Face au mot d’ordre de grève des agents de l’éducation ayant un effet direct sur l’année scolaire en cours, le premier Paul Kaba Thiéba a invité les enseignants au cours d’une conférence le 10 janvier à reprendre les cours.

Les agents de l’éducation sont décidés cette fois-ci à aller jusqu’au bout de leur revendication. Depuis le 9 janvier, ils observent de nouveau une grève de 72 heures sur toute l’étendue du territoire. Laquelle grève risque de provoquer une année blanche cette année. Voyant les conséquences directes de ces revendications sociales, le premier ministre lui-même s’est saisi du dossier afin de trouver une solution idoine aux problèmes qui secouent le monde éducatif.

« Dans le souci de ne pas compromettre le bon déroulement de l’année scolaire, j’ai dû reprendre le dossier en recevant la Coordination des syndicats de l’éducation en mettant en place une commission technique interministérielle changée de poursuivre le dialogue », Paul Kaba Thiéba.

Mais avant, il a rappelé que  le ministère en charge de l’Éducation  a enregistré au cours de l’année écoulée 14 plateformes revendicatives individuelles et une plateforme minimale de la Coordination nationale des syndicats de l’éducation (CNSE). Du coup, a-t-il poursuivi, une négociation a été enclenchée afin d’aboutir à une solution adéquate. « Après trois rencontres de négociation, le dialogue s’est enlisé. La CNSE a lancé des mots d’ordre de sit-in, des grèves et des marches », a déploré le premier ministre.

Nonobstant les négociations, pourquoi le syndicat persiste-t-il dans sa dynamique ?

Selon Paul Kaba Thiéba, le CNSE a relevé que les solutions du gouvernement ne sont pas à la hauteur de leur attente. Toute chose qui pousse encore les enseignants à la grève. « J’ai donc donné des instructions expresses à la commission technique pour améliorer dans la mesure du possible les réponses du gouvernement », a signifié le chef du gouvernement.

Une revendication de 50 milliards de FCFA

Cependant, le premier ministre a fait savoir que les enjeux sont importants quant à la satisfaction totale des quatre points de revendications des grévistes. Et de poursuivre que la Coordination soulève des problèmes dont le traitement a des incidences financières considérables. « L’incidence globale minimale de la plateforme tourne autour de 50 milliards de franc », a-t-il dit.

Nonobstant la complexité de la situation, Paul Kaba Thiéba a avoué que le gouvernement s’active à trouver une solution idoine aux préoccupations du CNSE tout en privilégiant le dialogue. « Il est de ma responsabilité en tant que chef du gouvernement d’examiner les préoccupations des enseignants et d’y apporter une réponse à la hauteur de la satisfaction minimale des syndicats », a rassuré le premier ministre.

Comme argument il a indiqué qu’après trois journées de négociations, 8 des 23 sous points de revendication ont été examinés et le gouvernement a pris des engagements pour apporter des améliorations au système éducatif.

Pour parvenir un dénouement parfait et dans de bonnes conditions, le chef du gouvernement a invité l’ensemble des travailleurs au sens du devoir, au respect des valeurs fondamentales de la fonction publique, en particulier au respect de l’intérêt général et de la continuité du service public.

« Je réitère mon engagement au dialogue en vue de la recherche de la paix sociale. Je mettrai tout en œuvre pour sauver l’année scolaire de nos enfants », a laissé entendre Paul Kaba Thiéba.

Après cette sortie du chef du gouvernement sur les négociations avec le CNSE, les enseignants vont-ils rentrer dans les classes ou lever leur mot de grève ?

                                                                                                                     Issa KARAMBIRI