Opération antiterroriste à Rayongo : un arsenal militaire découvert, les terroristes sont de nationalité Burkinabè et Malienne

282

On en sait un plus sur les terroristes neutralisés dans la nuit du 21 au 22 mai 2018 par l’Unité Spéciale d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (USIGN). Au cours d’une conférence de presse tenue ce 23 mai  2018, la procureure du Faso, Maiza Sérémé a fait le point  des enquêtes menées par l’équipe d’investigation composées des services de renseignements de la Gendarmerie Nationale et de la Police Nationale, des services de police judiciaire et l’Agence National de Renseignement  des investigations, mise en place depuis les attentats du 02 mars 2018 contre l’État-major Général des Armées et l’Ambassade de France au Burkina Faso.

Selon la procureure du Faso,  c’est le travail de cette équipe d’investigation qui  a permis d’identifier la planque des présumés terroristes dans une mini villa dans le quartier Rayongo de l’Arrondissement n°11 de Ouagadougou.

Après avoir vérifié et confirmé l’information, une opération d’interpellation a été organisée dans la nuit du 21 au 22 mai 2018 et exécutée par l’Unité Spéciale d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (USIGN). « Les individus, qui étaient au nombre de quatre (04) retranchés dans leur maison, ont refusé d’ouvrir leur porte après sommation », a fait savoir la procureure.

Au contraire, poursuit-elle, ils ont directement ouvert le feu. Il s’en est suivi des échanges de tirs nourris entre les éléments de l’USIGN et les occupants de la cour, qui ont duré jusqu’au petit matin avec un bilan de trois assaillants abattus, un capturé, un décès des suites de blessures du Maréchal des logis-chef OUEDRAOGO François de Salle de l’USIGN et six (06) blessés dont quatre (04) gendarmes et deux (02) civils.

« Mon parquet abritant le Pôle judiciaire spécialisé dans la répression des actes de terrorisme a immédiatement ouvert une enquête de flagrance pour association de malfaiteurs terroristes, assassinats, tentative d’assassinats, vols aggravés, détention illégale d’armes à feu et de munitions le tout en relation avec une entreprise terroriste et pour financement du terrorisme » a déclaré la procureure.

Un arsenal militaire découvert

Maiza Sérémé a affirmé que des constatations matérielles sur les lieux ont permis la découverte d’un véritable arsenal de guerre composé de deux (02) fusils de type AK47, un fusil mitrailleur PKMS, deux (02) pistolets automatiques, un (01) revolver, mille quatre-vingt-dix-sept (1097) cartouches de 7,62 et 9 mm, vingt-huit (28) chargeurs pour fusil AK47, des pains plastiques, des clous, des cordons détonants, des détonateurs, des grenades, des tenues militaires de l’armée burkinabè et de l’armée française, des appareils et du matériel de communication.

En plus de cette découverte, elle a déclaré que plusieurs plaques d’immatriculation de vélomoteurs et de voitures, une motocyclette et un vélomoteur, un véhicule de marque Nissan Alméira du même modèle que celui utilisé contre l’Etat-major Général des Armées le 02 mars 2018 ont été découverts.

Que disent les premières enquêtes ?

« Les premiers éléments de l’enquête font ressortir que les quatre individus qui occupaient la villa depuis le 10 mai 2018, sont de nationalité burkinabè et malienne », a confié la principale animatrice de la conférence de presse.

Et de poursuivre que les burkinabè OUEDRAOGO Youssouf et SAWADOGO Abdoulaye alias Abdallah ont été abattus, la troisième personne abattue, de nationalité malienne se nommerait SANDRA Malick  et la personne interpellée, de nationalité malienne également s’est présentée sous le nom de CISSE Mohamed.

De même il est établi qu’ils projetaient une attaque dans la capitale, courant mois de juin 2018 contre des cibles importantes.

Il faut souligner que le cerveau présumé du groupe, en la personne de SAWADOGO Abdoulaye alias Abdallah est impliqué dans l’attaque de la Brigade Territoriale de gendarmerie de Samorogouan du 09 octobre 2015. Il fait aussi partie du groupe de terroristes, démantelé dans le quartier de Kilwin le 23 octobre 2016.

L’enquête révèle également un lien entre les occupants de la villa et les assaillants des attaques terroristes du 02 mars 2018. Ils appartiendraient au même groupe terroriste (Al Mourabitoun, un des groupes terroristes composant le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (Nusrat al-Islam Wal-Muslim).

Une des plaques d’immatriculation trouvée dans la villa est celle du vélomoteur utilisé dans l’attaque de l’État-major Général des Armées. Une autre plaque saisie dans la même villa renvoi à un véhicule aux caractéristiques identiques à celui de marque Nissan Almeïra qui a explosé au sein de l’État-major Général des Armées.

Il faut préciser également que pour des vérifications d’identité, plusieurs personnes (une trentaine) ont été maintenues à la disposition de la police judiciaire.

                                                                                                     Issa KARAMBIRI

                                                                                                     Françoise TOUGRY (Stagiaire)

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here