Catégorie

Combat de femmes

dans Combat de femmes

Violence faite aux femmes : l’affaire Adja Divine l’agression de trop

Les femmes ont battu le pavé à Ouagadougou ce samedi 27 mai pour exprimer leur ras-le-bol contre l’incivisme et les violences faites aux femmes.

 

L’agression de la musicienne Adja Divine notamment le viol de son intimité a suscité colère et indignation dans l’opinion publique burkinabè. Pour les femmes, c’est la violence de trop. Elles ont fait savoir leur colère et dégout au cour d’une grande marche de protestation organisée ce samedi à Ouagadougou par l’association des artistes musiciennes, en collaboration avec d’autres organisations féminines.

Améty Meria, présidente de l’Association des artistes musiciennes du Burkina

« Nous sommes sortie pour dénoncer l’incivisme grandissant au Faso et surtout la violence faite aux femmes », a souligné Améty Meria qui a livré le message des manifestants. Pour elle, ces actes barbares sont une preuve de l’immaturité des populations et démontrent de la dérive inquiétante   du peuple burkinabè. Et de poursuivre en interpellant les autorités burkinabè notamment le ministère de la Femme à prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre fin aux violations flagrantes des droits de la femme.

 

Les hommes n’ont pas marchandé leur particiption à cette marche

 

« C’est toutes les femmes du Burkina qui ont été dénudées »

« Plus jamais un cas de dénudation d’une femme au Burkina Faso », ont scandé les manifestants. Car souligne Améty Meria, « le viol public de l’intimité d’une femme n’est pas réparable. Les conséquences psychologiques sont incommensurables sur toute la famille »

Ce n’est pas Adja Divine seulement qui a été dénudée mais toutes les femmes du Burkina, ont-elles déclaré.

Au cours de cette marche, on pouvait noter également une forte présence masculine.

Aminata Gansoré

Madelaine Kienou

dans Combat de femmes

« Le 8 mars, il faut faire du bruit, s’amuser, danser pour qu’on entende la cause de la femme », Dr Jocelyne Vokouma

Décidément, cette femme n’a pas sa langue dans sa poche. Anthropologue chargée de recherches à l’Institut nationale des sciences des sociétés (INSS), Dr Jocelyne Vokouma est l’une de ces femmes qui vous font sentir fière d’être une femme, tant elle vous séduit par la maîtrise de son sujet et son niveau de culture générale. A l’occasion de la célébration du 8-Mars, Queen Mafa l’a rencontrée.

 

Queen Mafa  : Que représente le 8-Mars pour vous ?

 

Jocelyne Vokouma : Le 8-Mars, c’est tout un symbole que cela représente pour les pays et pour les femmes en particulier. En ce sens que c’est une journée qui marque le début de la révolte singulière des femmes à un moment où elles se sentaient exagérément exploitées.

C’est un mouvement qui est parti de New York où une femme qui travaillait dans l’industrie textile a dit non à une situation d’exploitation. Aujourd’hui quand on célèbre cette journée, c’est à ces femmes pionnières qu’on la doit et cela, il faut s’en souvenir. C’est très important. C’est au prix de sacrifices qu’une cause est menée, qu’un combat est conduit de génération en génération. C’est un symbole très pertinent.

 

[quote width= »auto » align= »left|right|none » border= »COLOR » color= »COLOR » title=]« Toutes les femmes sont des exclues ou de potentielles exclues »[/quote]

 

 Cette année, le thème du 8-Mars porte sur l’exclusion sociale des femmes. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

 Cela m’inspire beaucoup de choses. De lui-même, le thème est évocateur. Il parle des réalités de toutes les femmes. C’est vrai qu’on a mis l’accent sur les exclues visibles mais en réalité toutes les femmes sont des exclues ou de potentielles exclues. Il faut le noter en ce sens que dès que la fille naît elle est déjà exclue du fait de son statut de naissance, du fait de la préférence que la société a pour le garçon. On ne juge pasnécessaire d’investir en elle parce qu’elle est traitée d’étrangère.

L’exclusion, ce n’est pas seulement à l’âge adulte ou quand on vous traite de mangeuse d’âmes. L’exclusion commence dès la naissance. On fait comprendre à la fille qu’elle ne peut pas occuper la même position que le garçon, car c’est ce dernier qui va perpétuer la lignée familiale, c’est lui qui va garder la cour familiale. Tout cela, ce sont des éloges conjugués qui font de l’homme ou du garçon, un être conforté dès sa venue au monde.

 

Pourtant, la femme naît dans un contexte de discrimination qui, au fil du temps, se traduit en exclusion à la moindre erreur. La tradition interdit par exemple qu’une fille tombe enceinte dans la cour paternelle. Si elle commet cette erreur de parcours de vie, l’exclusion ne se fait pas attendre. Si après cela, elle sait se tenir correctement, elle suit les normes de la société, les normes établies par la coutume, on la marie en la donnant ou en faisant un mariage arrangé. Dans son foyer, elle doit encaisser les souffrances pour pouvoir s’en sortir. Si par hasard, elle décide de s’enfuir, de quitter ce foyer, personne ne va l’accueillir. Si elle se remarie, c’est la même souffrance qui continue. Il existe de nombreuses femmes dans cette spirale interminable.

 

[youtube height="HEIGHT" width="WIDTH" align="left|right|none"]<iframe width= »560″ height= »315″ src= »https://www.youtube.com/embed/hPl_Rx3Mm3w » frameborder= »0″ allowfullscreen></iframe>[/youtube]

 

Pour schématiser un peu, de mariage en remariage, elle se retrouve un jour seule parce qu’elle n’en peut plus. Avec l’âge et la vieillesse, comme elle vit seule, alors que c’est un concours de circonstances qui l’a emmenée à vivre seule, on la traite de mangeuse d’âmes. C’est en ce moment qu’on parle d’exclusion alors qu’elle a déjà traversé des stades d’exclusion que personne ne voit.

 

Que pensez-vous des débats autour du pagne du 8-Mars et notamment l’entrée massive des pagnes imprimés au détriment du Faso Dan Fani ?

 

 Je trouve le débat très faux. Quand un débat n’est pas cohérent, il n’apporte rien à la société.J’ai fait dix ans de recherches là-dessus. Ma thèse a porté sur « Les techniques de tissage au Mogho : origines et évolution ». A travers mes recherches, j’ai découvert l’origine du tissage chez les Mossé, la dimension politique et socioculturelle du vêtement.

 

La particularité du Dan Fani, c’est qu’il est une production artisanale et l’autre est industrielle. L’un est tissé à la main et l’autre tissé par une machine. On ne peut pas les comparer. Il faut savoir poser objectivement le débat pour trouver une solution. Au nom du libéralisme qui est une option nationale depuis un certain temps, on ne peut pas empêcher les commerçants d’importer les pagnes imprimés.La cohabitation entre ces deux types de pagnes ne date pas de maintenant. Pourquoi c’est à l’occasion du 8-Mars qu’on pose ce débat ? Les tisseuses ne peuvent pas rivaliser avec la production industrielle. D’ailleurs beaucoup d’entre elles souffrent de mal de poitrine à cause de ce travail pénible. C’est toute une politique qui doit accompagner le Dan Fani.

 

Quelles solutions préconisez-vous ?

 

J’ai proposé la création d’un comptoir du textile burkinabè qui servira d’incubateur d’entreprises aux femmes. C’est-à-dire qu’il y a une boutique qui réceptionne la production textile des femmes. Lorsque les femmes tissent, elles n’ont plus de soucis d’écoulement. Elles deviennent de ce fait comme des grossistes.

Si cela est fait, elles se protègent de la mévente. Elles n’auront pas à aller voir les imprimeurs pour tamponner le Dan Fani. Ce qui est pour moi une dévalorisation car le travail de tissage est beaucoup plus noble que cela. Si on veut en faire l’uniforme pour un évènement comme le 8-Mars, il faut choisir seulement la couleur. La couleur seule peut être un indicateur.En tamponnant le logo du 8-Mars sur le Dan Fani, les femmes ont créé un marché pour des gens qui s’en sortent mieux qu’elles. Le Faso Dan Fani a besoin de la même dynamique que le gaz butane : on le subventionne pendant un bon moment afin qu’il entre dans les habitudes des familles.

 

[quote width= »auto » align= »left|right|none » border= »COLOR » color= »COLOR » title=]« Fêter n’empêche pas de réfléchir, c’est une attitude émancipatrice »[/quote]

 

Depuis quelques années, le 8-Mars est devenu un grand moment de réjouissances populaires au Burkina Faso. Quelle lecture faites-vous de cette situation ?

 

Cela va de soi que la célébration prenne une allure festive. Vous voyez, lorsque les Nations Unies ont décrété la décennie de la femme (1975-1985), il a été demandé à tous les pays du monde entier de la célébrer avec faste. Tout cela, c’est pour sortir la femme de l’ombre. Faire du bruit, s’amuser, danser pour qu’on entende la cause de la femme. Si des femmes critiques cela, c’est qu’elles ne savent pas d’où est partie l’idée. Fêter n’empêche pas de réfléchir, c’est une attitude émancipatrice. C’est un facteur libérateur quand les femmes vont fêter dans un bar, parce que la société traditionnelle ne l’accepte pas. La thématique de l’occupation de l’espace public par la femme est une réalité que les gens ne perçoivent pas. Arrêtons de martyriser les femmes. Pendant 365 jours, elles sont au four et au moulin ; le seul jour qui leur permet de se divertir, laissez-les exister ne serait-ce qu’un jour. J’attire l’attention sur la dimension de l’occupation de l’espace public par les femmes. Que les gens arrêtent de les juger pour cela.

 

 

[quote width= »auto » align= »left|right|none » border= »COLOR » color= »COLOR » title=]« Si on n’apas encore commencé à débattre de la question de l’avortement au Burkina Faso, c’est simplement de l’hypocrisie »[/quote]

 

Le droit à l’avortement est une revendication dans certains pays. Pensez-vous que le sujet mérite d’être à l’ordre du jour au Burkina Faso ?

 

Si on n’a pas encore commencé à débattre de cette question, c’est simplement de l’hypocrisie. Renseignez-vous, elles sont nombreuses, les filles qui se cachent pour aller le faire. Les filles qui meurent dans le silence, on ne peut pas les dénombrer. Socialement c’est une honte d’avorter et les familles qui ont vécu l’expérience sont mieux placées pour en parler. La dynamique de parler de l’avortement clandestin comme un sujet d’intérêt public ne date d’aujourd’hui.

Les filles ont de plus en plus des grossesses non-désirées. Sans prescription médicale, elles arrivent à faire le test de grossesse. Quand elles se cachent pour le test cela veut dire ce que ça veut dire. Il ne faut pas attendre que les gens meurent avant de savoir qu’il faut faire quelque chose.C’est vrai que la question de l’avortement est un tabou jusque-là. Pourtant, plusieurs familles souffrent des conséquences de ce drame silencieux.

 

 

Les pilules existent ; il faut que les parents dialoguent avec leurs enfants. Un enfant ne s’éduque pas dehors. Ce qu’on demande aux parents ne nécessite pas d’apport financier. Ce qu’on demande se trouve déjà en eux et c’est le processus de transmission des valeurs.Les valeurs qu’ils ont reçues de leur communauté, c’est cela qu’on leur demande de transmettre aux enfants par le dialogue. L’enfant doit répondre d’une identité familiale.

                                                                                                  Issa KARAMBIRI

{loadmodule mod_facebooklike,Facebook Like}       

dans Combat de femmes

 » 8 mars, ce n’est pas pour festoyer dans les bars… » Aïda Tamboura

Penchée sur les dossiers dans son bureau ce 8 mars 2017, où l’on célèbre la journée internationale de la femme, Aida Tamboura est révoltée contre la manière dont cette journée est célébrée. Préoccupée à la reconversion des femmes dans les mines, elle appelle « ses sœurs » à une prise de conscience.

 

Que représente-t-elle, la journée du 8 mars pour vous ?

Pour moi c’est une journée pour magnifier la femme mais pas dans le sens qui est lui donnée depuis un certain temps. Ce sont des femmes qui se sont battues pour que cette journée leur soit dédiée en reconnaissance de tous leurs efforts pour la conquête de leur droit. On dit journée de la femme mais il s’agit de la journée des droits de la femme en réalité. Certaines femmes ont donné une autre connotation à la journée. 8 mars, ce n’est pas pour festoyer. 8 mars, ce n’est pas allé danms les bars…8 ars, ce n’est pas boire et souler la gueule. Qu’est-ce que la danse et toutes ces festivités autour nous apportent comme résultat pour un développement plus épanoui de la femme. La femme est brimée dans tous les secteurs d’activités, si nous ne prenons pas un temps pour réfléchir sur la condition réelle de la femme jamais il n’y aura pas un changement significatif. Il faut mettre de côté toutes ces histoires de djandjoba, défilés et autres, cela n’a aucun sens et se pencher sur la condition réelle de la femme .

[quote width= »auto » align= »left|right|none » border= »COLOR » color= »COLOR » title]On est fatigué de tous ces beaux discours, il faut passer à l’acte. Quand on parle d’objectif de développement durable(ODD) cela passe nécessairement par les femmes[/quote]

Que proposez-vous pour un meilleur développement de la situation de la femme ?

 Nous devons plutôt décrire un programme d’action modeste avec des axes d’intervention bien définis tout en nous donnant les moyens nécessaires de les atteindre. On se met ensemble chacune avec ses compétences propres pour parvenir aux objectifs dès le départ et le 8 mars prochain on fait le bilan. Vous verrez qu’on aura un résultat probant au lieu de se regrouper et boire tout oubliant que l’alcool n’a jamais sauvé quelqu’un. Par exemple à Bagré où on doit doter les femmes d’intrants pour que ce pôle de croissance soit une véritable opportunité de développement des femmes. Mais ça traîne jusque là.

Les femmes ont besoin de formation. Il faut les former. On est fatigué de tous ces beaux discours, il faut passer à l’acte. Quand on parle d’objectif de développement durable(ODD) cela passe nécessairement par les femmes. Le pire dans tout cette histoire, c’est que cette journée est décrétée fériée ».

Pourquoi êtes-vous contre le fait que 8 mars soit férié ?

 Je suis contre le fait que la journée soit fériée parce que je trouve que pour un pays en développement comme le nôtre, nous avons trop de jours fériés. Dans la sous région, la plupart des pays célèbrent cette fête en allant au travail. Le monde entier accorde une importance au 8 mars mais ce n’est pas en restant à la maison ou en festoyant que la condition de la femme va évoluer. Nous pouvons magnifier la femme en posant des actes mais pas de la manière dont nos sœurs s’y prennent. Il faut que cette journée dite fériée soit supprimée. On peut magnifier la femme en ne rendant pas le 8 mars férié, chômé et payé. C’est trop de gâchis ».

[quote width= »auto » align= »left|right|none » border= »COLOR » color= »COLOR » title]« Je suis contre le fait que la journée soit fériée parce que je trouve que pour un pays en développement comme le nôtre, nous avons trop de jours fériés »[/quote]

A votre niveau comment celebrez-vous la journée du 8 mars ?

AT : « Présentement je suis au bureau comme vous le constatez, je travaille. Pour moi ce n’est pas un jour férié. Après j’irai à la maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou(MACO) faire un don aux femmes incarcérées. C’est une pensée pour toutes ces femmes qui sont sans soutiens et vivent dans des conditions des plus difficiles. Au moins ce geste leur permettra d’avoir ne serait-ce qu’un moment un repas nutritif acceptable ».

Pourquoi votre action est-elle précisément à l’endroit des femmes incarcérées ?

Vous savez ces femmes sont dans une situation très difficile, jamais enviée et jamais enviable. Enfermées, elles n’ont pas de soutiens même si quelques unes reçoivent la visite des parents. La majorité ne s’en sort pas. Malgré que certaines personnes leur viennent par moment en aide, cela est insuffisant pour elles. Il faut qu’on vienne en aide à ces femmes. C’est vrai que nous faisons avec ce que nous avons, aussi infime soit-il, il peut quand même aider quelque part. Il y a beaucoup de chose à faire à la MACO et je me dis que l’Etat seul ne peut pas tout faire. Je lance un appel que chacun puisse penser à la situation des incarcérés, surtout les femmes et les enfants ».

                                                                                                                     Issa KARAMBIRI

                                                                                                 Karambiri.issa@gmail.com

dans Combat de femmes

Sika Kaboré appelle à la protection des droits de l’enfant et de l’adolescent

Le Salon international de l’enfant et de l’adolescent d’Afrique (SINEA) a ouvert ses portes ce jeudi 17 Novembre 2016 à Ouagadougou en présence de l’épouse du président du Faso, Sika Kaboré.

 

« Protection de l’enfance et la bonne gouvernance : enjeux et défis », c’est sur ce thème que les participants devront plancher au cours des quatre jours de rencontres deuxième édition du salon international de l’enfant et de l’adolescent d’Afrique (SINEA). Initié par l’Association pour le bien-être des enfants et des adolescents d’Afrique(ABE2A), ce salon se tient à la veille de la célébration du 27e anniversaire de la convention relative aux droits de l’enfant commémoré le 20 novembre de chaque année.

 

La Première dame,Sika Kaboré et la ministre Laure Hien, avec des enfants défavorisés

Ce choix n’est pas anodin, fait remarquer Alice Diarra, la présidente l’ABE2A. En effet, l’association  y voit une manière de rendre un vibrant hommage aux enfants qui représentent les acteurs centraux de cet événement. En ce qui concerne le theme « Protection de l’enfance et la bonne gouvernance : Enjeux et Défis », Mme Diarra donne la vision de son association. « Notre intention est d’attirer l’attention sur la toute première cellule sociale ou se mène la politique et d’où sortent l’ensemble des politiciens de toute la nation : la famille », explique t- elle.

Selon la première dame du Faso Sika kaboré, l’enfant est au cœur du devenir de la nation. Raison pour laquelle elle leur fait une promesse : « Chers enfants, nous sommes conscients et nous engageons à la réalisation de vos droits », déclare t- elle avant de les exhorter « à se conduire en enfants soucieux de leur avenir tout en assumant leur devoir ».

 

Photo de famille

Le ministre de la promotion de la femme de la solidarité nationale et de la famille, Laure Zongo/Hien présente à cette rencontre, a pour sa part, souhaité que ces 4 jours d’échanges soient riches d’expériences pour une recherche de solutions véritables en faveur de l’enfant. Au cour de cette cérémonie officielle de l’ouverture de ce salon , le   récital des élèves l’école Toécsin B était incontestablement l’un des moments les plus marquants. En effet, le public a eu droit à un spectacle mettant en scène la situation des enfants de la rue.

L’ouverture officielle de ce salon s’est déroulée en présence de quelques autorités notamment, l’Ambassadeur du japon, son excellence Masato Futaishi, le Larlé Naaba etc.

Lala Kaboré /Dera

Assetou w. Maïga

dans Combat de femmes

« Si la vie était à refaire, j’aurais refait exactement les mêmes choix», Béatrice Damiba

 

Que Devient Béatrice Damiba depuis son départ à la tête du Conseil supérieur de la communication (CSC) en 2014 ? Pour le savoir, votre journal Queen Mafa a fait un tour à son domicile le 21 juin dernier. Décontractée et bien mise dans un boubou en Faso Danfani, celle qui fût la première femme journaliste Burkinabè de niveau universitaire, ne semble pas du tout se tourner les pouces, même si elle est de moins en moins sur la scène publique. Entre ses petits-enfants, les évènements sociaux, « Tantie Béa », comme nous l’appelons affectueusement dans le milieu de la presse, trouve du temps de faire quelques consultations. Dans cet entretien qu’elle a bien voulu nous accorder, Béatrice Damiba s’exprime sur l’institution qu’elle a dirigée, la situation politique nationale et bien sûr sa vie de retraitée.

Queen mafa (QM) : Depuis votre départ du CSC, on vous voit rarement. Que devient Béatrice Damiba ?

 

Béatrice Damiba (BD) : La fin de mon mandat au CSC en septembre 2014 a été également le début de mon admission effective à la retraite. C’est donc normal que vous ne me voyiez pas souvent puisque je ne suis plus au-devant de la scène médiatique. Mais rassurez- vous, je ne m’ennuie pas. Je reste très active au plan familial, social, associatif. J’ai aussi des sollicitations d’ordre professionnel. A titre d’exemples, l’observation médiatique d’élections présidentielles dans quelques pays africains ou des études enqualité de consultante.

 

QM : Aujourd’hui quel regard portez-vous sur le CSC, notamment avec tous ces bruits et incompréhensions avec les médias ?

BD : Le CSC est aujourd’hui gouverné avec un autre style que le mien. Je ne souhaite pas y apporter un jugement de valeur. Certes, il est inévitable qu’en régulant, il y ait des incompréhensions avec certains médias mais l’on doit toujours travailler à privilégier l’écoute, l’encadrement, la pédagogie et l’appui-conseil à l’endroit des organes de presse.

 

QM : Comment voyez-vous le contenu des médias burkinabè aujourd’hui?

BD : Il m’est donné de constater tous les jours des insuffisances d’ordre éthique et déontologique, de langage, d’écriture et de culture générale dont je fais part quelquefois à certains responsables de médias. Cependant, je me félicite de l’effectivité de la liberté de la presse dans notre pays ainsi que de la vitalité accrue de nos médias qui contribuent sans conteste à l’éducation citoyenne et à la culture de la paix et de la démocratie. Toutes choses qui ont valu au Burkina Faso d’être classé cette année par Reporters sans frontières (RSF) 42ème dans le monde, 5ème en Afrique et 1er pour l’Afrique francophone en matière de liberté de la presse.

 

QM : La question de la convention collective peine à être effective, quelles sont selon vous les solutions qui pourraient résoudre cette difficulté?

BD : Il est vrai que je ne suis plus au fait des choses mais vous devriez vérifier avant d’affirmer que la Convention collective peine à être effective car il me semble qu’un certain nombre d’organes de presse ont commencé à l’appliquer. Pour ceux qui traînent le pas, il revient aussi aux travailleurs de se battre pour obtenir sa mise en œuvre. Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, la Convention collective des journalistes et assimilés n’est pas l’affaire du CSC, même si je suis fière de l’avoir fait aboutir en 2009. Le CSC n’est qu’un accompagnateur, un facilitateur entre les signataires que sont les associations des patrons de presse, les associations des travailleurs des medias et le ministère en charge du travail.

 

QM : Quelle appréciation faites- vous de la présence des femmes dans les médias Burkinabè?

B.D : La presse burkinabé se féminise de plus en plus et c’est tant mieux car le mixage ne peut être que bénéfique dans l’intérêt de la profession et des populations. Les femmes des médias sont très méritantes et j’en veux pour preuve, entre autres, votre propre journal Queen Mafa et les prix remportés par de nombreuses femmes aux Galian 2016. Je suis fière de ces consœurs et fière aussi d’avoir été une des pionnières qui leur ont ouvert les portes du métier. Mon regret reste l’insuffisante responsabilisation de ces compétences féminines au sein des médias.

 

Je reste convaincue que l’avenir du Burkina Faso et la paix dans le monde sont entre les mains des femmes

 

 QM : Comment peut-on accélérer à votre avis à l’égalité homme- femme au Burkina Faso ?

B.D : Disons qu’au Burkina Faso de grands progrès ont été accomplis grâce à la lutte des femmes elles-mêmes notamment l’accès à l’éducation, à l’emploi, au crédit, et l’engagement politique, droits conférés par le code des personnes et de la famille. Malheureusement certaines idées reçues et certaines pratiques socioculturelles néfastes comme l’excision, le mariage forcé ou précoce, le bannissement etc., ont la tête dure et c’est dommage que des femmes par ignorance ou par peur contribuent à les perpétuer. Je reste convaincue que l’avenir du Burkina Faso et la paix dans le monde sont entre les mains des femmes.

QM : On vous disait proche du pouvoir à l’époque. Pourquoi Béatrice Damiba ne s’est-t-elle jamais présentée à une élection politique de quelque niveau que ce soit?

B.D : J’ai été politiquement engagée pendant plus de trois décennies et je crois modestement que les luttes auxquelles j’ai pris part avec d’autres camarades ont contribué à l’éveil des consciences et à l’avènement du Burkina Faso de droit démocratique actuel. Si je ne me suis jamais présentée à une élection à quelque niveau que ce soit, c’est probablement en partie parce que je suis restée longtemps à l’étranger comme ambassadeur et qu’à mon retour, je me devais de rester neutre et impartiale en tant que présidente de l’instance de régulation des medias qu’est le CSC. Sinon il faut savoir que je fus membre fondateur de l’ODP/MT le 15 avril 1989 et membre de son premier bureau exécutif. Comme vous le savez, le CDP est né en février 1996 de la fusion de l’ODP/MT avec d’autres partis politiques. Si je voulais être député, je l’aurai été dès la première législature en 1992 mais j’avais décliné la proposition de candidature.

 

On n’est pas soit même maître de sa carrière, on choisit son métier et le destin crée les opportunités

 

QM : Le Burkina Faso a connu une insurrection qui a conduit à une transition, quelle appréciation faites vous de cette période ?

B.D : Peut être que je suis naïve ou trop honnête mais je crois aux principes, valeurs et règles de la démocratie et de la République. C’est pourquoi je suis meurtrie que la violence se soit invitée dans la résolution de problèmes politiques. Vous l’aurez compris, je suis apôtre de la non-violence. A l’heure actuelle, je souhaite vivement que tous les Burkinabè arrivent à se réconcilier, qu’ils puissent tous jouir de leurs droits et des libertés que leur confère la Constitution de notre Etat de droit et que la justice pour tous soit une réalité.

                                               

QM : Si votre carrière était à refaire, qu’auriez-vous changé ?

BD : Je n’aurais rien changé. J’aurais refait exactement les mêmes choix quoiqu’il ne soit pas sûr que j’aurai eu les mêmes opportunités. On n’est pas soit même maître de sa carrière, on choisit son métier et le destin crée les opportunités. J’ai choisi le journalisme car dès mon jeune âge, c’était pour moi un réel plaisir d’écouter la radio, j’aimais beaucoup la diction et par-dessus tout j’étais très forte en écriture.

 

QM : Un dernier mot ?

B.D : Merci d’être venus à moi. Bon vent à Queen mafa.net, le premier journal féminin en ligne du Burkina Faso. Félicitations et courage à ses animateurs car je sais que ce n’est pas facile de créer et de faire vivre un tel outil d’information et de communication.

 

 

                                                                                                                                                 Kaboré Dera  Lala

                                                                                     

                                                                                                                                                

dans Combat de femmes

Radio Manegda lance une série d’émission sur le leadership féminine

La Radio rurale internationale (RRI) et le projet « Victoire contre la Malnutrition » (VIM) en collaboration avec la radio Manegda de Kaya, lancent une série d’émissions visant l’autonomisation de la femme, notamment sa contribution à la lutte pour la sécurité alimentaire.

C’est en direct de la 99.4 FM que la série d’émissions radiophoniques a été lancée par le haut-commissaire du Sanmatenga, Bruce Emmanuel W. Sawadogo, dans l’enceinte des locaux de la radio Manegda, le 13 juin dernier.Selon le PDG de la radio Manegda, Samuel Bamogo, il s’agit concrètement de réaliser une série de 12 émissions radiophoniques interactives sur le leadership et l’autonomisation économique des femmes à l’adresse des populations des communes de Kaya, Pissila, Namissiguima et de Barsalogho. 

Pour une phase pilote, ce sont les villages de Pissila, de Solomnoré, de Fanka, de Tamasgo et de Dem qui seront particulièrement concernés. Deux groupes d’écoute communautaires dont un groupe féminin ont été mis en place et dotés de postes radiophoniques à cet effet. A croire le PDG, les émissions de 30mn chacune seront diffusées tous les lundis à partir de de 19H et rediffusées les jeudis à 20H. 

La première émission sera diffusée, selon lui, le 20 juin 2016 prochain. Tout en promettant jouer sa partition pour la réussite de cette campagne de sensibilisation, Samuel Bamogo a tenu a remercier les promoteurs de cette initiative et particulièrement RRI, qui pour améliorer les réalisations, a renforcé les capacités techniques de la radio Manegda. 

Avant de lancer officiellement ce projet, le haut-commissaire de la province du Sanmatenga, a salué l’initiative en ce sens que le rapport malnutrition-développement est évident et ce projet permettra de résoudre la question de pauvreté des populations les plus vulnérables. 

Il s’est réjoui du choix de son ressort territorial pour la mise en œuvre de la phase pilote. Il dit nourrir l’espoir que les résultats seront concluants pour une extension du projet sur toute l’étendue de la province. Suite à la cérémonie de lancement officiel de la série d’émissions radiophoniques, les autorités présentes ont effectué une visite guidée dans les locaux de la radio Manegda. Toute chose qui les a convaincus de la capacité de cet organe de médias à réussir sa mission dans ce projet pilote.

Pour Johanny Zabramba, représentant du coordonnateur du projet VIM, la mise en œuvre de ce projet entre en droite ligne avec les objectifs de sa structure qui est de réduire l’insécurité alimentaire parmi les populations vulnérables auBurkina Faso. Selon lui, le projet VIM et ses partenaires visent à terme l’installation durable de la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans la province du Sanmatenga.

 « Cet objectif intègre une large sensibilisation et une amélioration des connaissances des populations cibles aux bonnes pratiques culturales et nutritionnelles. » a-t-il précisé. Le renforcement de l’implication et la valorisation du rôle de la femme dans le processus de sécurité alimentaire et nutritionnelle est selon lui pris en compte dans ce projet. 

Selon Yolande Traoré, spécialiste genre de ACDI/VOCA/VIM, les femmes rurales jouent une part importante dans le domaine agricole, cependant, les stéréotypes leurs lègues des rôles moins valorisants. Le présent projet vise donc à créer l’équité entre les genres à travers des thèmes en relation avec le leadership et l’autonomisation économique. Son souhait est que les femmes s’en approprient pour leur auto promotion. Rendez-vous a été donné le 20 juin prochain aux auditeurs de la radio Manegda sur la fréquence 99.4 FM pour la diffusion de la première émission interactive sur le leadership et l’autonomisation économique des femmes rurales.

Augustin Irwaya OUEDRAOGO

Source : AIB

dans Combat de femmes

Egalité homme/femme : ce sont les femmes qui portent l’Afrique

Depuis le 10 juin 2016, l’institut français (IF) de Bobo-Dioulasso a servi de cadre pour les activités du Réseau d’aide au planning familial (RAP). Exposition photo et conférences publiques ont été les principales activités qui ont comblées ces journées passées sous le thème « Quel bilan faire après 30 ans de combat ».

Toute la cour de l’IF mais aussi une salle préparée à l’effet d’exposer les photos sont pleines d’images expressives. Elles révèlent le combat que mènent les femmes pour leur émancipation partout dans le monde. Pour Honorine Soma, militante de RAP, les activités visent à valoriser la femme et louer son courage. A travers ces images on peut voir ce que les femmes portent et supportent quotidiennement, tel en Afrique du Sud des femmes qui crient, qui organisent des marches, au Pérou et dans bien d’autres pays où les femmes luttent pour se faire valoir. L’exposition photo n’a pas montré que des femmes. Parmi ces images expressives de la lutte pour la pris fait et cause pour les femmes dont cause de la femme, on notait également des figurent masculine président Thomas Sankara.   En effet, le 16 juin 2016, un hommage a été rendu à ce dernier lors de la conférence animée par Monique Ilboudo, ex-ministre de la promotion des droits humains. Elle a mis en exergue, le coup de pouce qu’il a pu donner aux femmes pour leur promotion. Au cours de cette conférence, Monique Ilboudo a démontré que malgré la consécration des droits de la femme par les textes comme la constitution du Burkina en ses articles 1er , 12ème ou comme les conventions des droits de l’homme, le code pénal, le code des personnes et de la famille (CPF), il existe beaucoup de difficultés quant à leur application effective notamment en ce qui concerne les mariages forcés, l’entorse faite au principe de l’égalité des sexes concernant le mariage, l’accès à certains emplois, ect.. .

L’exclusion de la femme pose un problème d’éthique

Elle a fait remarquer que les femmes qui servent à mobiliser lors des élections, sont mises en arrière-plan, lorsqu’il s’agit d’occuper les listes électorales. Sur 127 députés, seulement 13 sont femmes.

Pour Monique Ilboudo, ce sont les femmes qui portent l’Afrique. Elles sont l’autre moitié du Burkina. Mais, le constat est amer. Elles sont marginalisées, toute chose qui fait entrave à la démocratie et à la bonne gouvernance. Selon elle, l’exclusion de la femme pose un problème d’éthique. Monique Ilboudo a présenté les nombreux défis à relever au nombre desquels, l’effectivité de la citoyenneté de la femme, l’autonomisation des femmes, l’accès à la terre, la valorisation et la reconnaissance de leur participation à la chose publique, la fin de la violence fondée sur le sexe et bien d’autres encore.

Emmanuel Sombié

Fermé