Selon le tableau de bord de la femme et du genre (2016) du Ministère en charge de la Promotion de la Femme, sur 370 communes, il n’y a que 9 femmes maires, 4 femmes gouverneurs sur 13 et 41 femmes préfets sur les 350 départements. Des chiffres qui montrent une disparité tant dans les instances de décisions qu’au sein de la société.

C’est eu égard à cette faible représentativité des femmes dans les instances décisionnelles que le Burkina Faso a sollicité auprès de l’OCDE, une étude sur les institutions discriminatoires afin de mieux adresser les actions contres les disparités de genre et favoriser la prise en compte de toutes les composantes de la société.

Au cours de la remise officielle du rapport final de cette étude dénommée  Social Institution and Gender Index (SIGI), ce jeudi 11 janvier 2018, le premier ministre Paul Kaba Thiéba a laissé entendre que les institutions sociales tendent à exclure plus les femmes et les empêchent d’apporter pleinement leur contribution au développement national.

A titre d’exemple discriminatoire, il a indiqué que l’âge légal de mariage pour le garçon est de 20 ans alors qu’il est de 17 ans pour la fille et même 15 ans dans certaines contrées. Le chef du gouvernement a fait cas également du droit de propriété foncière. « Dans la société coutumière, seuls les hommes peuvent être des propriétaires terriens et les chiffres en disent long sur cet état de fait », a-t-il déploré.

L’étude présentée par Gaëlle Ferrant a relevé qu’en milieu familial, pendant que le garçon étudie, la fille se voit confiée des travaux domestiques. Toute chose qui a une conséquence grave sur le taux d’achèvement au niveau de l’enseignement supérieur. Pour preuve, il a été cité qu’au cours de l’année académique 2015-2016, l’on comptait 330 étudiantes pour 710 étudiants.

Aussi, en matière d’accès à l’emploi, les femmes représentaient 24,2% des effectifs public et du secteur privé formel contre 75,8% d’hommes et dans la gouvernance politique et administrative, il est noté que de 2000 à janvier 2016, la proportion moyenne des femmes dans le gouvernement est d’environ 15%.

Les résultats de cette étude ont confirmé la nécessité d’agir sur les lois aussi bien formelles qu’informelles afin de changer positivement la position de la femme dans la société burkinabè. En terme géographique, Gaëlle Ferrat a confié que les modes de discrimination les plus élevés sont constatés au sahel. « C’est plus de 50% de la population féminine qui est confrontée », a-t-elle dit.

Comme solution adéquate à cette situation, l’étude a indiqué que l’éducation reste un fort potentiel de transformation nécessaire au changement. Il faut donc utiliser l’école comme un canal de transmission des lois et programmes de sensibilisation.

                                                                                                                      Issa KARAMBIRI