dimanche 5 juillet, 2020.

Rasmata Compaoré, la plus jeune maire de Ouagadaougou

 

Arrivée dans le milieu de la politique en 2014, Rasmata Nadembega née Compaoré a été élue maire de l’arrondissement n°12 de la capitale burkinabè aux dernières élections municipales. Une élection qu’elle doit surtout à son dévouement et sa combativité sur le terrain depuis la période des insurrections. Echange avec une battante qui a su imprimer sa marque dans le parti du « soleil levant ».


« Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre d’années », dit un adage. Cette maxime illustre bien la vie et le combat de Rasmata Compaoré. A 32 ans, la jeune mère de deux enfants, est celle qui va désormais diriger la mairie de l’arrondissement n°12 de la ville de Ouagadougou.

Suite aux nombreuses vagues de démission des militants de l’ex parti au pouvoir CDP, RasmataCompaoré est très vite enchantée par le programme du nouveau parti qui venait de naître, le MPP. Ainsi, elle s’embarque dans le parti des « RSS ». « J’étais tout le temps avec les camarades. J’ai été présente sur tous les fronts de combat en passant par le remplissage recto-verso des stades. Je mobilisais les femmes pour la bonne cause », se souvient-elle.

Militante de première heure et présidente des femmes du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) du secteur n°53, la nouvelle élue veut donner un autre visage à l’arrondissement n°12.

A peine élue, Rasmata Nadembega pense déjà à la résolution des difficultés auxquelles sont confrontées les populations de son arrondissement. « Mes ambitions premières pour notre arrondissement, c’est de résoudre les questions d’infrastructures sanitaires et éducatives sans oublier la voirie », indique-t-elle.

Selon le nouveau maire, les maternités sont en souffrance, les CSPS manquent du moindre matériel nécessaire. Il faut obligatoirement résoudre ces questions, dit-t-elle car c’est l’une des priorités inscrites dans ses promesses de campagne.

Le nouveau bourgmestre, qui a une expérience dans le domaine du développement local, veut mettre ses connaissances au service des populations de son arrondissement. En effet après l’obtention de son baccalauréat série G2, elle a d’abord étudié la sociologie puis la gestion commerciale et marketing avant de se spécialiser dans la gestion des projets.

La jeune maire se réjouit du fait qu’elle n’aura pas à gérer les questions de lotissement tout comme les autres maires, puisse que le président de l’assemblée nationale a fait savoir que la question foncière n’est plus du ressort des maires. En effet pour elle, cela permettra aux maires de se concentrer sur les problèmes d’infrastructures et autres questions de développement de leur arrondissement.

A propos des violences observées autour de l’élection de certains maires, la jeune dame se dit profondément attristée. Tout en ayant une pensée pour les femmes endeuillés ou affectées, elle a appelé les acteurs à mettre au-dessus de tout, l’intérêt supérieur de leur commune.

       Gervais Nadembega, un soutien de taille pour le nouveau maire

Si la jeune politicienne a très vite gravi les échelons pour se hisser à la tête de l’un des arrondissements les plus convoités de la capitale burkinabè, c’est grâce au soutien sans faille de Gervais Nadembega, son époux.

Un homme qui, dans l’ombre a su comme le fait savoir le nouveau maire, lui prodiguer de précieux conseils. « Mon époux m’a beaucoup soutenu. Il n’a hésité à aucun moment de m’encourager et je lui suis sincèrement reconnaissante », avoue-t-elle.

Pour Gervais Nadembèga, l’élection de son épouse n’est qu’un effort mérité. « Quand elle a décidé de s’intéresser à la politique, je n’ai pas hésité à la soutenir. Au contraire, je pense qu’il faut exhorter les femmes à s’intéresser davantage  à la chose politique», fait-il savoir.

                                                                                                                 Issa KARAMBIRI

                                                                                              Karambiri.issa@gmail.com

Le viol conjugal en débat à Bobo Dioulasso

 

Un homme peut-il faire l’amour sans le consentement de sa femme ? Une femme peut-elle faire la contraception sans le consentement de son mari ? Une femme peut-elle poursuivre son mari en justice ? Telles sont entre autres des questions qui ont suscité l’engouement du public au cours d’un panel organisé par le Réseau d’aide au planning familial (RAP) le 23 juin 2016 à l’institut français de Bobo-Dioulasso.

Animé par madame Nathalie Kaboré, animatrice en santé sexuelle et reproductive de l’association Maya, ce panel a connu la participation d’éminentes personnalités. Tour à tour, les panelistes ont donné leur avis. Pour certaines personnes, faire quelques choses contre son gré est une violence ou même un viol fait à la femme. Pour d’autres il est opportun que les comportements des femmes exhibitionnistes ou extravagantes changent. A ce propos, Drissa Gnamou, artiste-musicien, président de la fédération des associations pour la promotion de la recevabilité sociale, a fait un grand apport à cette rencontre en révélant ce que font les artistes pour le changement de comportement. Il a cité entre autres Black So Man dans une chanson où il est dit « tu peux encore revenir », question où un homme a donné à nouveau une chance à une copine qui a commis une erreur au cours de leur relation.

Les causes de la distorsion des relations conjugales sont nombreuses et ont été évoquées par Fatou Paré/Traoré, une psychologue. Elle a cité entre autres les mariages forcés, les problèmes psychologiques, problème de santé. Selon elle, « une femme violentée est semblable à une femme battue, sous-estimée, chosifiée, toutes chose qui peut engendrée des difficultés allant jusqu’à la mort de la femme. Quant à Tougma, magistrat, elle a situé les cliniques juridiques à Bobo-Dioulasso et à Ouagadougou où l’on peut donner des conseils aux femmes et relever leur moral, mais aussi recueillir éventuellement leurs plaintes.

« Pour l’instant, il existe une loi qui a été promulguée pour défendre le droit des femmes assorties des sanctions mais il n y a pas de textes d’application » a-t-elle déclaré. Il est bon de noter que ce changement n’est pas une chose aisée. Et les voies les plus privilégiées sont l’éducation et la sensibilisation. A en croire le modérateur Kaboré, des actions de sensibilisations ont déjà été menées au secteur 21 de Bobo, à Toussiana et en beaucoup d’autres endroits.

                                                                           Emmanuel Sombié


De la drogue dans nos écoles

De plus en plus, la consommation de stupéfiants est observée chez les jeunes .Il n’est point rare de retrouver de la drogue aux abords des écoles. En la faveur de la journée internationale de lutte contre la drogue célébrée ce dimanche 26 juin 2016, une importante quantité de drogue a été incinérée à Ouagadougou.

La consommation de la drogue constitue un véritable fléau qui n’épargne aucune couche de notre société. Selon les statistiques du Comité national de lutte contre la drogue (CNLD), 123,332 tonnes de cannabis, 51,048 kilogrammes de cocaïne, 0,826 kilogramme d’héroïne ainsi que 36,173 tonnes de médicaments de la rue ont été saisis par les services de détection et de répression, ces trois dernières années au Burkina Faso.


La drogue est bien présente dans les établissements scolaires secondaires et supérieurs. Elèves et étudiants s’adonnent librement à la drogue. 63 élèves et 13 étudiants ont été interpelés pour faits de drogue, au premier trimestre de l’année 2016. Il est ainsi clair que la drogue est aujourd’hui à la porte de nos écoles.

C’est dans une dynamique de s’attaquer efficacement au fléau que la 27e édition de la journée internationale de lutte contre l'abus et le trafic illicite des drogues a été commémorée sous le thème : «La problématique de la   drogue en milieu scolaire : quelles stratégies de lutte pour une meilleure prévention ».

Un thème qui vient en appel à la responsabilité individuelle et collective et interpelle tout le monde sur la nécessité d’une prise de conscience et d’une synergie d’actions afin d’enrayer ce phénomène dans notre société.

 

Dans son message le gouvernement Burkinabé a indiqué qu’un accent particulier sera mis sur la sensibilisation au regard de l’usage et l’abus des drogues dans les établissements scolaires, sous la direction du Comité National de lutte contre la Drogue en partenariat avec la société civile, afin d’interpeller la jeunesse sur les conséquences néfastes de la drogue tant sur le développement socio-économique que sur la santé.

 

une quantité importante de drogue saisie

Foi de, Simon COMPAORE, président du Comité National de lutte contre la Drogue, d’autres actions seront entreprises à l’endroit des parents et éducateurs pour qu’ensemble, ils puissent mettre un frein à ce phénomène dévastateur de la jeunesse, surtout scolaire. « Nous avons besoin de l’implication active des éducateurs et des parents et même des enfants » a-t-il indiqué.

 

La secrétaire permanent du CNLD dans la même lancée à souligner la nécessité de l’implication massive de tous les acteurs dans ce combat. « Nous demandons à tous, particulièrement aux parents , de nous aider à aider leurs enfants afin qu’ils s’éloignent de la drogue, nous envisageons assainir le milieu scolaire avant la rentrée des classes », a t’-elle indiqué avec détermination. .

Au cours de la célébration de cette journée internationale de lutte contre la drogue, des échantillons de quelques types de drogue ont été présentés à la presse. Il s’agit entre autre de « la cocaïne », de  « l’héroïne »,  de « la marijuana »  du « cannabis », du  « bleue bleue » « des médicaments de la rue » etc.

L’incinération d’une importante quantité de drogue soit 19,5tonnes, saisie entre juin 2015 et juin 2016 a marqué la fin de la cérémonie.

Lala Kaboré /Dera

deralala28@yahoo.fr

Le cléome: une plante aux vertus incommensurables

Le cléome, kenebdo en moré, kantchir en dagara ou winwin en dioula , connu sous le nom de chou africain est une plante alimentaire de grande importance au vu de ses différentes teneurs en vitamines et oligo-éléments et acides aminés. Il occupe une place importante dans le régime de base alimentaire au Burkina Faso, notamment dans le sud-ouest et l’Ouest.



Ces bienfaits sur la santé sont pourtant méconnus. En effet, le cléome est une plante nutritive par excellence. Elle renferme des acides aminées et différentes vitamines A et C, des oligo-éléments et des protéines, une huile volatile, des protéines et des polyphénols.
Dans certains milieux traditionnels, il est utilisé comme fébrifuges, vermifuges, rubéfiantes, antidouleur de l’oreille. Le cléome a également des vertus anti oxydantes et sert à soigner l’anémie, le rhumatisme, la diarrhée, les piqures de scorpions et morsures de serpents. Ce n’est pas tout cette plante soigne aussi le scorbut, élimine les vers parasitaires, et mis sous forme de bouillie avec du lait caillé est un repas recommandé pour les femmes durant la grossesse et l’allaitement.

Source : Description des plantes spontanées consommés au Sud-ouest du Burkina , SIBIRI, 2014

Qui est Rainatou Sawagogo le nouveau maire de l’arrondissement 3 ?

 

Quand elle franchissait les portes de cette même mairie comme secrétaire, bénévole, Rainatou Sawadogo n’imaginait sans doute pas qu’elle y sera un jour la première responsable. Et pourtant comme dans un film américain avec une fin heureuse, cette jeune femme de 34 ans , mère de trois enfants, est partie du plus bas niveau pour se voir portée à la tête l’arrondissement 3 de la ville de Ouagadougou. Rencontre avec une « lionne » au parcours exceptionnel…

Lorsque nous leur avons rendu visite ce lundi 21 juin à leur domicile à Tampuy, c’est une Rainatou rayonnante et un époux apparemment comblé et fier du parcours de sa moitié que nous avons rencontrés. L’ambiance de joie qui régnait dans cette famille modeste est suffisamment éloquente. La mairie que Rainatou Sawadogo épouse Ouédraogo aura à diriger l’a accueillie comme bénévole il y a à peine une dizaine d’année.

Titulaire d’un BAC G1, la nouvelle élue a été pendant 5 ans, bénévole dans cet arrondissement avant de se retrouver à la maternité de Bassinko et de Bissinghin au niveau du service de l’Etat civil. Elle a également servi au niveau de la mairie centrale de la ville de Ouagadougou comme opératrice de saisie entre 2008 à 2009. Depuis 2010, jusqu’ à ce jour, Rainatou était secrétaire à l’Ecole nationale des régies financières(ENAREF).

Son engagement en   politique remonte à 2009 ou après le forum sur l’alternance elle a été séduite par le programme politique de l’UPC nouvellement crée. C’est ainsi qu’elle devient secrétaire générale du partie dans l’arrondissement 3 et membre du bureau politique national. Et c’est tout naturellement qu’en 2012, elle est élue « conseillère » sous la bannière du parti « du lion » au niveau de arrondissement 3. Elle ne terminera pas son mandat suite à l’insurrection populaire.

       «  Nous avons fait des promesses aux populations que nous tenons à respecter »                                  

Convaincante et perspicace, Rainatou Ouédraogo est portée à la tête de la mairie grâce à une alliance entre son parti et le CDP. « On voulait la mairie, il fallait obligatoirement faire une alliance. Et là, nous sommes rentrés en contact avec le CDP qui était en bonne position après nous au niveau de l’arrondissement. Avec la collaboration du chef de file de l’opposition(CFOP), nous avons pu avoir la mairie », explique-t-elle.

Même si elle vient de loin, Rainatou n’a pas le temps de jubiler. Elle pense déjà aux défis à relever et aux chantiers qui l’attendent. « Pendant la campagne municipale, nous avons fait des promesses aux populations que nous tenons à les respecter » a-t-elle laissé entendre. Et d’ajouter ceci : « Aujourd’hui, si je suis devenue maire de cet arrondissement, c’est grâce à toute la confiance que la population a placée en moi. Je me dois de ne pas la trahir. Partant de là, je remercie la famille UPC et particulièrement mon époux et le président qui m’ont soutenu dans cette rude épreuve ».

Femme engagée, présente sur tous les fronts pour promouvoir et faire valoir les droits des humains et particulièrement ceux de la femme, le nouveau bourgmestre entend mettre sa riche expérience dans la gestion de la chose communale au service au service du bien-être de la population.

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                                                                                                                  Issa KARAMBIRI

                                                                                                 Karambiri.issa@gmail.com

 


Qui est Rainatou Sawagogo le nouveau maire de l’arrondissement 3 ?

Quand elle franchissait les portes de cette même mairie comme secrétaire, bénévole, Rainatou Sawadogo n’imaginait sans doute pas qu’elle y sera un jour la première responsable. Et pourtant comme dans un film américain avec une fin heureuse, cette jeune femme de 34 ans , mère de trois enfants, est partie du plus bas niveau pour se voir portée à la tête l’arrondissement 3 de la ville de Ouagadougou. Rencontre avec une « lionne » au parcours exceptionnel…

Lorsque nous leur avons rendu visite ce lundi 21 juin à leur domicile à Tampuy, c’est une Rainatou rayonnante et un époux apparemment comblé et fier du parcours de sa moitié que nous avons rencontrés. L’ambiance de joie qui régnait dans cette famille modeste est suffisamment éloquente. La mairie que Rainatou Sawadogo épouse Ouédraogo aura à diriger l’a accueillie comme bénévole il y a à peine une dizaine d’année. Titulaire d’un BAC G1, la nouvelle élue a été pendant 5 ans, bénévole dans cet arrondissement avant de se retrouver à la maternité de Bassinko et de Bissinghin au niveau du service de l’Etat civil. Elle a également servi au niveau de la mairie centrale de la ville de Ouagadougou comme opératrice de saisie entre 2008 à 2009. Depuis 2010, jusqu’ à ce jour, Rainatou était secrétaire à l’Ecole nationale des régies financières(ENAREF).

Son engagement en politique remonte à 2009 ou après le forum sur l’alternance elle a été séduite par le programme politique de l’UPC nouvellement crée. C’est ainsi qu’elle devient secrétaire générale du partie dans l’arrondissement 3 et membre du bureau politique national. Et c’est tout naturellement qu’en 2012, elle est élue « conseillère » sous la bannière du parti « du lion » au niveau de arrondissement 3. Elle ne terminera pas son mandat suite à l’insurrection populaire.

« Nous avons fait des promesses aux populations que nous tenons à respecter »

Convaincante et perspicace, Rainatou Ouédraogo est portée à la tête de la mairie grâce à une alliance entre son parti et le CDP. « On voulait la mairie, il fallait obligatoirement faire une alliance. Et là, nous sommes rentrés en contact avec le CDP qui était en bonne position après nous au niveau de l’arrondissement. Avec la collaboration du chef de file de l’opposition(CFOP), nous avons pu avoir la mairie », explique-t-elle. Même si elle vient de loin, Rainatou n’a pas le temps de jubiler. Elle pense déjà aux défis à relever et aux chantiers qui l’attendent. « Pendant la campagne municipale, nous avons fait des promesses aux populations que nous tenons à les respecter » a-t-elle laissé entendre. Et d’ajouter ceci : « Aujourd’hui, si je suis devenue maire de cet arrondissement, c’est grâce à toute la confiance que la population a placée en moi. Je me dois de ne pas la trahir. Partant de là, je remercie la famille UPC et particulièrement mon époux et le président qui m’ont soutenu dans cette rude épreuve ». Femme engagée, présente sur tous les fronts pour promouvoir et faire valoir les droits des humains et particulièrement ceux de la femme, le nouveaubourgmestre entend mettre sa riche expérience dans la gestion de la chose communale au service au service du bien-être de la population. 

 

  Issa KARAMBIRI

karambiri.issa@gmail.com


OGM : Un collectif demande à l’INERA de cesser toute activité avec Monsanto

Dans un mémorandum adressé à l’Institut national pour l’environnement et la recherche agricole (INERA), le Collectif citoyen pour l’agro écologie(CCAE) demande toute cessation d’activité avec la firme agrochimique Monsanto sous peine de trouver sur son chemin des gens déterminés à prendre leur responsabilité.

L’on se souvient de la marche organisée, le 23 mai 2015 à Ouagadougou où certains anti- organismes génétiquement modifiés (OGM) ont exprimé leur ras-le-bol contre la firme agrochimique Monsanto. Constatant le résultat improductif de la marche, le Collectif citoyen pour l’agro écologie (CCAE) dans ce mémorandum entend mobiliser « sa troupe » le 8 octobre prochain pour s’opposer aux OGM et à leurs promoteurs par une marche dans la capitale burkinabè.

« Nous interpellons l’INERA sur son rôle passé, présent et futur dans l’imposition des OGM à notre pays », précise le contenu du mémorandum. A en croire le CCAE, cette note ne vise pas à stigmatiser l’ensemble des chercheurs de l’INERA ni l’institut en tant que telle mais elle souhaite que l’INERA se prononce clairement sur ses futures orientations eu égard à la question des OGM.

                        Quelles responsabilités pour le fiasco du coton Bt ?

Selon le CCAE, le Burkina Faso s’est lancé dans la culture des OGM notamment le coton BollgardII (Bt) en 2001 en violation de la convention sur la biodiversité de 1992 et du protocole de Carthagène sur la biosécurité de 2000.

 Ces traités internationaux stipulent que les pays concernés doivent se munir d’un cadre législatif et prendre les plus grandes précautions avant de commencer la culture des OGM. Toute chose qui, selon le CCAE n’a pas été le cas dans le contexte du Burkina Faso.

« C’est très tardivement  que le Burkina Faso a fait ratifier par le parlement, en avril 2006, le régime de sécurité en biotechnologie sans connaître les enjeux et les risques pour notre agriculture, notre environnement et notre santé… »,  fait savoir le CCAE.

                  La complicité de l’INERA dénoncée

Au lieu d’attirer l’attention de l’opinion publique sur les effets pervers de la consommation des OGM, des chercheurs de l’INERA, selon le collectif, ont travaillé avec la firme Monsanto pour préparer les semences de coton Bt, défendre leurs avantages et garantir l’absence des risques auprès de l’opinion publique.

« Pire, des chercheurs ont consciemment menti à l’opinion publique, sous les injonctions de Monsanto qui finançait leurs travaux mais aussi leur silence », laisse entendre les pourfendeurs  des OGM et d’affirmer leur regret quant au non-respect du rôle de l’INERA qui était de travailler à ce que la diffusion des organismes génétiquement modifiés fasse l’objet d’une véritable étude d’impact et soit soumis au contrôle de scientifiques indépendants.

Aussi, le CCAE a prévenu l’institut en charge de la recherche agricole que l’introduction de maïs OGM, de niébé Bt et de sorgho biofortifié possédant des gènes dits terminator (interdit en Europe depuis 1998) serait une catastrophe sanitaire, économique et environnementale pour le pays.

Pour le Collectif des citoyens pour l’agro écologie, l’introduction des OGM engendre autant de problèmes sur le plan sanitaire, environnemental, économique, c’est pourquoi il exige à travers ce mémorandum, un moratoire sur l’importation, la dissémination et la production des OGM au Burkina Faso pendant une période de 10ans.

Le CCAE  appelle donc l’ INERA a cessé sa collaboration avec Monsanto dès à présent et à se joindre à leur revendication.

 

Issa KARAMBIRI


La vente de cigarettes en détail bientôt interdite

Nonobstant les nombreux efforts entrepris pour lutter contre la consommation du tabac, le phénomène semble prendre de l’ampleur au Burkina Faso. A la faveur de la journée internationale contre le tabac, nous avons rencontré le Dr Georges Ouédraogo, pneumologue au Centre Hospitalier Universitaire(CHU) Yalagado Ouédraogo. Selon ce dernier le fléau gagne de plus de terrain dans la frange jeune de la population.


Selon le Dr Georges Ouédraogo, une enquête réalisée en 2013 au Burkina Faso a indiqué que le taux de prévalence  du tabagisme était de 19,8%. Cela, ajoute-il, concerne la consommation de toute forme de tabac. (Fumé, chiqué…). Quant au tabac fumé (la cigarette), à lui seul, le taux de prévalence était de plus de 11%. Cette enquête a fait savoir que les hommes s’adonnaient plus à la consommation du tabac que les femmes. Ces dernières s’intéressaient davantage au tabac chiqué.

Par ailleurs, a indiqué Dr Georges Ouédraogo, ce qui est de plus en plus inquiétant, c’est la consommation du tabac par les enfants. Laquelle consommation les pousse à prendre d’autres drogues qui sont illicites. Et pire  les jeunes filles jadis épargnée,  s’inscrivent désormais dans cette logique. Le tabagisme constitue leur porte d’entrée vers la  consommation de la drogue.

Les jeunes filles  embarquées

Les raisons qui amènent les individus à fumer la cigarette ou à chiquer le tabac sont diverses. A en croire le médecin Ouédraogo, les motifs varient d’une personne à une autre. Mais, une chose est certaine, chacun trouve une explication qu’il croit normale.

Tout d’abord, poursuit-il, il y a le mimétisme. « La plupart des gens ont commencé à fumer en voulant faire comme les autres. Ressembler à son idole ou une star. Fumer est perçu comme une affirmation de soi. Fumer c’est se conformer à la mode pour les uns et pour les autres c’est pour oublier les soucis ».Mais en  réalité c’est une illusion car précise le  pneumologue, le tabac n’offre que des dégâts aux fumeurs car il n’y a vraiment pas d’avantage dans la cigarette. Or, fait-il remarqué, s’il est facile de commencer de fumer il est très difficile de s’en sortir parce qu’on devient dépendant.

La riposte du gouvernement

Sur le plan légal, Dr Georges Ouédraogo avoue que plusieurs moyens sont mis en œuvre pour sensibiliser les consommateurs sur les effets pervers du tabac.

 Par exemple la loi 040 adoptée en novembre 2010 consacre des espaces non-fumeurs comme l’aéroport, les écoles, les lieux de rassemblement, les hôpitaux pour protéger les non-fumeurs. Toujours de la cadre de la lutte contre le tabac, les fabricants  seront désormais obliger de coller sur les paquets de cigarette, les images illustrant le danger du tabac sur la santé afin de dissuader les éventuels fumeurs. Une autre  loi en cours d’adoption  prévoit également l’interdiction de la vente de la cigarette en détail ». Toute chose qui permettra d’écarter un bon de personnes dont les jeunes ayant un pouvoir d’achat modeste.

« Également au niveau de l’hôpital Yalgadogo Ouédraogo nous assistons les fumeurs qui veulent de se débarrasser de la cigarette et nous donnons des conseils allant dans le sens de leur libération », rassure-t-il.

Pourquoi, le phénomène persiste-il ?

Plusieurs raisons, selon le pneumologue peuvent être évoquées pour justifier la persistance du fléau voir son extension à la frange jeune. Pour lui, le changement de comportement et de mentalité est un processus de longue haleine. « Il faut batailler dur et même très pour espérer voir un changement positif. Nous continuons la lutte tout en espérant qu’un jour ça va aller», affirme-t-il.

Aussi, a-t-il fait cas des grands enjeux  économiques cachés derrière  le phénomène de la consommation du tabac. « Ceux qui investissent dans le tabac c’est pour se faire de l’argent c’est-à-dire les vendeurs comme les fabricants. Il y a ce côté commercial qui est très importance dans la persistance du phénomène », souligne Georges Ouédraogo.

 

Issa KARAMBIRI