Burkina Faso : le mariage précoce, une pratique qui prive les filles de leur droit

Le mariage précoce est une pratique répandue dans toutes les régions du Burkina Faso. Les jeunes filles qui sont confrontées à ce phénomène sont souvent exposées aux violences domestiques et aux infections sexuellement transmissibles.

Le Burkina Faso fait partie des dix pays en Afrique les plus affectés par le mariage d’enfants. Les jeunes filles mariées ou qui vivent en union libre avant l’âge de 18 ans au Burkina Faso est de 8%. C’est ce que révèle le cinquième recensement général de la population de 2019.  La même source indique que la proportion des filles mariées âgées de 12 à 14 ans est de 1,5% et celles qui vivent en union libre sont de 0,4%. En 2019, 26,6% de filles dont l’âge est compris entre 15 et 19ans sont mariées et 1,3 vivent en union libre.

Le mariage précoce est un phénomène récurrent dans presque toutes les régions du Burkina Faso. Selon une étude réalisée par le fonds des nations unies pour l’enfance (UNFPA) en septembre 2016 sur le mariage précoce dans la boucle du Mouhoun, il ressort que 10% des femmes se sont mariées avant l’âge de 15 ans et 52% d’entre elles se sont mariées avant 18 ans. L’étude a aussi démontré que toutes les régions du Burkina sont concernées par ce phénomène mais toutes à des degrés différents. 51% de filles vivant en milieu rural dont l’âge est compris entre 15 et 17 ans étaient mariées au sahel, contre 25% au sud-ouest, 24% à l’est, 22% dans la boucle du Mouhoun et 21%  dans la région des cascades.

Ce phénomène est dû à de nombreux facteurs tels que la religion, les traditions, la pauvreté, l’honneur de la famille. En effet, certaines familles accablées par la pauvreté ou la tradition  n’hésitent pas à donner leurs filles en mariage avant l’âge requis qui est de 18ans. Parfois, l’honneur de la famille est aussi lié à la virginité de la fille.

Le mariage précoce n’est pas sans conséquences sur la vie des jeunes filles. Il prive les filles de leur droit surtout en ce qui concerne leurs propres choix. Ce phénomène expose également les filles au risque de grossesse précoce, à la violence domestique et aux infections sexuellement transmissibles. Il réduit également leurs accès à l’éducation et à l’emploi entraînant souvent des suicides.

Bien que la lutte contre le mariage précoce ait débuté depuis longtemps et que de nombreuses actions sont menées dans ce sens, le phénomène persiste. L’éducation a démontré qu’elle était    une arme très efficace  contre le fléau. Malheureusement, elle aussi est mise à rude épreuve à cause de la situation d’insécurité que traverse le Burkina Faso.

Nafissatou Zangré

Crédit photo: unicef

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