Lors de  la clôture de la deuxième session ordinaire de l’année 2018, le président de l’assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé a plaidé devant ses paires pour une plus grande représentativité des femmes dans les différentes postes de responsabilité. Pour lui, il est inconcevable que les femmes qui représentent plus de 51% de la population soient quasi inexistantes dans les sphères de décision.

La population du Burkina Faso est estimée à plus de vingt millions d’habitants dont 51, 7% de femmes et plus de 85% de jeunes ayant moins de 40 ans. Malgré cette prédominance des femmes et des jeunes au niveau de la structure démographique, le pays compte 06 femmes ministres sur 34. 4 femmes gouverneures sur 13. 12 femmes Hauts commissaires sur 45  et
41 femmes Préfets sur 351. Et comble de paradoxe, la même Assemblée nationale qui a voté la loi sur le quota genre ne compte que 17 femmes sur 127 députés.

C’est eu égard à cette faible représentativité des femmes que Bala Sakanda est monté au créneau au cours de la clôture de cette deuxième session ordinaire le 21 décembre dernier pour interpeller les députés sur la situation. Une situation à laquelle le président de l’hémicycle veut vite trouver une solution.

« Détenteurs du pouvoir législatif ou du pouvoir exécutif, nous devons agir en femmes et hommes responsables et pour cela, nous avons l’obligation d’adopter le parler vrai et d’agir en conséquence. Car il y a urgence. Cette urgence commande courage, audace, transparence et méthode », a-t-il lancé à lancé à l’endroit de ses paires.

Et d’ajouter qu’il est temps que les choses changent. Ainsi, l’institution parlementaire a décidé, à l’unanimité des députés, d’appliquer à elle-même le quota genre de 30% contenu dans l’esprit de la loi N°010 du 16 avril 2009.

Une vice-présidente et 3 femmes secrétaires parlementaires

Désormais, le bureau de l’Assemblée nationale comprendra impérativement au moins une femme Vice-présidente et trois femmes secrétaires parlementaires. « Dans l’attente de l’adoption prochaine d’une loi instituant le quota jeune, j’ai fait en sorte que les jeunes et les femmes connaissent une meilleure représentativité dans la mise en place des nouvelles instances de l’Assemblée nationale intervenue hier. (NDLR : 20 décembre) Ainsi, 9 femmes sur 17, 4 jeunes députés de moins de 40 ans sur 5 ont été responsabilisés », a expliqué Bala Sakanadé.

Ces réformes à en croire le président de l’Assemblée nationale, visent à faire bouger certaines lignes dans les pratiques et habitudes parlementaires au Burkina Faso. Bala Sakandé s’est, au cours de cette rencontre avec la représentation nationale, penché sur plusieurs difficultés auxquels le peuple se trouve confronté notamment la question sécuritaire l’économie, la santé, l’éducation.

Se prononçant sur la performance du référentiel national (PNDES), il a confié qu’en  dépit de la multitude de facteurs limitant le bilan à mi-parcours dudit plan, le taux de croissance  est passé néanmoins de 5,9 % en 2016 à 6,7 % en 2017. Et cela  devrait être contenu dans l’ordre de 6 % en 2018.

« De beaux chiffres sans nul doute. Mais on ne vit pas de beaux chiffres et d’eau fraîche. Il en va de l’économie comme du panier de la ménagère : même s’il y a de bons ingrédients, le raffinement du plat dépend du talent de la personne qui le prépare », a-t-il dit.

                                                                                                     Issa KARAMBIRI

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