Pour respecter le mot d’ordre de grève de 72 heures d’arrêt de travail décrété par la Coordination Nationale des Syndicats de l’Éducation (CNSE) sur toute l’étendue du territoire, les agents de l’éducation se sont donnés rendez à la bourse du travail ce 9 janvier 2018.

« Nous avons dit depuis le 5 octobre que cette année doit être celle des enseignants », a rappelé le SG du SYNATEB, François De Salle Yaméogo par ailleurs membre de la Coordination Nationale des Syndicats de l’Éducation devant un parterre d’enseignants.  A travers cette phrase, le SG du SYNATEB laisse entendre que les agents de l’Éducation n’entendent pas lâcher prise tant que le gouvernement ne trouvera pas une solution idoine à leurs préoccupations.

François De Salle Yaméogo, SG du SYNATEB

Quant au mot d’ordre de grève, François De Salle Yaméogo a indiqué qu’il est lié à la non satisfaction de leur revendication qui tourne autour de quatre points essentiels à savoir l’amélioration de l’accès à l’école, l’amélioration des conditions d’études et de vie, la revalorisation du statut d’enseignant, et la question du statut.

« Il faut faire savoir qu’un statut ce n’est pas seulement que de l’argent. Ce qui nous est fondamentale c’est de revoir la fonction d’enseignant, redéfinir le profil d’entrée et de sortir dans la fonction. On ne peut pas vouloir un système performant en recrutant des enseignants ayant un BEPC pour le primaire avec deux ans de formation. C’est insuffisant » a-t-il martelé

Pour lui, en définissant un nouveau statut, toutes ces questions devront être réglées de telle sorte que le mode de recrutement changera afin d’induire de la qualité dans le système éducatif.

                                   72 heures de grèves et après ?

La suite des évènements est très clair selon le SG du SYNATEB car a-t-il dit « notre agenda est étalé sur toute l’année. Nous n’allons pas nous lasser si le gouvernement ne prend pas  nos problèmes au sérieux ». Et de poursuivre que l’arrêt de travail des 72 heures est entouré d’autres actions syndicales notamment la non transmission des différents rapports, la non évaluation et ce, jusqu’à la fin du deuxième trimestre.

                                  Le risque d’une année blanche ?

C’est avec fermeté que le SG du SYNATEB a affirmé que la définition des couleurs des années dépend de la volonté des autorités à résoudre les préoccupations des agents de l’éducation.

« A mon avis, il est mieux d’avoir une année blanche que d’avoir une vie blanche. Quand il y a un problème il faut savoir s’arrêter et le résoudre. On croit qu’on a des enfants qui vont à l’école mais en réalité on se trompe. Les parents d’élève peuvent apprécier la qualité du système éducatif », a-t-il lâché.

Même sentiment pour le SG de la Fédération des Syndicats Nationaux des Travailleurs de l’Education et de la Recherche (F-SYNTER), Souleymane Badiel également membre de la CNSE. En plus du mot de grève, il a indiqué  que  déjà sur le terrain, d’autres actions font leur effet notamment les sit-in chaque lundi et mercredi et ce, jusqu’à, la fin du deuxième trimestre.

 

Pour lui, le maintien des grèves sur le terrain montre que le gouvernement n’est toujours pas sensible à leurs préoccupations. « Le maintien des actions sur le terrain montre que nous ne sommes pas à un niveau avec le gouvernement qui permet de suspendre ou de lever le mot d’ordre de grève », a-t-il dit

Au moment où les agents de l’éducation maintiennent corps et âme leur mot d’ordre de grève, les établissements sont déserts et les élèves dans la rue. Jusqu’où ira cette situation ?

Il faut rappeler que la Coordination Nationale des Syndicats de l’Éducation (CNSE) est composée de 15 différentes syndicats.

                                                                                                          Issa KARAMBIRI