La commémoration de la 15e journée internationale tolérance zéro aux mutilations génitales féminines a été une tribune pour la première dame, Sika Kaboré de rappeler que le terrain de la lutte est toujours miné de résistances. D’où la nécessité de redoubler d’efforts. Un extrait de son oral.   

Il faut sensibiliser mais il faut également réprimer. Nous espérons que 2020 au plus tôt, 2030 au plus tard verra effectivement la tolérance zéro aux mutilations génitales féminines au Burkina Faso. Je voudrais à présent m’adresser aux élus régionaux, locaux, communaux, élus politiques, pour vous dire merci pour votre engagement matérialisé ici par la signature de cette charte. Vous êtes dépositaires d’un pouvoir de gestion au niveau local et à ce titre, vous êtes mieux placés que quiconque en termes de décisions politiques pour pouvoir allier à ce combat, la communauté qui vous a élu et que vous administrez et nous comptons véritablement sur vous en tant que collaborateurs efficaces, pour pouvoir mettre fin à cette pratique. Nous avons aujourd’hui organisé à votre attention, nous comptons dans les jours à venir pouvoir organiser une formation complète sur la problématique de l’excision au Burkina Faso au niveau de l’AMBF. Cela vous permettra de mieux vous outiller encore pour être des collaborateurs les plus efficaces possibles à nos côtés.

 

Nous sommes tous en guerre contre un ennemi commun, l’excision qui n’a aucun sens

Nous sommes tous en guerre contre un ennemi commun, l’excision qui n’a aucun sens et qui ne trouve ne fondement nul part. Dans aucune religion, je suis allée en Arabie Saoudite, il n’y a pas d’excision là-bas, nous sommes allées auprès de la BIDE qui a promis de nous accompagner sur cette lutte. C’est pour vous dire que la religion chrétienne, encore moins la religion musulmane, aucune religion ne prescrit cette abomination.

Aujourd’hui, les élus politiques que vous êtes, avez compris le sens de cette lutte. Le sens de préserver la femme dans son intégrité et dans sa dignité. Dans son intégrité, parce que comme vous l’avez vu, il s’agit d’un organe que vous enlevez à la femme, il ne s’agit pas de la rendre fidèle. Je veux que chacun comprenne que quand on parle d’intégrité physique et que vous enlevez un organe à quelqu’un, vous l’avez touché dans sa chair, et il n’y a aucune raison à cela, compte tenu que cela permet non seulement à la femme de pouvoir s’épanouir, mais aussi de vivre également sa santé sexuelle et de reproduction de la façon la plus normale possible.

 Je voudrais dire à l’assemblée que cette lutte ne concerne pas seulement les élus locaux. Ce n’est pas parce que nous sommes sur le thème de la volonté politique aujourd’hui, que seuls les élus locaux sont concernés. Nous sommes tous concernés autant que nous sommes, aussi bien les femmes que les hommes.

 

Aujourd’hui, la femme est au cœur du développement, la femme se trouve au cœur du PNDES

 

Très peu d’exciseurs, beaucoup d’exciseuses, c’est dommage. C’est la raison pour laquelle, moi je voudrais demander pardon aux femmes. Pour cette lutte, nous avons attendu trop longtemps pour nous y engager. Les hommes devraient demander également pardon aux femmes d’avoir été des complices silencieux. Vous avez été des complices passifs.  Mme la Présidente de la Cour de Justice l’a dit, si aujourd’hui, les hommes, vous vous engagez à dire, nous ne voulons plus de femmes mutilées, je suis convaincue que la pratique passera. Je voudrais donc sur ces mots encore une fois dire merci à tous ceux qui se sont déplacés ici aujourd’hui pour écouter notre plaidoyer, étant convaincue qu’une fois de retour chez vous, vous n’allez pas rester les bras croisés, que vous allez continuer la lutte en sensibilisant autour de vous et en faisant comprendre aux uns et aux autres qu’il ne s’agit pas d’un choix, il s’agit de lutter pour l’épanouissement de la femme. Aujourd’hui, la femme est au cœur du développement, la femme se trouve au cœur du PNDES. Nous devons nous engager hommes et femmes côte à côte dans le développement de notre pays, et pour cela les hommes doivent lutter pour avoir à leurs côtés des femmes épanouies. Je voudrais vous inviter à poursuivre la lutte, il est plus que temps aujourd’hui d’arrêter cette pratique.