Alors que les organisations paysannes les attendaient dûment pour un échange sur le financement de l’agriculture familiale, aucun parlementaire n’a daigné se présenter à cette rencontre du 16 octobre 2017. Ladite concertation s’inscrit dans le cadre de la campagne ‘’cultivons’’ initiée par OXFAM-Burkina et ses partenaires.

Les femmes rurales sont un maillon essentiel de la production et de la transformation agricole au Burkina Faso. Mais, l’agriculture familiale souffre de mesures d’accompagnement et de ressources financières. Selon l’organisation mondiale pour l’agriculture (FAO), « les femmes agricultrices représentent en moyenne 43% de la main d’œuvre agricole et produisent 20 à 30% de moins que les hommes, car elles sont souvent confrontées à des obstacles pour accéder aux intrants agricoles, aux marchés, à l’assistance technique, aux services de vulgarisation et aux financements. ». En comblant ce fossé, dit la FAO, il serait possible d’augmenter les rendements agricoles et de réduire la sous-alimentation dans le monde de 17%.

 « Malgré notre volonté, nous sommes freinées dans notre élan par des politiques et des pratiques qui ne favorisent pas toujours notre prise en compte dans la construction d’un Burkina ‘’sans faim’’, auquel nous aspirons tous », a souligné  la présidente des femmes rurales, Colette Nana, dans son message.

Elle poursuit en affirmant que les femmes rurales sont limitées par l’insuffisance des ressources allouées au secteur agricole et parfois par leur utilisation qui ne permet pas d’avoir toujours un impact optimum. En témoigne la faiblesse du taux d’exécution du budget agricole du Burkina en 2016 qui est d’environ 70%.

Une agriculture familiale qui titille

Ambitionnées, les agricultrices sont-elles, mais les contraintes liées au secteur agricole ne sont pas à négliger : l’accès sécurisée à la terre pour produire, l’insuffisance d’intrants et de matériels de production et de transformation, l’insuffisance de la formation, le manque d’encadrement, le manque d’accès au crédit etc. Des facteurs qui, selon les organisations paysannes ne permettent pas une exploitation à fond de leur potentiel.
« L’insuffisance du respect de la politique genre fait de nous, les principales défavorisées de la gouvernance actuelle », déplore Colette Nana.

Colette Nana, Présidente des femmes rurales

Ce cri donc des associations paysannes envers les législateurs, vise une prise en compte des femmes dans les politiques et l’opérationnalisation des politiques publiques du Burkina Faso. En exemple les dix mesures soumis au Gouvernement en 2015, en faveur des femmes rurales pour bâtir un ‘’Burkina sans faim’’ qui attendent toujours satisfaction.

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Pour Juliette Compaoré du secrétariat permanent des ONG : « les femmes rurales veulent voir voter et suivre l’application de lois favorables à l’accès à la terre, aux moyens de production et à la gestion des ressources par les femmes rurales, principales actrices du développement ».

L’implication des parlementaires, telle que souhaitent les organisations paysannes vise entre autres le respect au mieux de la politique du genre dans l’accès au crédit agricole, à la formation technique et à l’encadrement, le respect de la budgétisation genre sensible, l’accès des femmes à la terre et aux moyens de production comme les équipements agricoles et post-récoltes, l’allocation de ressources spécifiques aux femmes etc.

                                                                                                                                               Assétou Maïga

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