Une fois de plus, Ouagadougou, la capitale burkinabè a été frappée par les terroristes. L’État-major général des Armées et l’Ambassade de France ont été leurs cibles. En pleine journée, l’attaque de ce vendredi 02 mars 2018, causant des morts et de nombreux blessés restera une marque dans l’histoire du Burkina. Les autorités burkinabè affichent leur détermination à retrouver les coupables.

Comme à l’accoutumée, chacun vaquait tranquillement à ses occupations sans nullement se soucier qu’une frappe se préparait à l’horizon. Des citadins qui étaient loin de s’imaginer qu’ils allaient vivre la terreur dans les instants qui suivent. Si certains se disent avoir eu la chance, d’autres malheureusement se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment et ont été victimes de cette attaque. Selon le ministre de la sécurité, Clément Sawadogo, 8 morts du côté des forces de défense et de sécurité ont été enregistrés, 80 blessés dont 3 sont en état grave. Du côté des assaillants, 8 ont été abattus.

Après les tristes évènements des hôtels et des restaurants (Hôtels splendide, Capuccino, Tai brousse, Aziz Istanbul), ce sont ces deux grandes institutions de taille importante, l’État-major général des Armées et l’Ambassade de France qui ont été visées cette fois-ci par les terroristes. C’est une psychose générale et un traumatisme au niveau de la population, qui, une fois de plus est surprise par des assaillants.

C’est le cas de cette femme dit avoir frôlé la mort de justesse. Avec émotion, elle revit ces instants d’affolement. « Je suis partie pour une exposition à la place de la nation, il y a le festival Afrique Pagba qui commence aujourd’hui jusqu’au 9 mars prochain. Ce n’est que ce matin que je suis allée pour identifier le stand. Du coup, je me réjouissais. Tout d’un coup j’ai entendu un bruit de tir et j’ai demandé à un monsieur qui était à côté de moi, s’il s’agissait de coup de tirs à une pareille heure à Ouagadougou. Celui-ci me répond par la négative. Quelques secondes après, on entend un grand bruit ‘’boom’’, et là on a compris. Du coup, le monsieur s’est mis à terre. Moi, j’ai commencé à ramasser mes effets pour tout mettre dans la voiture. J’ai failli faire tomber des stands. J’ai laissé certains de mes effets car je n’avais pas le choix. J’allais y rester si j’osais tout prendre. C’était la panique, tout le monde courait dans tous les sens, chacun se cherchait. J’ai vraiment cru que tout était fini pour moi. C’était la terreur, C’était terrible, horrible. Il y a même une femme qui est tombée au milieu de la voie avec sa moto, au milieu de cette foule. J’ai frôlé la mort de justesse. Je rends grâce à Dieu pour avoir eu la vie sauve ».

Quant à ce monsieur, il dit remercier son collègue de travail qui l’a mis en retard. « Si je n’avais pas accusé ce retard de 15mns, j’allais malheureusement faire partie des victimes », avoue-t-il tout perdu.

Le gouvernement burkinabè, convaincu de l’urgence de la lutte contre le terrorisme appelle la population à s’y engager à travers la collaboration avec les forces de l’ordre. En entendant les résultats de l’enquête diligentée par le parquet, c’est une tristesse profonde et générale chez les Burkinabè au regard de la perte en vie humaine. Le moins que l’on puisse faire pour l’instant, c’est de traduire toute notre compassion à toutes ces familles endeuillées et à toutes ces personnes blessées.

Assétou Maiga

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