Art et Culture: Un clown au Faso, du jamais vu

126

Dans un contexte de promotion des arts au Burkina, une jeune  dame a tenté l’expérience d’un spectacle  nouveau. Afsata Coulibaly, celle qui a produit le spectacle de clown entend changer les habitudes et inculquer de nouvelles valeurs relatives à la vision sociétale des arts. Ce vendredi 8 juin, elle s’est produite en première à Ouagadougou.

Il était une fois le crocodile, le poisson qui nageait sur le sable et l’oiseau… Et ils versèrent les larmes de crocodiles.   Ou encore l’histoire du petit bonhomme souris de Gounghin qui retrace le parcours d’une femme qui a quitté sa case pour aller vivre dans la savane. Elle grossit, grossit encore et l’histoire continue…

D’aventure en aventure, elle échappe au roi lion. Et puis, un jour, elle se maria au petit bonhomme souris de Gounghin et retrouva sa forme normale. C’est ainsi que les souris sont arrivées chez les hommes. A travers narration, comptée en mooré, humour et émotions, le clown Afsata Coulibaly plonge  le spectateur dans l’univers joyeux des enfants.

Le  clown est un personnage comique du cirque, grotesque, maladroit, nez rouge, visage maquillé, habillé de façon spectaculaire. Parmi les accessoires qu’il porte, on trouve les vêtements souvent colorés, ridicules et trop grands, etc. Connu pour être exclusivement réservé au cirque, une fusion de genre voit naître une inspiration.

En effet, artiste comédienne, conteuse de formation,  Afsata Coulibaly est le symbole du centre de formation et de recherche en Arts vivants (CFRAV), fondé par Feu Jean –Pierre Guingané. Elle a voulu faire quelque chose de nouveau, assez originale en associant le clown et le conte, avec pour cible principale, les enfants.

Pour y arriver, la jeune dame a commencé peu à peu par des petites idées pour aboutir à un scénario. Après  3 mois de répétition, le résultat est probant. Parlant des préparatifs « Au début, on n’avait rien. Il faut tout payer, tout acheter.  Vu que c’est mon idée, j’ai essayé de trouver des gens pour m’aider », a fait remarquer la conteuse.

Des spectateurs émerveillés

« C’est une  première pour moi  de voir un spectacle avec une personne maquillée en clown qui raconte des histoires. Très amusant, les enfants ont participé, tout le monde a aimé. On a passé une très belle soirée. Il y’a des contes particulièrement intéressants. On entendait souvent parler des larmes de crocodiles mais on ne savait pas ce que ça veut dire. A travers la petite histoire, on a une petite idée là-dessus ». Ainsi s’est exprimée Yougbaré Sylviane.

A la suite de cette spectatrice, Sergine Tapsoba a laissé entendre que souvent, elle voyait ce genre de spectacle à la télé. Mais, le fait de le vivre  en live, c’est la première fois. Quand le clown interrogeait les enfants, loin d’être distraits, ils étaient bien concentrés. Successivement, les deux jeunes filles ont apprécié le spectacle.

Selon le metteur en scène Youbi-Obana, étudiant également au CFRAV, le travail fondamental était de joindre le clown et le conte, deux genres très distincts et quasiment jamais vus au Burkina. « On a essayé d’explorer ces deux mondes pour en faire une seule chose qui est le conte clownesque, un nouveau genre. C’est bien de travailler sur quelque chose qu’on découvre, qu’on explore où on se laisse emporter par les émotions, et c’est tout ça qui est notre inspiration », a-t-il signifié.

D’après lui, les préparatifs jusqu’à ce jour n’ont  pas été  faciles. La première difficulté est financière étant donné que la création d’un spectacle exige beaucoup d’argent, de moyens,  de comédiens, de metteur en scène etc. Cependant, l’équipe était  réduite à deux personnes seulement Afsata Coulibaly et Youbi-Obana. Le manque de partenaires techniques et financiers, la location de la salle et l’autoproduction rallongent la liste des difficultés. L’autre difficulté, c’était le timing qui leur avait été donné par rapport à cette première par l’Institut Français. « Malgré tout, voilà le résultat de cet humble travail », dira Youbi-Obana.

Convaincus du talent qu’ils ont,  ils n’attendent plus que les moyens financiers et l’aide de bonnes volontés dans la mesure où tout début est difficile afin de concrétiser davantage les projets. Mais, en attendant, des portes s’ouvrent à eux.  « Nous sommes déjà programmés pour certains spectacles. En février 2019, on a « la Ruche », festival jeune public et « Une nuit de conte à Sissamba ». A l’espace  culturel Gambidi, nous présenteront notre spectacle le 29 et le 30 juin 2018 », a-t-il rappelé.

Grâce à l’opportunité que lui a offerte l’Institut Français, Afsata Coulibaly a saisi la chance qui lui permet de réaliser enfin son rêve. Elle nourrit l’espoir de pouvoir vivre de son art à la fin de sa formation.

                                                                                                                             Françoise TOUGRY

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here