce que les femmes portent et supportent quotidiennement, tel en Afrique du Sud des femmes qui crient, qui organisent des marches, au Pérou et dans bien d’autres pays où les femmes luttent pour se faire valoir. L’exposition photo n’a pas montré que des femmes. Parmi ces images expressives de la lutte pour la pris fait et cause pour les femmes dont cause de la femme, on notait également des figurent masculine président Thomas Sankara.   En effet, le 16 juin 2016, un hommage a été rendu à ce dernier lors de la conférence animée par Monique Ilboudo, ex-ministre de la promotion des droits humains. Elle a mis en exergue, le coup de pouce qu’il a pu donner aux femmes pour leur promotion. Au cours de cette conférence, Monique Ilboudo a démontré que malgré la consécration des droits de la femme par les textes comme la constitution du Burkina en ses articles 1er , 12ème ou comme les conventions des droits de l’homme, le code pénal, le code des personnes et de la famille (CPF), il existe beaucoup de difficultés quant à leur application effective notamment en ce qui concerne les mariages forcés, l’entorse faite au principe de l’égalité des sexes concernant le mariage, l’accès à certains emplois, ect.. .

L’exclusion de la femme pose un problème d’éthique

Elle a fait remarquer que les femmes qui servent à mobiliser lors des élections, sont mises en arrière-plan, lorsqu’il s’agit d’occuper les listes électorales. Sur 127 députés, seulement 13 sont femmes.

Pour Monique Ilboudo, ce sont les femmes qui portent l’Afrique. Elles sont l’autre moitié du Burkina. Mais, le constat est amer. Elles sont marginalisées, toute chose qui fait entrave à la démocratie et à la bonne gouvernance. Selon elle, l’exclusion de la femme pose un problème d’éthique. Monique Ilboudo a présenté les nombreux défis à relever au nombre desquels, l’effectivité de la citoyenneté de la femme, l’autonomisation des femmes, l’accès à la terre, la valorisation et la reconnaissance de leur participation à la chose publique, la fin de la violence fondée sur le sexe et bien d’autres encore.

Emmanuel Sombié


Jacqueline Ki-Zerbo, la femme avec F majuscule n’est plus

Jacqueline Ki-Zerbo, la veuve du célèbre historien burkinabè Joseph Ki-Zerbo, appelée « héroïne des années 60 » est décédée ce 15 décembre à Ouagadougou à l’hôpital Blaise Compaoré à 81 ans. Jacqueline Ki-Zerbo est décrite par beaucoup de personnes comme « une femme très talentueuse, une femme de rigueur ayant de l’amour, pour l’éducation de la femme » Mère éducatrice, elle a contribué à la formation de la première génération des filles lettrées du Burkina Faso, estimées à environ 4000 filles dont Alice Tiendrébeogo, Adèle Ouédraogo, Odile Nacoulma, Amina Mousso Ouédraogo.


Jacqueline Ki-Zerbo, la veuve du célèbre historien burkinabè Joseph Ki-Zerbo, appelée « héroïne des années 60 » est décédée ce 15 décembre à Ouagadougou à l’hôpital Blaise Compaoré à 81 ans. Jacqueline Ki-Zerbo est décrite par beaucoup de personnes comme « une femme très talentueuse, une femme de rigueur ayant de l’amour, pour l’éducation de la femme » Mère éducatrice, elle a contribué à la formation de la première génération des filles lettrées du Burkina Faso, estimées à environ 4000 filles dont Alice Tiendrébeogo, Adèle Ouédraogo, Odile Nacoulma, Amina Mousso Ouédraogo.

C’était une femme engagée et une véritable panafricaniste qui a été dans toutes les grandes luttes africaines de l’époque, au côté de son époux. Comme on aime le dire, derrière un grand homme se trouve une brave femme. En effet, battante, elle l’était si bien que Maurice Yaméogo l’avait appelé femme avec F majuscule.

Jaqueline Ki-Zerbo est une syndicaliste née. Son père feu Lazare Coulibaly a été un grand syndicaliste et membre du Bureau politique du RDA. A la faveur de l’indépendance de la Guinée et l’appel de Sékou Touré, Jacqueline n’hésite pas à suivre son époux pour aller prêter main forte à ce pays. Jacqueline Ki-Zerbo a été membre fondateur de l’Entraide féminine voltaïque. Il s’agit d’une organisation au sein de laquelle elle a beaucoup milité en faveur de l’émancipation des femmes.

L’histoire veut qu’on retienne que, le 3 janvier 1966 (date de la chute du président Maurice Yaméogo), elle n’a pas hésité à prendre la tête d’un cortège de femmes pour marcher sur la présidence aux côtés des élèves pour demander le départ du président Maurice Yaméogo.

Femme déterminée, Jacqueline Ki-Zerbo est faite Commandeur de l’Ordre national par le grand chancelier, Mamadou Djerma le 29 mai 2015. Jacqueline rejoint donc 6 ans après, son tendre époux et son compagnon de lutte Joseph ki-Zerbo. Adieu maman Africa !

 par Kinda

Cécile Béloum :une amazone de la santé de la mère et de l’enfant

Véritable artisan du développement, Cécile Béloum est membre fondatrice et présidente du conseil d’administration de l’association Appui moral, matériel et intellectuel à l’enfant (AMMIE). «Humaniste» bon teint, elle a, depuis plus de deux décennies, fait du bien-être de la famille, son terrain de prédilection. Nous l’avons rencontrée au siège de l’association à Ouahigouya. Portrait d’une femme modèle dans la promotion de la santé de la reproduction.


Véritable artisan du développement, Cécile Béloum est membre fondatrice et présidente du conseil d’administration de l’association Appui moral, matériel et intellectuel à l’enfant (AMMIE). «Humaniste» bon teint, elle a, depuis plus de deux décennies, fait du bien-être de la famille, son terrain de prédilection. Nous l’avons rencontrée au siège de l’association à Ouahigouya. Portrait d’une femme modèle dans la promotion de la santé de la reproduction.

Née à Naapalgin dans le département de Séguénéga  à 55 km de Ouahigouya, Cécile Béloum a fait de la «procréation responsable», son credo. Elle donne tout le sens de l’assertion du philosophe allemand, Georg Wilhelm Friedrich Hegel : «Rien de grand ne s’est accompli dans le monde sans passion». Mme Beloum  nourrit, en effet, une passion pour le développement, la protection et la survie de  l’enfant. «Nous œuvrons pour la procréation responsable. Nous voulons que chaque enfant qui vient au monde soit  souhaité et attendu par ses parents et non pas par accident ou par surprise», confie-t-elle. Mais d’où vient ce dévouement pour la cause de l’enfant ? Tout débute au Centre de récupération nutritionnelle (CREN) du CHR de Ouahigouya où elle fait ses premiers pas dans le domaine de la santé publique en qualité d’accoucheuse auxiliaire. Au cours de cette aventure qui durera cinq années, la bonne dame, aujourd’hui sexagénaire, en a vu  de toutes les couleurs. En effet, à l’instar d’autres régions, cette partie du Burkina Faso croulait sous le poids des pesanteurs socio-culturelles et des croyancespopulaires. A cette époque, pour les populations, la malnutrition aiguë (en réalité due selon des sources médicales aux grossesses rapprochées) était le fait de singes.

Mais, Cécile Béloum sera profondément marquée par la souffrance des enfants et  des mères au CREN. Au contact des patients, elle découvre alors sa vocation. Elle apporte au quotidien du baume au cœur des visiteurs de l’établissement hospitalier. Cependant, agent de l’administration publique, l’accoucheuse auxiliaire au gros cœur est consciente des affectations pour nécessité de service. Que faire pour perpétuer cette œuvre de bienfaisance au-delà des conjonctures administratives ? C’est ainsi qu’avec un groupe de 13 personnes composé en majorité de professionnels de santé, elle porte sur les fonts baptismaux, en 1992, l’association Appui moral, matériel et intellectuel à l’enfant (AMMIE). «La création de l’association est née lors de mon séjour au CREN où j’ai côtoyé la souffrance des enfants et de leurs parents. Pour leur permettre d’atteindre  l’âge de 4 ans, nous étions obligés de récupérer certains enfants  3 ou 4 fois», se souvient-elle.

Dans la province du Yatenga, l’association Appui moral, matériel et intellectuel à l’enfant (AMMIE) couvre plus d’une centaine de villages. Des groupements féminins mis sur place grâce aux bons soins de l’association y constituent des sortes de points focaux. Chaque groupement peut compter environ 120 femmes. L’AMMIE s’appuie sur ces différents groupes pour informer, sensibiliser et former. Devenue association de renforcement des capacités, la structure de Mme Beloum assiste plusieurs associations spécialisées dans l’animation de fora traitant de la thématique de l’enfant et de la mère.

En plus des activités classiques, avec des associations partenaires, elle a développé des stratégies pour mener son combat pour le bien-être de la famille. L’un des moyens consiste à aborder le thème de la planification familiale dans les baptêmes, dans les mariages, et tout autre regroupement à caractère festif ou non. En matière de sensibilisation à l’utilisation des méthodes de contraception, foi de la fondatrice de l’AMMIE, il ne faut rien négliger : «Il faut sensibiliser les femmes, les  belles-mères et même les mères qui contraignent parfois leurs filles et belles-filles afin que celles-ci fassent d’autres enfants». Les pesanteurs socio-culturelles sont coriaces ! Mais, Cécile Béloum, sûre du bien-fondé de son combat, n’a pas démordu pour autant. Aujourd’hui, les fruits de cette détermination sont perceptibles. Au départ réticents, de plus en plus, de maris dans la province du Yatenga adhèrent à la philosophie de la planification familiale. La grande satisfaction de Mme Béloum réside surtout dans le fait de voir de nombreuses femmes vivant en milieu rural choisir librement d’espacer les naissances.

                           Une femme au  cœur gros

 D’où sa déception de voir des élèves tombées enceintes et ce, en dépit dela grande disponibilité des produits contraceptifs. Pire, elle affirme avoir le cœur brisé, chaque fois, qu’une élève abandonne ses études à cause d’une grossesse. Elle a  toujours en mémoire l’interruption, à l’époque pour cause de grossesse, du cursus scolaire de filles pourtant excellentes.  «On ne devrait plus parler de nos jours de grossesses non désirées. Des méthodes de contraception existent. Malheureusement, nos filles n’en font pas usage. Les parents sont aussi responsables en ce sens qu’ils n’osent pas parler de sexualité à leurs enfants», déplore Mme Beloum.  L’AMMIE développe, pour sa part, à l’intention des filles-mères, un projet de soutien médical, social et de promotion de la planification familiale. Une cinquantaine de filles-mères a été ainsi recrutée et suivie financièrement et psychologiquement. Certaines qui avaient abandonné l’école reprennent le chemin des classes et d’autres apprennent un métier de leur choix. «Au début, sur 50 filles-mères, 36 portaient des enfants non reconnus par leur père. Au cours du projet, certains pères ont reconnu leurs enfants et demandé la mère en mariage. Je crois que l’amélioration de la condition financière de ces filles y est pour quelque chose», souligne Mme Béloum. Accoucheuse auxiliaire, infirmière soignante, infirmière chef d’unité de soins, infirmière-enseignante, directrice régionale de l’Ecole nationale de la santé publique, directrice régionale de la promotion de la femme, députée, ministre, Mme Béloum est restée elle-même malgré un riche parcours professionnel. Une perfectionniste amoureuse du travail bien fait et qui accepte difficilement les défaites.

Chaque jour, Cécile Béloum, le foulard noué à l’africaine, le teint d’ébène, n’a qu’une seule obsession : servir son semblable. «Mon bonheur c’est de me sentir utile pour les autres. C’est être au service de ma communauté. Je n’aime pas la malhonnêteté. La franchise dans les relations interpersonnelles nous met à l’abri d’amères déceptions», indique- t-elle.

Pour améliorer l’utilisation de la contraception au Burkina Faso, «Maman Cécile», comme on l’appelle affectueusement, préconise le renforcement de la sensibilisation. «Il ne faut pas se relâcher. L’information doit atteindre toutes les couches de la société sans exception. Tout le monde a besoin de sensibilisation», conseille Mme Béloum.

Boureima SANGA

Leila Alaoui, une célèbre photographe tombée sous les balles assassines des terroristes

Entre la vie et la mort depuis le vendredi 15 janvier, lors de l’attaque meurtrière des Djihadiste à Ouagadougou, la célèbre photographe marocaine Leila Alaoui a finalement succombé à ses blessures. Selon les témoignages de sa mère au journal Le360, celle qui est désormais la trentième victime de l’attaque de Ouagadougou était en train de dîner tranquillement lorsqu’elle a été touchée par les balles des terroristes à bout portant au poumon, à l’abdomen, au bras, à la jambe et au rein. Elle a perdu beaucoup de sang avant d’être évacuée à la Clinique Notre Dame de la Paix où elle aurait a subi une opération lourde au niveau du poumon et du colon. Elle a rendu l’âme alors que sa famille s’activait pour évacuation en France.


Entre la vie et la mort depuis le vendredi 15 janvier, lors de l’attaque meurtrière des Djihadiste à Ouagadougou, la célèbre photographe marocaine Leila Alaoui a finalement succombé à ses blessures. Selon les témoignages de sa mère au journal Le360, celle qui est désormais la trentième victime de l’attaque de Ouagadougou était en train de dîner tranquillement lorsqu’elle a été touchée par les balles des terroristes à bout portant au poumon, à l’abdomen, au bras, à la jambe et au rein. Elle a perdu beaucoup de sang avant d’être évacuée à la Clinique Notre Dame de la Paix où elle aurait a subi une opération lourde au niveau du poumon et du colon. Elle a rendu l’âme alors que sa famille s’activait pour évacuation en France.

Leila Alaoui se trouvait à Ouagadougou pour réaliser des photographies pour le compte d’Amnesty international. Leila Alaoui est une artiste photographe de renommée internationale qui voyageait un peu partout dans le monde pour «immortaliser » ce qu’elle voyait avec une grande sensibilité, en témoigne ses nombreuses photographies sur les laissés pour compte de la société.

A travers ses œuvres, l’artiste s’est beaucoup intéressée aux migrations, des jeunes Marocains ou Africains qui franchissent la Méditerranée pour atteindre l’Europe, aux Syriens réfugiés au Liban pour échapper à la guerre civile qui déchire leur pays. Elle travaille avec de nombreuses ONG sur les questions de droits humains. La course de Leila s’est ainsi achevée ce vendredi noir à Ouagadougou alors qu’elle était âgée d’à peine 34 ans.

Polygamie : « Le plus difficile pour moi a été d’accepter le partage », Caroline Pochon

Caroline Pochon, est cinéaste française .Elle a, en 1997, au nom de l’amour, accepté d’être la deuxième épouse d’un Sénégalais .Une histoire d’amour qui n’a pas fait long feu mais qui a permis à Caroline de comprendre beaucoup de chose sur la polygamie. Aujourd’hui, c’est une femme mure qui n’hésite pas partager son expérience aigre doux à travers documentaire, roman et poésie. Dans cet entretien, elle son opinion sur la culture de polygame et surtout la difficile épreuve du partage de l’être aimé.


Caroline Pochon, est cinéaste française .Elle a,en 1997, au nom de l’amour, accepté d’être la deuxième épouse d’un Sénégalais .Une histoire d’amour qui n’a pas fait long feu mais qui a permis à Caroline de comprendre beaucoup de chose sur la polygamie. Aujourd’hui, c’est une femme mure qui n’hésite pas partager son expérience aigre doux à travers documentaire, roman et poésie. Dans cet entretien, elle son opinion sur la culture de polygame et surtout la difficile épreuve du partage de l’être aimé.

Queen Mafa: Vous avez été la deuxième épouse d’un homme pendant quelques années, comment avez-vous vécu cette union?

Caroline: Tant que j’étais amoureuse, je me croyais au-dessus de toutes les difficultés. Petit à petit, je me suis rendue compte que malgré ma position privilégiée face à la première, je devais partager. Et c’était dur. L’ambiance avec elle était toujours tendue.

Queen Mafa: Qu’est qui a été le plus difficile à supporter dans cette union?

Caroline: Le plus difficile pour moi à supporter, dans cette union qui a été de courte durée et très passionnelle, cela a été d’accepter le partage :il dort avec l’autre, il fait peut-être l’amour avec l’autre. Quand on est très amoureuse, fusionnelle, très difficile de vivre avec cela quand on est seule les 2 jours.

Queen Mafa: Qu’est-ce qui vous a par contre impressionné?

Caroline : Ce qui m’a impressionnée chez ma coépouse est sa patience, son endurance, son humilité. Elle était fière, mais elle a accepté. Elle a supporté beaucoup de choses. Au début, j’entendais cette phrase sans bien comprendre. Aujourd’hui, je sais ce qu’elle a enduré, supporté, et j’ai longtemps eu un sentiment de culpabilité de ne pas l’avoir tout de suite compris, de m’être sentie « supérieure » et surtout, d’avoir pensé que je ferai mieux qu’elle !

Queen  Mafa: L’homme polygame peut-il vraiment être équitable?

Caroline: Pour moi non. Mais de même, un parent aime ses différents enfants de manière différentes, selon différents critères, de même un mari polygame aime différemment plusieurs femmes. Je peux le comprendre. L’équité est quelque chose vers quoi on tend, mais pour moi, c’est une utopie. La rivalité domestique est, pour moi, forcément difficile. Il me semble qu’il est plus facile d’avoir une coépouse qu’on ne voit pas que de devoir tout partager avec elle dans la maison.

Queen Mafa: Certains féministes n’hésitent pas à dire que la polygamie est une
violence à l’égard des femmes. Qu’en pensez-vous?

Caroline: Je pense que la polygamie est une forme de violence faite aux femmes.
Mais le terme vient des ONG occidentales et la manière dont nous, occidentaux, voyons la polygamie ne permet pas forcément d’en percevoir certains avantages. Et surtout, la polygamie repose sur unmode de vie communautaire, avec des valeurs de partage, d’entraide, de transmission qui ne sont pas en soi une violence faite aux femmes, mais tout un système où le partage des rôles entre hommes et femmes est très différencié, dans la cour. Je travaille sur ce thème avec un réalisateur ivoirien, Idriss Diabaté. Je trouve violent pour une femme d’apprendre qu’elle va devoir recevoir sa nouvelle « soeur » ! Je trouve violent, pour l’avoir vécu, de tomber amoureuse d’un homme et d’apprendre qu’il est de seconde main, qu’il est déjà engagé avec une autre, qu’il va falloir le partager ! Après, selon les caractères, configurations, personnalité du monsieur, poids des familles respectives, conditions de vie : l’équipe peut avancer plus ou moins bien, certainement. En tant que Française de culture monogame, j’essaie de ne pas juger. Mais bon, je ne souhaite pas, personnellement , renouveler l’expérience.

Propos recueillis  par  Fatouma

Aline Konditamdé, avocate de la santé sexuelle des jeunes

Aline Wendemi  Samira Gisèle Konditamdé  est un modèle  de promotion   de la santé  sexuelle et reproductive  des jeunes. Engagée en tant que Paire éducatrice à l’Association Burkinabè  pour le Bien Être Familial (ABBEF)  depuis 2012, la jeune fille de 19 ans  entend apporter sa pierre pour la santé des jeunes.


Aline Wendemi  Samira Gisèle Konditamdé  est un modèle  de promotion   de la santé  sexuelle et reproductive  des jeunes. Engagée en tant que Paire éducatrice à l’Association Burkinabè  pour le Bien Être Familial (ABBEF)  depuis 2012, la jeune fille de 19 ans  entend apporter sa pierre pour la santé des jeunes.

Aline Wendemi  Samira Giséle Konditamdé  est  face à une dizaine d’élèves de la classe de terminale A du Lycée Bogodogo. Cette jeune fille petite par la taille mais grande d’esprit  séduit plus d’un par sa maîtrise du sujet à savoir les grossesses précoces et/ou non désirées et leurs conséquences. Les  élèves,  suspendus à ses lèvres, suivent   avec intérêt la causerie.  « J’ai beaucoup appris sur le sujet et je pense  mettre  mes connaissances en pratique », se réjouit l’un d’entre eux. Ces séances de sensibilisation sont devenues le quotidien de la jeune fille.

Etudiante en droit à l’université Joseph KI-Zerbo,  Aline Konditamdé ,  gère avec  maîtrise ses séances de sensibilisation dans le domaine de la santé sexuelle et de la reproduction. Cette aisance et cette maîtrise de l’animation, la jeune fille le doit à la formation qu’elle a reçue alors qu’elle était encore élève en classe de première au lycée Bogodogo. Formation à l’issue de laquelle elle s’est découvert une vocation « d’avocate » de la santé sexuelle et de la reproduction des jeunes.

Le travail  en tant que paire éducatrice commence  dans sa propre classe avec ses camarades.De fil en aiguille, la fille d’Awa Mireille Ouédraogo  et  de Jérémie  Clément  Konditamdé  a su se perfectionner dans « sa veste de paire  éducatrice ».

Pour Aline , il faut entendre  par pair éducateur  « un éducateur de ses semblables » , mais elle tient à souligner  que cela ne se limite pas à discuter  avec ses semblables mais aussi  avec  tout le monde  car  explique-t-elle,  «  nous pouvons avoir   des activités dans les marchés ou dans les quartiers  ou  on ne retrouve pas forcement des gens du  même âge que nous ».

Pour elle, le rôle d’un  pair  éducateur  est de donner la bonne information à tout ce qui en ont besoin à la limite de ses connaissances  et cela dans la courtoisie. Aline note qu’il y a  toujours un manque d’information sur les méthodes contraceptives. « Il y a des gens  à Ouagadougou qui ne savent pas comment bien utiliser un préservatif » se désole-t-elle.

 En ce qui concerne la non fréquentation  des centres de santé et d’écoutes par les jeunes, Aline estime qu’il faut une large diffusion de l’information car « les gens non pas toujours la bonne information, ils  ne vont pas toujours vers les agents de santé pour s’informer ».

Sur la sexualité  précoce des jeunes et l’avortement clandestin, Aline s’inquiète de la situation « on retrouve des personnes qui ne sont même pas à la puberté qui prennent  déjà le sexe comme un jeu ». Raison pour laquelle les sensibilisations doivent s’accentuer. .

Pour sa  conviction  personnelle Aline   explique qu’il  est possible de rester vierge jusqu’au  mariage ; « cela semble peut être irréaliste  mais j’invite  tous ceux qui ont choisi cette voix à y rester et que les autres  respectent leur choix car chacun est libre de mener sa vie comme il l’entend ».

Aux yeux de l’étudiante en Droit, le  défi majeur à relever dans ses activités de sensibilisation  reste  la mobilisation. « Il est difficile de retrouver 8 personnes  en groupe  dans les quartiers, cela entrave quelquefois  la tenue de nos activités ».

Tout compte fait, Aline se réjouit de pouvoir apporter sa pierre à la construction d’une meilleure santé sexuelle au Burkina Faso.

La communication entre parents et enfants : une nécessité  

La remarque est nette. La communication entre parents et enfants sur des sujets relatifs à  la sexualité n’est pas toujours effective. Ces sujets sont plutôt considérés comme tabous. La paire éducatrice  lance un appel aux parents  afin de nouer le dialogue avec leurs enfants sur des questions liées  à la  sexualité.  Selon elle,  « cela va créer beaucoup plus de confiance entre  les  parents et  les enfants, et permettre à l’enfant de mieux comprendre son corps afin de comprendre les enjeux liés à sa sexualité. C’est vrai que  culturellement  parlant, les parents ne sont pas toujours à  l’aise pour parler de ce genre de sujet, mais il est possible pour les parents d’orienter leurs enfants vers des structures comme  l’ABBEF qui se chargera de conseiller ces derniers  comme il le faut » conseille-t-elle.

Elle a également une adresse aux hommes et femmes de medias. À l’en croire, le combat pour une meilleure  santé sexuelle et reproductive des jeunes passera forcement par l’accompagnement de la presse.

Lala Kabore /Dera

Women Deliver 2016: Annick Fabienne Thiombiano parmi les 200 jeunes leaders du monde

Jeune fille de 23 ans, Annick Fabienne Thiombiano, bénévole dans plusieurs associations, se définit elle-même comme un agent de changement. Défenseur des droits des jeunes et des femmes, elle a été sélectionnée leader et fait   partie des 200 jeunes leaders du monde de l’ONG Women Deliver (Maternité sans risque). Parcours d’un agent de changement.


Jeune fille de 23 ans, Annick Fabienne Thiombiano, bénévole dans plusieurs associations, se définit elle-même comme un agent de changement. Défenseur des droits des jeunes et des femmes, elle a été sélectionnée leader et fait   partie des 200 jeunes leaders du monde de l’ONG Women Deliver (Maternité sans risque). Parcours d’un agent de changement .

Depuis sa première année d’université, Annick Fabienne Thiombiano faisait du bénévolat dans des associations et  structures humanitaires. Tout commence avec un orphelinat en juin 2011. Pendant ses vacances, elle s’occupait des orphelins. « Je sentais depuis mon jeune âge le besoin d’aider. J’y trouvais du plaisir, de la sensation,  de  la grande  fierté et de la joie. Je cherchais constamment à aider. « Tout ce que je veux être dans la vie, c’est être un agent de changement,  aider les autres, c’est le but de ma vie « , affirme t-elle.

De l’orphelinat, elle rentre dans les associations de jeunes telles que l’Association internationale des étudiants en sciences économiques et commerciales (AIESEC), l’une des plus grandes plateformes au monde de jeunes leaders. Cela  a été possible grâce à sa participation  au Salon de l’étudiant de l’Université de Ouagadougou où elle a rencontré ladite association.

« Dès  mon adhésion à l’AIESEC, j’ai été intégrée dans un comité  chargé d’organiser un séminaire de formation en leadership qui a regroupé plusieurs nationalités et je m’en suis bien sortie », souligne-t-elle. Au fil des années,  Mlle Thiombiano  a gravi des échelons,  vice-présidente et ensuite présidente locale de l’AIESEC de l’Université de Ouagadougou.

« Tout ce que je veux être dans la vie, c’est être un agent de changement,  aider les autres, c’est le but de ma vie  »

Avec cette structure, elle a appris comment former des jeunes, diriger une équipe de plusieurs nationalités,  formuler des projets et rechercher  des financements. De plus en plus expérimentée, elle élargit son réseau d’associations en participant aux activités du Réseau ouest -africain des jeunes leaders des Nations unies  (ROJALNU). En effet, elle prend part au sommet  des jeunes leaders à Ouagadougou puis  à Dakar et à New York où elle a représenté le Burkina Faso. «  J’ai participé à des rencontres de plaidoyer pour la prise en compte des voix  des jeunes  dans les OMD post-2015. Les ODD ont été élaborés et les préoccupations des jeunes (la bonne gouvernance et  l’accès à l’emploi…) ont été prises en compte », se réjouit-elle.

L’aventure continue !

Annick postule au concours de Women Deliver qui cherchait 200 jeunes leaders    âgés de moins de 30 ans à travers le monde. Elle réussit avec brio et doit suivre une formation en ligne de deux semestres.« J’ai  appris des méthodes de plaidoyer, de comment faire pour que sa voix soit prise en compte, comment utiliser les réseaux sociaux pour faire entendre sa voix. Pendant les deux semestres de formation,  il fallait composer des devoirs régulièrement. J’ai réussi à mes examens et j’ai obtenu mon diplôme », raconte Mlle Thiombiano.

A l’issue de la formation, elle se rend compte  que le niveau d’éducation sexuelle  est faible au Burkina Faso surtout dans  les zones reculées où nombreux  jeunes n’ont pas accès à l’éducation. Et ceux qui  en ont accès n’ont pas reçu une  éducation  sur la santé sexuelle et reproductive.  Elle pense que  les grossesses non désirées en milieu scolaire sont dues en partie à un  manque  de formations, d’informations et d’éducation sexuelle.  « L’environnement social est très compliqué, les parents ne parlent pas de sexualité à leurs enfants», constate la « Young women leader ».

A la lumière de ce constat, elle   décide de  mener un projet  sur l’éducation. Pourquoi ? Elle veut donner aux jeunes filles ce qu’elle-même n’avait pas eu : l’éducation sexuelle.

« Je  n’ai pas eu une éducation sexuelle, j’ai dû apprendre  sur l’internet et avec les amis, je me suis rendu compte que beaucoup de jeunes filles ont des soucis par manque d’éducation sexuelle. Si on arrive à éduquer les jeunes, cela  éviterait les avortements, les maladies sexuellement transmissibles et la crise des grossesses non désirées  », a-t-elle justifié son projet.

Elle participera à la conférence de Women Deliver  prévue du 16 au 19 mai prochain. Avec ce projet qui lui tient à cœur, elle espère trouver des financements pour sa mise en œuvre.  Cette conférence de l’ONG Women Deliver (Maternité sans risque) est la plus grande conférence mondiale sur la santé, les droits et le bien-être des filles et des femmes.

Annick Fabienne Thiombiano invite les jeunes à être des agents de changement. « Les jeunes  revendiquent,  se plaignent trop mais qu’est-ce qu’ils  font concrètement eux-mêmes pour changer les choses ? Il ne faut pas qu’on attende, il faut faire quelque chose. Si on  attend sans rien faire, on ne va rien avoir. Il faut que les jeunes agissent et entreprennent », conseille Mlle Thiombiano.

Titulaire d’un bachelor  en administration des affaires, elle est employée contractuellement dans une société minière de la place mais elle compte poursuivre ses études en master dans le domaine des Objectifs de développement durable (ODD).

Passionnée  d’art traditionnel, elle porte des bijoux traditionnels dont elle fait la promotion hors du Burkina ; une boutique en ligne, Divashop, est en gestation.

Boureima SANGA

bsanga2003@yahoo.fr

Harcèlement sexuel :les filles et les enseignantes sont les premières

La problématique du harcèlement sexuel des filles en milieu scolaire et professionnel : défis, moyens d’actions et perspectives »,c’est sous ce thème que le Burkina Faso a célébré le 11 octobre dernier, la journée internationale de la jeune fille. Tous les acteurs s’accordent à dire que l’ampleur du phénomène est telle qu’il y a lieu de prendre des mesures fortes et urgentes si l’on veut assurer le maintien et la réussite de bon nombre de filles à l’école.


La problématique du harcèlement sexuel des filles en milieu scolaire et professionnel : défis, moyens d’actions et perspectives »,c’est sous ce thème que le Burkina Faso a célébré le 11 octobre dernier, la journée internationale de la jeune fille. Tous les acteurs s’accordent à dire que l’ampleur du phénomène est telle qu’il y a lieu de prendre des mesures fortes et urgentes si l’on veut assurer le maintien et la réussite de bon nombre de filles à l’école.

En effet, il ressort des enquêtes que les filles et les enseignantes sont les premières victimes du harcèlement sexuel en milieu scolaire. Les statistiques du Ministère de l’Éducation Nationale et de l’Alphabétisation du Burkina Faso, ont révélé 365 cas de harcèlement sexuel entre 2009 et 2011.Pour qui connait les réalités du Burkina, il est fort probable que ces chiffres ne reflètent pas la réalité .D’une manière générale, les victimes préfèrent garder le secret de peur d’affronter les regards des autres.

Des études menées par l’Association Marche Mondiale des Femmes et l’Association d’appui et d’éveil Pugsada soulèvent un certain nombre de causes dont les plus significatives seraient : la vulnérabilité des victimes, l’ignorance aussi bien des victimes et des auteurs, l’impunité pour plusieurs raisons des auteurs, la relative jeunesse  des enseignants, la difficulté de trouver des compagnes en milieu rural, l’habillement indécent de certaines filles, etc…

Pour le ministère en charge de la promotion de la femme, la lutte contre le harcèlement sexuel implique l’adhésion de tous les acteurs à tous les niveaux, à commencer par les filles elles-mêmes qui se doivent de dénoncer les auteurs de tels forfaits. Par ailleurs, ledit ministère dit s’activer à la mise en place d’un numéro vert pour la dénonciation des cas de violences basées sur le genre.

L’Organisation des Nations Unies définit le harcèlement sexuel comme « Toute conduite ou abus de pouvoir se manifestant une ou plusieurs fois par des paroles, des actes ou des gestes à connotation sexuelle et non désiré et qui est de nature à porter atteinte à la dignité ou à l’intégrité physique ou psychologique de la femme ou de nature à entretenir pour elle des conditions de travail ou d’études défavorables ou un renvoi ».

Ce que Roch Kaboré à promis aux femmes du Burkina Faso

Dans son programme politique, le nouveau président élu accorde une large place à la promotion de la femme. Retour sur quelques points saillants de ce programme dont la mise en œuvre doit être suivi de près par les organisations féminines.


Dans son programme politique, le nouveau président élu accorde une large place à la promotion de la femme. Retour sur quelques points saillants de ce programme dont la mise en œuvre doit être suivi de près par les organisations féminines.

Rendre effectifs les droits fondamentaux de la femme ;

-promouvoir l’accès des jeunes filles à l’enseignement supérieur et aux institutions de formation professionnelle ;

-lutter contre l’exploitation de la jeune fille sous toutes ses formes ;

-renforcer l’accès des femmes aux crédits ;

-lutter contre les grossesses précoces en milieu scolaire ;

-réduire la pénibilité des tâches des femmes ;

-faire appliquer effectivement les textes luttant contre les violences faites aux femmes et contre les discriminations dont elles sont victimes ;

-faire l’inventaire et évaluation de tous les textes et cadres ou mécanismes existants en la matière au niveau national et/ou international, en vue de planifier leur application effective ;

-réduire le taux d’abandon scolaire des jeunes filles de 70% à travers des contrats d’objectifs à convenir avec les collectivités locales et la mise à disposition de moyens pour apporter au niveau local les solutions appropriées pourlutter contre ce phénomène (sensibilisation des familles, aides diverses, etc.) ;

-réinsertion des jeunes filles déscolarisées et non scolarisées dans des structures de formation professionnelle avec des mesures d’accompagnement pour leur installation effective ;

-répression des cas de maltraitance et d’esclavage de jeunes filles qui constituent une violation des droits de l’homme. Les organisations de la société civile (OSC) et les collectivités locales seront mises à profit pour identifier les cas de violation et permettre aux jeunes filles victimes de rentrer dans leurs droits.

Développer le capital humain

-réviser des curricula d’enseignement en milieu scolaire, par l’intégration des modules sur la santé sexuelle et reproductive.

-faciliter l’accès aux crédits par une réorganisation des structures existantes qui seront renforcées par des dotations budgétaires plus conséquentes ;

-attribuer des terres nouvellement aménagés par l’Etat afin de favoriser leur participation au développement de l’agriculture et accroître leurs revenus ;

-Mise en place d’une structure de veille aux fins de mener  des réflexions sur les difficultés de la femme en milieu rural et urbain et les solutions

possibles

-améliorer les conditions d’accès des femmes entrepreneures aux crédits et leur

accompagnement dans la gestion de leurs sociétés ;

-Renforcer le rôle des femmes dans la recherche et les moyens pour les promouvoir.

Situation des femmes dans les zones de conflit : l’UNFPA tire la sonnette d’alarme

La situation des femmes dans les zones de conflit est alarmante et déplorable. C’est l’une des informations essentielles qui ressort de la dernière publication de l’UNFPA sur l’Etat de la population 2015.


La situation des femmes dans les zonesde conflit est alarmante et déplorable. C’est l’une des informations essentielles qui ressort de la dernière publication de l’UNFPA sur l’Etat de la population 2015.

Avec pour titre révélateur, «  A l’abri dans la tourmente », sur la condition que vivent les femmes dans les zones de crise, le document interpelle les décideurs politiques et tous les acteurs concernés par cette situation sur l’urgence et la nécessité d’enrayer ou du moins ramener le problème à sa portion la plus congrue. Le rapport indique que 59,5 millions de personnes auraient été déplacées. Les catastrophes naturelles touchent 200 millions de personnes par an et plus de 100 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire dont un quart sont des femmes d’un âge compris entre 15 et 49 ans. 60 % des décès maternels évitables surviennent chez les femmes victimes d’un conflit, d’une catastrophe naturelle ou d’un déplacement.

Plusieurs facteurs expliquent la vulnérabilité des femmes, explique les auteurs. Il s’agit notamment de leur pauvreté et de la discrimination sexuelle dont elles font l’objet. A cela, on peut ajouter les violences sexuelles qui sont utilisées comme armes de guerre, le non-respect des droits fondamentaux et l’inadéquation de l’aide humanitaire pour ce groupe spécifique. Sur ce dernier point, il ressort concrètement que lorsque les soins médicaux sont fournis en temps de crise sans inclure les services liés à la grossesse, à l’accouchement ou à la contraception, la précarité des femmes s’aggrave.

Les conséquences des conflits, catastrophes, déplacements et autres crises sur les femmes sont souvent tristes voire dramatiques : infections sexuellement transmissibles, grossesses non désirées, la mortalité et la morbidité maternelle, les violences sexuelles, la prostitution, les accouchements à risque, etc.

Pour y remédier, l’UNFPA propose à toutes les personnes et structures concernées de prendre en compte la diversité des populations lorsque survient une crise pour accélérer sa résolution et renforcer la résilience. En amont, il préconise la prévention, à travers un monde moins vulnérable avec un développement inclusif équitable et respectueux des droits humains. L’autonomisation des personnes et des communautés touchées, leur accès à des services de santé sexuelle et reproductive, l’intensification de l’action humanitaire en tenant compte des femmes sont quelques solutions que présentent les concepteurs du document. Aussi le Sommet mondial sur l’action humanitaire de 2016 devrait-il, de leur point de vue, se pencher sur la question cruciale de la redéfinition l’action humanitaire, en accordant une place centrale à la santé et aux droits des femmes et des filles.

Sévérine Kabré

Sources UNFPA, Etat de la population 2015