Alors qu’elle représente seulement 2% du parc mondial de véhicules et l’une des plus faibles densités de réseau routier, l’Afrique connaît la plus forte incidence de décès liés aux accidents de la route. Depuis quelques années, des scientifiques tirent la sonnette d’alarme. Cette problématique sur la sécurité routière était d’ailleurs l’objet du dernier maquis des sciences, tenu ce 28 Septembre 2016  à Ouagadougou. 

 

Si rien n’est fait, les accidents de la route pourront être la première cause de mortalité globale dans le monde en 2020, devant le VIH, la tuberculose et le paludisme d’ici à 2020. Telles sont les conclusions d’une étude de l’Organisation Mondiale de la santé(OMS). En effet, les accidents de la route constitueraient la première cause de mortalité chez les jeunes  de 15 à 29 ans. Au regard de la forte croissance actuelle du parc automobile africain, il est prévu une augmentation de 80% du nombre de décès d’ici à 5 ans. 

La grande  majorité des victimes de la route sont des piétons, des cyclistes et des motocyclistes. Il est donc clair que la route tue dans tous les pays surtout au Burkina Faso, pays considéré comme la capitale des engins à deux roues.

 

Le temps moyen pour l’arrivée des sapeurs pompiers  est  de 51 minutes environ

Pour les experts ayant pris la parole au cours de ces débats du 49ème maquis des sciences, les principales causes des accidents de la route sont entre autres la méconnaissance du code de la route, le manque d’infrastructures adapté à la circulation, l’incivisme ainsi que l’inutilisation des équipements de protection notamment le casque à moto.

Selon le Dr Jean-Baptiste Guiard-Schmid, expert en santé publique, au-delà de toutes ces raisons, la prise en charge des accidentés constitue un autre phénomène non négligeable. « Le temps moyen pour l’arrivée des sapeurs pompiers sur le lieu des accidents est  environ de 51 minutes au Burkina Faso », a-t-il regretté.

Aussi, poursuit Dr Jean-Baptiste, les véhicules des sapeurs pompiers ne sont pas médicalisés. Toute chose qui, selon lui, ne permet pas aux accidentés d’être pris en charge médicalement dans une courte durée.

Eu égard à la prise en charge, il note une intervention tardive des services d’urgence. « Il faut environ 5 à 6 heures d’attente pour une radiographie  ou une intervention », explique l’expert en santé publique et de poursuivre que le  coût moyen après un accident  s’élève à environ 130.000 francs CFA par individu.

  Comment réduire les accidents de la route

Parmi les moyens utilisés pour venir à bout de ces nombreux cas d’accident, la sensibilisation occupe une grande place. C’est dans ce sens qu’Ousmane Sawadogo, président de « One village », une structure œuvrant dans la régulation de la circulation dans la capitale burkinabè, souligne qu’il est temps  que  la population prenne conscience des dangers liés au non respect du code de la route.

Quant à Dramane  Gamané,  de l’Office national de la sécurité routière (ONASER), il a fait savoir que la sensibilisation à elle seule ne peut pas freiner un phénomène qui ressemble à un effet de mode. « Il faut faire recours à la répression car la sensibilisation à elle seule ne permet pas d’endiguer ce fléau », avoue-t-il.

Le Président de l’Association pour l’Education Routière des Enfants à Ouagadougou, Daniel Zombré a pour sa part exhorté les parents à investir dans la  formation depuis le bas  âge en matière du code de la route. « Il faut que les enfants apprennent le code de la route afin de pourvoir mieux de circuler. Ce sont eux la frange la plus concernée quant aux accidents de la route », a-t-il indiqué.

Par rapport à la formation des enfants, Il a par ailleurs expliqué  qu’un manuel est disponible pour  la formation des élèves de l’école primaire au code de la route depuis quelques années, mais il reste encore non introduit dans le curricula des programmes scolaires.

L’insécurité routière et ses conséquences constituent de réels freins à la croissance économique et au développement du continent africain avec un coût estimé à environs 3% du  Produit Intérieur Brut(PIB).

Lala Kaboré /Dera. 

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