Réfléchir sur les meilleures stratégies pour booster le maraichage biologique au Burkina Faso, c’est l’objet de l’atelier organisé par le laboratoire de chimie analytique, environnementale et bio-organique. C’était le mercredi 10 juillet 2019 à la salle de technopole de l’Université Joseph Ki-Zerbo.

Initié par le laboratoire de chimie analytique, environnementale et bio-organique (LCAEBIO) en synergie avec ses partenaires, le projet de conception d’une micro-bioraffinerie pour la pratique durable du maraichage a été présenté aux professionnels du domaine. Ce projet vise à produire des bio-intrants à partir de plantes locales. Selon les porteurs du projet, l’usage de pesticide chimique dans l’agriculture est la cause de plusieurs problèmes environnementaux et de santé publique. Le traitement des cultures avec des produits d’origine naturelle nommés bio-pesticides sont donc une alternative de sauvegarde de la santé publique et une méthode plus respectueuse de l’environnement.

Les porteurs du projet

« Partout dans le monde, l’agriculture biologique connaîtrait un développement important si des intrants agricoles efficaces et compatibles avec ce mode d’agriculture devenaient disponibles à moindre coût », estime le Pr Yvonne Bonzi/Coulibaly, chimiste. Le choix de l’étude a été porté sur le cympobogon citratus (la citronnelle) et l’eucalyptus camaldulensis (l’eucalyptus) pour leurs potentialités bio-pesticides.  Afin d’assurer la qualité des produits, des techniques d’analyses chimiques, simples et robustes, seront développées et implémentées localement au sein de l’université de Ouagadougou. Ces protocoles seront validés en Belgique par des analyses chimiques de pointe.

Le Pr Yvonne Bonzi/Coulibaly et ses collaborateurs adapteront la recherche aux besoins locaux pour une pratique durable du maraîchage qui reste une importante activité génératrice de revenus au Burkina Faso. Le premier prototype du projet sera implanté sur le site de maraichage des femmes de l’association la saisonnière. « Il est prévu de former les femmes sur l’utilisation des bio-pesticides. », affirme le Pr Bonzi/Coulibaly.

Une vue des participants

Dans une phase de développement, les formulations seront produites par ces travailleuses et testées sur leurs parcelles. A l’issue du projet, lorsque l’ensemble des protocoles auront été éprouvés, la micro-bioraffinerie, pourra produire quantitativement les formulations nécessaires aux besoins de l’association, mais aussi pour la vente aux autres maraîchers. « Nous allons créer des pépinières pour préserver les ressources parce que si on utilise un arbre, il faut songer à le remplacer. » promet Sophie Sedogo/Hema, présidente de l’association la saisonnière.

En rappel, le projet de conception d’une micro-bioraffinerie résulte de la collaboration entre l’Université de Mons, l’Université Joseph KI ZERBO, Université Libre de Bruxelles et le Programme de coopération belge de l’ARES-CCD. Il débutera en 2020.

Faridah DICKO

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