Dans la salle Chapiteau Yennenga Connexion, ce mercredi 26 février 2025, l’association Taafé Vision a réuni cinéastes, acteurs et experts autour d’un panel sur la représentation des femmes dans les cinémas africains. C’est autour d’échanges vifs que ces mots sont sortis.
« L’avenir du cinéma africain va être féminin». Cette déclaration de Moustapha Sawadogo, producteur de cinéma, a résonné comme une évidence. De plus en plus, les femmes prennent leur place dans le septième art, non seulement devant, mais aussi derrière la caméra. Pourtant, leur ascension reste semée d’embûches.
Pour Kady Traoré, actrice devenue réalisatrice, elle a longtemps été enfermée dans une case, celle de l’interprète et non de la créatrice.
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Toutefois, si les femmes sont bien accueillies comme comédiennes, dès qu’elles prennent la caméra en main, les résistances surgissent.
Pour renchérir ses propos, Kady Traoré a laissé entendre que la plupart des réalisatrices se cachent derrière les hommes. Elles acceptent vite leurs propositions. Mais, il faut que les femmes apprennent à s’affirmer.
Et pour faire face à ces obstacles, la formation et bien entendu, la volonté, selon elle, sont une arme essentielle.
« Si tu ne sais pas ce que tu veux, les hommes vont faire le travail à ta place”, a-t-elle expliqué.
Cependant, le débat ne s’arrête pas aux coulisses de la production. Il touche aussi l’image des femmes dans les films africains. Ilias Tarnagda, enseignant-psychologue, a soulevé une question rarement abordée, la manière dont le cinéma met en scène des réalités sociales comme la polygamie.
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Nonobstant les défis, une évolution est en marche. Les jeunes générations bousculent les codes, redéfinissent les rôles.
A en croire Kady Traoré, aujourd’hui, les femmes sont utilisées à deux niveaux, comme actrices et comme techniciennes. Lentement, mais sûrement, le cinéma africain se féminise.
Et demain, comme le prédit Moustapha Sawadogo, le cinéma africain sera peut-être sûrement féminin.
Fabrice Sandwidi