Le film Audition de la réalisatrice burkinabè Kayaba Anaïs Irma Kéré a été projeté, ce jeudi 27 février à Canal Olympia Ouaga 2000. Inclu dans la catégorie FESPACO court métrage shot, ce film de 13 mn fait ressortir les difficultés que vivent les personnes autistes au quotidien, du fait de leurs différences.
Déborah, une jeune fille autiste passionnée de chant rêve de devenir une grande chanteuse. Mais, pour réaliser ce rêve, il va falloir qu’elle participe à une audition musicale. L’histoire retrace les obstacles qu’elle va devoir affronter du fait de son autisme pour pouvoir démontrer ses talents, non seulement à ses concurrents, mais aussi a son recruteur.
Réaliser ce film sur l’autisme n’est pas anodin. En effet, il résulte du vécu de la réalisatrice elle même. « Ce film a été inspiré de mon neveu qui est autiste. J’ai voulu vraiment aborder ce sujet parce que j’ai été témoin des jugements et des préjugés que les gens avaient sur lui par rapport à ces troubles, sa différence », a-t-elle souligné.
À travers ce court métrage, Anaïs veut mettre en exergue le talent des personnes autistes. « Les autistes tout comme nous, ont des talents, des rêves et des passions à réaliser. Il nous faut donc, arrêter les stigmatisations et leur donner un cadre d’éveil afin qu’ils puissent libérer leur génie créateur et avoir une vie épanouie », ajoute-t-elle.
Pour Kayaba Anaïs Irma Kéré, être retenue au FESPACO étant une débutante dans la réalisation, lui procure une grande joie. « Voir mon film à ce grand rendez-vous du cinéma africain me conforte et m’amène à croire, à mon choix. C’est aussi un défi lancé et une invite à faire encore mieux dans les années à venir pour réaliser de plus grandes prouesses », clarifie-t-elle.
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Sergine Sourouwema est l’actrice principale de ce film. Selon elle, ce rôle a été bien incarné parce que tout comme la réalisatrice, elle a vécu une pareille situation.
« L’autisme est un sujet qui me parlait. Le frère d’une amie en souffre et avec la motivation de la réalisatrice, l’environnement était vraiment propice. C’est ce qui m’a permis de me mettre dans la peau de cette jeune fille autiste« , explique-t-elle.
Ce film est une sensibilisation à tous de faire preuve de patience et de compréhension envers les enfants autistes, afin de les accompagner dans leur différence pour leur permettre de mieux s’affirmer et accomplir de grandes choses.
De base, Irma Kéré est scénariste. C’est après une formation à la maison de production « Les Elles du cinéma » de la réalisatrice burkinabè Appoline Traoré qu’elle s’est lancée dans le domaine de la réalisation.
Jemima Kabré