L’Assemblée Nationale a adopté ce vendredi 21 juin 2019 le projet de modification de la loi N 025-2018/AN du 31 mai 2018 portant code pénal. Sur  114 votants  au total, 103 ont votés pour , 7 contre. Ce code pénal  est jugé « liberticide » par des OSC et des organisations professionnelles des médias.

Longtemps annoncée, la modification du Code pénal prend enfin forme. Les députés ont entériné le projet de loi portant révision du Code pénal, adopté en Conseil de ministres le 6 juin 2019.  Plus de publication en direct ou en différé des images, sons ou informations en matière de terrorisme sans autorisation préalable.  Les organisations professionnelles des journalistes et celles de défense des droits humains perçoivent en cela une restriction de la liberté d’expression et la liberté de presse.

« le gouvernement n’a pas l’obligation d’avoir le consensus sur un projet de loi avant de demander son adoption au parlement »

Ce projet viserait à contrôler la diffusion de toute information liée aux attaques terroristes au Burkina sur tous les supports, télé, radio, journal et internet. Certains articles du projet de loi interdisent tout simplement la diffusion d’informations ou images des sites en cas d’attaques terroristes.

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Béssolé René Bagoro, Ministre de la Justice, Garde des sceaux

René Bessolé Bagoro, ministre de la justice, a indiqué  que le gouvernement n’a pas l’obligation d’avoir le consensus sur un projet de loi avant de demander son adoption au parlement. Ainsi, ce projet de loi concerne les affaires du fond. Le chef d’État-major général des armées prendra des mesures pour renseigner la présence des hommes de médias au front, afin que les publications ne contribuent pas à saper le moral des soldats, précise t-il.

« au sein du gouvernement, il y a des spécialistes des droits humains qui apprécient l’opportunité de la loi…. les ONG n’ont pas de vocation à dicter les lois au gouvernement »

Il poursuit que, cette loi ne saurait perturber le professionnalisme des médias, mais contribuerait à sanctionner les fautifs. A en croire, René Bagoro, au sein du gouvernement, il y a des spécialistes des droits humains qui apprécient l’opportunité de la loi. A cet effet, il a relevé que les ONG n’ont pas de vocation à dicter les lois au gouvernement’.

Selon toujours le ministre Bagoro, cette loi va permettre d’engager des poursuites à l’encontre des gens qui démobilisent les troupes et la violation des règles en matière de secret de défense.

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Des députés de l’opposition notamment de l’UPC, qualifiés de ridicule par le député Dr Bindi Ouoba du MPP, après avoir demandé le retrait ou la suspension du projet de loi, se sont retirés de la salle de la plénière. Pour eux, le temple de la démocratie ne peut pas servir de violence verbale.

Après l’affrontement verbal entre les députés, Alassane Bala sakandé les a invité à la camaraderie.

                                                 Aminata GANSONRE

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