Awa Ouédraogo, une pionnière dans la transformation des déchets

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La propreté de la ville de Ouagadougou n’est pas seulement l’affaire des autorités communales. En effet, plusieurs associations interviennent dans le domaine en procédant à la collecte des ordures ménagères. C’est le cas de l’Association Rata Mengré créée par Awa Ouédraogo. Outre la collecte des ordures ménagères, cette association collecte et transforme les excrétas humains en engrais utilisable dans le domaine de l’agriculture.

La propreté de la ville de Ouagadougou n’est pas seulement l’affaire des autorités communales. En effet, plusieurs associations interviennent dans le domaine en procédant à la collecte des ordures ménagères. C’est le cas de l’Association Rata Mengré créée par Awa Ouédraogo. Outre la collecte des ordures ménagères, cette association collecte et transforme les excrétas humains en engrais utilisable dans le domaine de l’agriculture.

Awa Ouédraogo a vu le jour le 18 septembre 1956 à Safané d’une famille polygame. Après l’obtention de son Certificat d’Etude primaire, (CEP) Awa Ouédraogo, entre à l’Ecole nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM) où elle apprend pendant deux ans la dactylographie. Elle bénéficiera par la suite d’une formation sur l’utilisation du télex à France-câble pour le compte de l’Office national des Télécommunications (ONATEL). Avec ces diplômes en poche, Awa Ouédraogo décroche sans mal un emploi de télextiste à la Banque Nationale du Développement du Burkina (BNDB) en 1980. Elle y restera jusqu’en 1994, année à la quelle cet établissement financier met la clé sous le paillasson. Se retrouvant alors au chômage, Awa Ouédraogo ne se décourage pas. Loin de là. Elle entend continuer à gagner sa vie et aider son époux et ses six enfants qu’elle affectionne. C’est ainsi qu’elle décide de se lancer dans le petit commerce, activité qu’elle va exercer jusqu’en 2000. Cette année marque un tournant décisif dans sa vie car, c’est l’année ou elle qu’elle crée l’Association Rata Mengré, sur les conseils de Zénabou Drabo, alors maire de l’arrondissement de Bogodogo. A ses début, cette association regroupant des femmes qui ont peu de ressources financières et illettrées pour la plupart, résidente dans à Bogodogo avait pour mission la sensibilisation des populations dans les domaines de l’hygiène et de l’assainissement de leur cadre de vie.

En droite ligne avec sa mission, l’Association Rata Mengré mène plusieurs campagnes de sensibilisation de 2000 à 2006 sur les maladies diarrhéiques et les médicaments de la rue. En vue d’être indépendante financièrement, Awa Ouédraogo et ses sœurs décident de diversifier les activités de leur structure. Cette diversification se traduit par la transformation des produits locaux et la collecte des ordures ménagères.

En 2008, grâce aux multiples expériences acquises et à la combativité de sa fondatrice, l’association de Awa Ouédraogo est retenue par la commune de Ouagadougou pour participer au projet pilote de collecte et de transformation des excrétas humains initié par le CREPA. Cette phase expérimentale ayant pris fin en 2010, Awa Ouédraogo mène un plaidoyer auprès du conseil municipal de la ville de Ouagadougou qui décide de l’accompagner, à travers la prise en charge des salaires des femmes colleteuses. Cet accompagnement se fera jusqu’en 2013. La même année, et plus précisément au mois de mars, le plaidoyer de Awa Ouédraogo porte à nouveau ses fruits. Action Contre la Faim (ACF) décide à son tour de soutenir l’Association Rata Mengré pour la collecte et la transformation des excrétas humains. Awa Ouédraogo se bat au quotidien pour l’épanouissement et l’autonomie financière des femmes de son association ainsi que pour la pérennisation de sa structure.

Cette mère de six enfants très pieuse aime la prière, la franchise et le travail bien fait. A la question de savoir ce qu’elle déteste, Awa Ouédraogo répond sans détour  : «  je déteste les personnes louches, celles qui s’ingèrent dans la vie privée d’autrui, les paresseux ainsi que les critiques qui ne sont pas constructives, qui ne vous permettent pas d’avancer».

A 59 ans et malgré les difficultés auxquelles elle doit faire face chaque jour, Awa Ouédraogo a toujours le sourire et garde espoir. Elle a foi en l’avenir et souhaite que des jeunes s’intéresse à cette activité de collecte et de transformation des excrétas humains car la majorité des femmes colleteuses sont d’un certain âge.

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