A l’orée de la journée internationale de la femme, la ministre  Laurence Ilboudo/Marchal a animé un point de presse ce lundi 26 février 2018. elle a annoncé le lancement des activités du 8 mars, célébré cette année conjointement avec le forum national des femmes. L’une des innovations majeures est le face à face prévu entre le Président Kaboré et les femmes du Faso.

En marge de la commémoration du 8 mars 2018, Laurence Ilboudo a convié les hommes de médias pour faire ressortir les grandes articulations de ladite célébration. Placée sous le thème « femmes et gouvernance : état des lieux, défis et perspectives’’, le 8 mars sera célébré cette année conjointement avec le forum national des femmes.

Dans son adresse, la ministre en charge de la femme a d’emblée reconnu que les femmes ne jouissent pas encore des mêmes privilèges quant à leur participation à la vie publique et la prise en compte de leurs potentialités dans le domaine de la gouvernance.

En témoigne les chiffres ci-après qui illustrent son propos. Durant la période de 1959-2002, les chiffres indiquent un total de 537 hommes contre 30 femmes qui ont siégé au parlement, ce qui représente seulement 5, 29% (1,4% à la première législature, 9% à la deuxième législature, 12% à la troisième et 14% à la quatrième). La proportion des femmes membres du parlement 2015-2020 est de 11, 02%, soit 14 députées sur 127. Au niveau des postes nominatifs, sur l’ensemble des gouvernements formés de 2000 à 2016, la proportion moyenne des femmes est d’environ 15%. Le gouvernement actuel compte 6 femmes ministres sur 33 soit un taux de 18,18%. Quant aux hautes fonctions de l’administration, en 2017, on compte 4 femmes gouverneures sur 13 soit un taux de 30,76%, 16 femmes hauts commissaires sur 45 soit 35,55% et 41 femmes préfets sur 350 départements soit 11,71%. En 2016, on note 9 femmes maires sur les 370 communes et arrondissements soit 2,43%.

Cette sous représentativité des femmes ne passe pas alors inaperçue et limite sans doute selon la ministre leur influence sur l’élaboration des lois et des politiques à tous les niveaux.

Plusieurs raisons ou facteurs dit-elle expliquent la sous-représentation des femmes dans la gouvernance, au nombre desquels on peut retenir : la persistance des préjugés socioculturels et des stéréotypes sexistes, le faible niveau d’éducation et d’instruction de la femme, le statut de ‘’perpétuelle étrangère’’ dans la famille de son époux et/ou dans la famille d’origine de la femme, le mauvais positionnement des femmes sur les listes électorales.

Laurence Ilboudo s’est également appuyée sur l’axe 2 du PNDES, à travers lequel, le gouvernement veut faire de la femme une actrice dynamique du développement et réduire les inégalités sociales et de genre, pour justifier le choix du thème du 8 mars cité ci-dessus.

Quant aux activités prévues dans le cadre de cette célébration, la grande innovation cette année est l’instauration d’un dialogue direct entre les femmes et le Président le 8 mars. En sus, il y aura  entre autres des fora régionaux, l’organisation d’une campagne médiatique, des rencontres de plaidoyers, l’organisation d’une nuit des pionnières en politique, un panel sur la problématique de la participation de la femme à la gouvernance,  etc.

les journalistes n’ont cependant pas manqué de mentionner quelques inquiétudes à l’endroit de la ministre en charge de la femme, entre autres ces deux préoccupations.


Pourquoi une célébration conjointe du 8 mars et du forum des femmes cette année ?

En réponse à cette préoccupation, dira Laurence Ilboudo qu’il s’agit de réduire les budgets et aussi à travers cette organisation conjointe, l’ambition est d’accroître la participation des femmes à la gouvernance politique, administrative et économique au Burkina Faso. Cette célébration conjointe se fera sous le très haut patronage du Président Rock Marc Kaboré.

Quelle appréciation faites-vous de l’engagement des femmes dans la gouvernance économique et politique à travers les fora régionaux ?

Bien que la tournée ne soit pas encore finie, la détermination des femmes est d’office salutaire à entendre la première responsable du ministère en charge de la femme. Elle dit avoir rencontré des femmes participatives et il ne leur manque qu’à être organisées, solidaires dans le respect pour y arriver.

8 mars 2018 vient avec de principales réformes, entre autres, la suppression de la parade, le dialogue avec le Président, l’identification d’un parrain par région etc. D’où l’appel de Laurence Ilboudo à une mobilisation forte des filles et fils des régions pour magnifier et valoriser davantage la femme.

Assétou Maïga

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