Burkina Faso : Selon une étude, la Côte d’ivoire n’est plus l’Eldorado d’Antan

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Ce 04 mars 2022, l’institut supérieur des sciences de la population (ISSP) a dévoilé les résultats d’une étude sur les migrations, financée par United Kingdom Research and Innovation, dans le cadre du projet « Migration pour le développement et l’égalité (MIDEQ). L’équipe du Burkina Faso, a travaillé sur le corridor Burkina Faso-Côte d’Ivoire, Selon les résultats de cette la Côte d’ivoire n’est plus l’Eldorado d’Antan.

La moitié des burkinabè qui ont migré en Côte d’Ivoire ne transfert pas d’argent au Pays. Par contre, on assiste de plus en plus à un flux dans l’autre sens. En effet, selon les nouvelles tendances qui se dessinent il ressort que des individus de la diaspora reviennent au Burkina Faso, y trouvent du travail et transfèrent de l’argent à leurs parents restés en Côte d’Ivoire.  Une autre tendance est celle des parents qui migrent tout en laissant leurs enfants au Burkina Faso. Bon nombre d’entre eux ont la chance d’être scolarisé. Cependant, la continuité de l’éducation reste un problème. A en croire Dr Hubert Dabiré, une étude de la BCEAO faite en 2013 montre que ce flux est d’un soutien fondamental à beaucoup de ménages.

Dr Hubert Bonayiré Dabiré

Selon les résultats de l’étude sur les migrations, 62,5% des ménages ruraux pensent que la migration améliore la situation des ménages. 44,7% des ménages en milieu urbain apprécient positivement la migration. Cependant, 6,8% des ménages estiment que migrer en Côte d’Ivoire empire la situation économique des ménages.

68,4% des ménages avec expérience migratoire pensent que la migration améliore leurs conditions de vie contre 60% des ménages sans expérience. Dans 34,6% des ménages, des non migrants satisfaits de leur condition de vie au Burkina Faso disent ne pas vouloir migrer car ils gagnent assez au Burkina. 44,1% des migrants de retour envisagent de repartir, 8,8% sont indécis et 47,1% n’envisagent plus repartir.

           

Un taux d’interruption scolaire plus élevé chez les enfants des femmes migrantes

Selon Dr Gabriel Sangli, (en traditionnel) Géographe Démographe, Enseignant Chercheur, parmi 3841 ménages enregistrés, 3012 ménages soit 78,4% ont au moins un enfant âgé de 5 à 17ans dont 60% avec expérience migratoire et 40% sans expérience migratoire. Au total, 8518 enfants ont été identifiés.

 En ce qui concerne le phénomène « enfants left behind » ou  » des laissés pour compte », entendez par là, les enfants dont le père ou la mère est en migration, 51,7% sont des garçons contre 48,3% de filles. Toutefois, chez ceux dont la mère est en migration, le niveau d’interruption scolaire est le plus élevé soit 18,9% contre 5,2% lorsque les deux parents sont en migration et 4,8% lorsque c’est le père qui est en migration. En outre, les filles left behind qui ont un volume horaire de travail compris entre 1 et 14h dépassent les garçons soit respectivement 78,8% contre 40%.

Aux dires de Dr Mouoboum Marc Meda (Chemise blanche), 83,7% des ménages pensent que la migration féminine autonome ou femme qui migre seule est mauvaise contre seulement 7,6% qui l’approuvent. Dans la même dynamique, 89,8% trouvent que la migration des hommes vers la Côte d’Ivoire est une bonne chose contre 6% qui la désapprouvent.

   Quant à Dr Tebkieta Alexandra Tapsoba, Enseignant Chercheur, elle a fait savoir que les principaux destinataires des transferts d’argent sont prioritairement le père 43,18%, le frère 28,8%, la mère et l’époux (se) 13,7%.

Le projet « Migration pour le développement et l’égalité (MIDEQ), financé par la Grande Bretagne est un projet dont l’objectif est de comprendre les relations entre les migrations et les inégalités entre les pays du Sud. Ce projet dans lequel sont impliqués 12 pays prend en compte les couloirs Burkina Faso – Côte d’Ivoire, Népal – Malaisie, Brésil-Haïti, Égypte-Jordanie, Ghana-Chine…. 

Cette initiative d’une durée de 4 ans a porté uniquement sur les régions du Sud-Ouest, du Centre-Ouest, du Centre-Est, du Plateau Central, de la ville de Ouagadougou et de Bobo- Dioulasso. La région de l’Est marquée par l’insécurité n’a pas fait l’objet de recherche. L’enquête réalisée sur 3841 ménages s’est tenue du 25 octobre au 26 novembre 2020.

La rédaction

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