Artiste musicienne Burkinabé, chroniqueuse et femme d’affaires (Business Woman), Adèle Rouamba concilie ses passions et vit de cela. De Ouagadougou en France, cette brave dame ambitieuse et sûre d’elle n’est pas née avec une cuillère en or mais compte en laisser à sa progéniture à travers son combat quotidien. Malgré les dures épreuves de la vie, Adèle s’inspire de ses difficultés pour se construire. A cœur ouvert, elle nous éclaire sur les rumeurs  autour de sa vie. Rencontre avec une femme de caractère.

Parlez-nous de votre nouvelle casquette d’animatrice

Ma casquette d’animatrice est une autre de mes passions, j’ai toujours aimée faire de la télé et je me disais que c’était les journalistes et autres qui pouvaient avoir cette possibilité. Moi je n’ai pas choisi la voie journalistique et je n’ai pas non plus fait des études de langues. J’ai fait de la comptabilité et je me suis plus familiarisé avec les chiffres. Et après j’ai continué avec le management.

Serait-ce la fin de la carrière musicale d’Adèle ?

« La musique et moi c’est une histoire d’amour et je pense que nous allons mourir ensemble »

C’est comme si vous posiez la question à quelqu’un de savoir « ton premier mec là tu te rappelles de lui » ? (rire) Juste pour dire qu’on ne peut jamais l’oublier. La musique et moi c’est une histoire d’amour et je pense que nous allons mourir ensemble. Je ne peux pas laisser la musique même avec ses tares on va dire ça comme ça. La musique a toujours été une passion et je ne l’ai jamais considéré comme un business. Pour dire vrai je n’ai jamais vécu de la musique. Ce n’est pas la musique qui me nourrit, paye mon loyer ou bien qui paye mes factures. Non la musique c’est une passion. C’est pour ça que ma carrière en est là aujourd’hui car je n’ai pas trop pris ça au sérieux. Souvent quand je rentrais aux pays je prenais juste trois semaines ou au plus deux mois pour faire sortir un album.

Mais cette fois, je suis là pour un bout de temps, pour redécouvrir mon pays, me prendre au sérieux, me familiariser avec les gens et voir ce que je peux encore produire. Et si possible avancer dans la musique, travailler en professionnelle puisque je pense que tout ce je faisais avant c’était de l’amateurisme.

Adèle était installée entre temps en Europe, qu’est ce qui a motivé votre retour au Faso ?

Ce que les gens ne savent pas c’est que je suis toujours revenu au Faso. Je ne pouvais pas passer plus d’une année sans venir au moins deux fois au pays. Les sociétés de transports aériens ont bouffé mon argent via les billets d’avion. Du coup ce n’est pas un retour définitif, je suis là que depuis quelques temps. Il y a eu des moments où je venais passer plus d’un an ici et personne n’était au courant. Si on l’a remarqué c’est parce que je suis tout le temps à la télévision pour mon émission.

Êtes-vous là pour une période déterminée ?

Je suis en train de tâter le terrain pour revenir résider au Burkina Faso. Mais je suis en phase d’essai. Comme j’ai la double nationalité je peux repartir en France quand je veux ou rester au Burkina. C’est mon pays de naissance mon placenta a été enterré ici, même si je suis ailleurs, j’ai toujours envie de revenir pour me ressourcer. Et oui je cherche à m’installer avec la famille si Dieu le veut et profiter de mon pays, de mes proches que j’ai quittés pendant 20 ans. Ce n’est pas petit pour moi qui étais toujours auprès d’eux.  Je veux faire un retour définitif au Faso et aller de temps en temps voir les enfants si eux ils veulent rester là-bas. C’est le souhait de la famille que je revienne. Et si jamais je remarque qu’avec tout ce que j’ai mis en place, ce n’est pas possible ça sera tout à fait normal pour moi de retourner résider en France.

Au début,  Adèle était une femme aux formes généreuses et enviée par beaucoup de femmes, qu’est ce qui explique cette perte de poids ?

Ce n’est pas à mes débuts mais plutôt au milieu de ma carrière. On va dire ça comme ça. J’ai toujours été comme ça si vous repartez en arrière ou sur YouTube vous verrez que j’étais même plus maigre que ça. Même avec les camera 16  9e  qui faisait grossir un tout petit peu j’étais encore plus mince. A un moment de ma vie j’ai subi un traitement hormonal et j’ai dû grossir pendant cinq années de ma vie. Et j’ai l’impression que mes compatriotes n’ont retenu que cette période de la vie. C’est comme quand vous prenez une feuille blanche A4 et vous mettez un gros point au milieu de la feuille et vous donnez à une personne de regarder, la personne ne verra que le point noir il ne remarquera même pas tout l’espace de la feuille blanche. Vous comprenez maintenant c’est le point noir de ma vie que les gens retiennent. Ils oublient que j’avais toujours été comme ça et moi je ne comptais pas rester avec cette forme puisque c’était pour une période bien déterminée, pour un traitement qui est fini donc c’est normal que je reprenne ma forme.

Dans quel corps vous sentez-vous le plus ?

Mais bien sûre sans hésitation, maintenant je suis toute légère, je porte tout ce que je veux et je me sens mieux. Je n’ai plus mes grosses fesses et je n’en ai rien à foutre. Je suis à l’aise avec tout (talon, baskets) et je me sens très bien comme ça. Tout fine on dirait une petite fille (rire) quand on ne regarde pas mon visage froissé là, on ne sait pas que j’ai tué des « janviers ».

« Pour moi le mariage n’est pas une fin en soi »

Adèle est-elle mariée ?

Je partage ma vie avec quelqu’un. Pour moi le mariage n’est pas une fin en soi mais je dirai oui. Je suis mariée depuis plus d’une vingtaine d’années. Nous avons de très beaux enfants, et nous vivons tranquillement. On ne se prend pas la tête, mon mari est autant free que moi, la preuve vous ne me voyez pas avec une alliance. C’est quand je suis contente et j’ai envie de portée des diamants aujourd’hui que je la porte. On s’est marié à la zen et je pense que si ce n’était pas une personne comme ça j’allais rester célibataire toute ma vie. Parce que je suis une personne libre dans la tête et j’aime bien faire ce que je veux.

Est-ce que Adèle est féministe ?

Jaime pas trop ce terme, mais je suis une qui sait ce qu’elle veut, je suis une qui lutte pour la cause de la femme et pour l’égalité de la femme. Quel que soit le domaine et le poste, les salaires doivent être pareils.

Quelles sont vos projets ?

Le projet à court terme, c’est la réalisation d’un clip très bientôt. D’ici la rentrée il y aura quelque chose de nouveau. Ça sera pour faire attendre mes fans. Et après, il y a un album en gestation et vu que je suis là pour le moment je prendrai mon temps pour travailler. Je faisais mes albums en fonction de mes congés mais maintenant je vais y accorder plus de temps. Et un peu plus tard une tournée nationale et peut être même internationale.

Un mot sur l’actualité nationale pour terminer

Quand on n’est à l’extérieur et on écoute ce qui se passe au Burkina Faso, on a peur même d’y mettre les pieds. C’est vrai que le côté sécuritaire n’est pas évident mais je pense qu’avec la confiance, le patriotisme, la force et la volonté de nos Force de défense et de sécurité, le Burkina Faso va retrouver sa sécurité et sa paix. Nous allons vivre tranquillement dans la paix et les gens voudront encore venir au Burkina Faso qui est l’un des pays les plus accueillants en Afrique. Donc vive le Burkina Faso et je dis toujours la patrie ou la mort nous vaincrons. Nous n’allons pas céder un mètre carré à ces bandits armés.

                      Entretien réalisé par   Aminata GANSONRE

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