Aéroport de Donsin: et si on confiait à la population la responsabilité de son développement…

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L’entreprise MSF en plein travail à Nioko II
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Pays enclavé, le développement du secteur transport est très capital pour le développement économique du Burkina Faso. Le sous-secteur du transport aérien doit jouer pleinement son rôle et pour ce faire, la priorité est à la construction d’un nouvel aéroport à Donsin, un projet conduit par la maitrise d’ouvrage de l’aéroport de Donsin (MOAD). La Banque mondiale apporte dans ce cadre son aide pour la construction et la réfection des voies d’accès au futur aéroport. Cependant, après plus d’un lustre qu’a débuté le dédommagement des personnes affectées par les travaux, c’est avec un sourire jaune que le volet social nous accueil.

Le projet de l’aéroport de Donsin entend améliorer la desserte du site par la route. Les principaux impacts sociaux négatifs identifiés sont le déplacement de ménages, de terres cultivables et de kiosques de vendeurs. Lors de la préparation du projet, un comité de réinstallation et d’indemnisation est mis sur pied. Nonobstant cela, les problèmes sociaux pèsent sur le projet.

La population de Donsin désemparée

Le projet rencontre des difficultés que sont entre autre les dalots bouchés qui causent l’inondation, les caniveaux non fermés qui engendre des accidents et l’insuffisance de communication avec les bénéficiaires. Le président de CIAD-BF, Joseph Bonkoungou, membre de la commission réinstallation dénonce le manque de communication autour du projet. « La population n’est pas imprégnée dans les grandes dimensions de la mise en œuvre du projet ». Ce manque de communication est aggravé par la marginalisation des chefs traditionnels, garant de la société au « moogho ». « Je ne suis pas impliqué dans le projet de Donsin », laisse entendre le Sourgou Nioko naaba Kiiba.

Joseph Bonkoungou, responsable de la coordination des initiatives et d’action pour le développement / Beogo- neere

 Nafisatou Koala, ingénieur génie civil à la MOAD affirme qu’il y a un planning à suivre et c’est ce qui justifie le non couverture des dalles. « Sachez que ce sont des travaux en cours et la méthodologie est qu’on pose d’abord des préfabriqués et ensuite les dalles de couvertures» , explique t-elle.

La population de Pousga ne sait pas à qui s’adresser pour leurs doléances dans le cadre du projet de l’aéroport. Le pépiniériste Léon Zabré dit avoir perdu plus de 2.000.000F CFA dans la mévente de la saison 2016 occasionné par les travaux de l’aéroport. « Le maire Paul Taryam a envoyé quelqu’un pour constater l’inondation de mon espace et du marché mais, rien n’est fait », a-t-il fait savoir. Pour le conseiller municipal Birba Théodore, il sollicite les hommes de presse à porter leur voix. « Nous pensons que vous saurez transmettre nos inquiétudes plus que nos responsables ici». Quant à Joseph Bonkoungou,il faut une implication de tous les acteurs du projet. « Nous avons déploré ne pas participer à l’indemnisation de la population ».  « A deux fois, nous avons sollicité rencontrer le DG de la MOAD mais peine perdue», regrette-t-il.

 

La responsabilité du développement du Burkina Faso incombe en premier chef aux Burkinabè. « Je pense que le cœur du travail est d’impliquer de manière formelle un groupe représentant les bénéficiaires », suggère Nioko Naaba Kiiba. «Pendant la construction de la route RN3 par feu KANAZOE, mon père était le Chef. Il était pleinement associé à la construction de la route et  il a accompagné les travaux jusqu’à Nomgané avant de revenir à Nioko », a t-il signalé,.

ADEGUEROU Waliou Adéola

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