Ablassé Compaoré : danseur traditionnel et fier de l’être

Ce visage vous est peut-être familier. Dans les cérémonies de mariages, de baptêmes ou autres occasions festives, il ne passe pas inaperçu. Ablassé Compaoré de nationalité burkinabè est connu sous le pseudonyme d’Ablass Wendmassem. Cet artiste se fait toujours remarquer par sa belle voix et sa prestance. Avec plusieurs cordes à son arc, chanteur, cuisinier et danseur, ce jeune homme de 33 ans est l’un des meilleurs danseurs de tokiègba de sa génération. Majoritairement pratiqué par les femmes, le tokiègba ou kiègba est une danse traditionnelle du Burkina Faso qui exige de la force physique, de la souplesse, de l’élégance et du talent.

Ablass Wendmassem a interrompu son cursus scolaire dès la classe de 5e.. Sa passion pour le commerce et la danse en est la cause. Entre 5 et 6 ans déjà, il imitait très bien les pas de tout ce qui est danse traditionnelle surtout le kièga ou la danse des fesses.

Il se rendait dans les cérémonies pour admirer les femmes danser.
Ablass Wendmassem tient cet amour pour la danse, de sa grand-mère qui appréciait les chansons en langue nationale mooré de Sidpayété en l’occurrence « Je vais construire ma patrie, le Burkina Faso. Je n’injecterai pas mon argent dans la construction d’un autre pays car il n y a pas de reconnaissance ».

Cette dernière collectionnait les cassettes de Sidpayété. Ce qui a permis à son petit-fils de les connaître par cœur au point où il les chantait quotidiennement. Sa grand-mère à chaque fois qu’il y a une fête à la maison souhaitait que Sidpayété soit là. Malheureusement, elle a été rappelée à dieu sans voir son rêve se réaliser. Des années plus tard, c’est au mariage d’Adama, la fille de Sidpayété qu’Ablass Wendmassem a pu entrer en contact avec elle et chanter à ses côtés ce jour-là. C’est ainsi qu’ils ont tissé les liens.

Avec ou sans répétitions, il s’adapte facilement à toutes les scènes. En plus de maîtriser le djembé, la calebasse et d’autres instruments de musique, il est très sollicité. Aujourd’hui, ayant son propre orchestre et un service traiteur, il les a dénommés Wendmassem parce que comme Sidpayété, Ablassé Compaoré veut s’abriter à l’ombre de dieu. Voilà qui justifie le nom d’Ablass Wendmassem.

Lorsqu’on lui demande s’il pourquoi il n’a aucune gène d’être  le seul danseur au milieu des femmes, Ablass Wendmassem répond  ceci: « Cette question me plaît trop. De nature, là où on me critique, c’est comme si on me donnait de l’énergie. Quand je suis dans la troupe de Sidpayété, je me sens moi-même. J’apprends beaucoup auprès d’elle. »

Rares sont les jeunes de nos jours qui veulent danser le warba en public, encore moins le kiègba. Ablass Wendmassem quant à lui en est fier. « Compaoré de Kombissiri, j’aime ma tradition et je vois que c’est une belle danse des mossis. Si tu es triste, le warba et le tokiègba relaxent.

Malheureusement,déplore Ablass,  le kiègba est en train de disparaître. La danse pour ceux qui ne le savent pas, explique Wendmassem, c’est l’une des meilleures choses dans la vie de l’homme. Les soucis s’envolent et le cœur devient léger. C’est un héritage qu’il faut sauvegarder et partager.

La danse traditionnelle pratiquée à l’étranger rend unique et admiratif.
Il invite par conséquent, les jeunes à aimer la danse traditionnelle parce que la danse peut participer au développement de notre pays. Les jeunes aujourd’hui selon lui préfèrent le coupé décalé, l’afrobeat…

A en croire l’artiste, au cours d’une soirée dansante, celui qui se met à danser warba se fait regarder bizarrement. « Ce sera merveilleux si les jeunes qui font le coupé décalé, l’afrobeat et le RNB mettent l’accent sur la danse traditionnelle dans leur production », concl-t-il.

Françoise Tougry Ouédraogo

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