Awra amba, le village éthiopien où la femme est l’égale de l’homme

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Il existe un village en Afrique où la femme est l’égale de l’homme. Destination Awra Amba, un village éthiopien peuplé d’à peine quelques centaines d’âmes où toutes cohabitent sans aucune discrimination.

Le village éthiopien d’Awra Amba est une communauté de la région amhara, fortement unie par une culture et des idéaux, qui compte près de 450 personnes. Vivre dans cette localité amène à partager et défendre des valeurs telles que l’honnêteté, la solidarité, le travail, l’école ou encore l’égalité et notamment l’égalité entre les sexes.

on retrouve le mode de fonctionnement d’Awra Amba dans d’autres villages ou communautés fermés africains qui ont existé ou qui existent aujourd’hui encore comme les Mozabites, les Chaouis ou encore les Touaregs en Algérie. il s’agit de sociétés autonomes ou de sociétés qui se sont volontairement isolées de leur communauté d’origine à l’instar d’Awra Amba qui s’est construite en opposition avec sa société d’origine tout en continuant à en faire partie.

Awra Amba, c’est aussi et surtout un village qui aime les femmes. même si la place de la femme, dans la culture traditionnelle amhara, est d’être à la maison pour servir son mari et s’occuper des enfants, la situation est radicalement différente à Awra Amba. La communauté s’est construite sur le refus de l’autorité patriarcale des hommes et la soumission des femmes.

D’ailleurs, l’article 5 de la charte qui régit la communauté indique que les fonctions et responsabilités ne doivent pas être basées sur le sexe mais doivent être assignées en fonction des capacités de chacun. Ainsi, hommes et femmes se partagent les tâches ménagères et les autres activités traditionnellement féminines. Ils se dispatchent aussi le travail extérieur et plus généralement toutes les tâches traditionnellement masculines. Aucun n’a autorité sur l’autre et les décisions sont prises ensemble.

À Awra Amba, le mariage précoce est interdit tout comme les mutilations génitales féminines et le partage des épouses l’est aussi.

Enfin, les enfants sont respectés dans leurs corps : pas de châtiments corporels ou sévères, pas de rites d’initiation, pas d’insulte pou d’injure, pas d’humiliation en public.

Les principes de cette communauté n’ont pas été posés par des féministes mais par Zumra Nuru, un paysan. « Enfant, j’étais furieux de ce que je voyais autour de moi, raconte-t-il. Je trouvais injuste que ma mère aide mon père aux semailles et à la récolte, alors qu’il ne lui rendait jamais la pareille à la maison. Je me suis juré, adulte, de changer les choses ».

C’est ainsi qu’en 1972, alors âgé de 30 ans, Zumra Nuru parvient à convaincre une poignée d’hommes et de femmes de fonder une communauté sur de nouvelles valeurs qui sont celles que connaît aujourd’hui le village d’Awra Amba.

Source : amina-mag.com, afriquefemme

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