On connaît Julie Rosine Yé comme mannequin. Depuis près de 7 ans, cette mannequin fétiche de François Premier brille de mille feux sur les podiums. Mais l’autre facette de sa vie qu’on ignorait est sans doute Julie l’étudiante en cycle d’ingéniorat aux 2IE.Elle ambitionne contribuer à l’amélioration de l’accès à l’énergie, notamment solaire au Burkina Faso.

Le mannequinat et Julie, quelle histoire ?

Un peu par hasard. J’étais en année d’examen de baccalauréat et un de mes professeurs qui avait remarqué ma forme élancée m’a conseillée de me lancer dans le mannequinat. J’ai donc tenté ma chance en passant par des castings.

Je voulais aussi changer d’environnement, puisqu’à l’école j’étais une fille studieuse, tout le temps dans les bosses. J’avais envie de voir autre chose, de connaître ce monde et donc je me suis ne dit pourquoi pas !

Jusqu’où Julie veut-elle aller dans le mannequinat ?

Connaître les grands du milieu de la mode qui sont des personnes vraiment intéressantes. Une chose est sûre, c’est que je ne veux pas être mannequin à vie. Je sais qu’il y a des gens qui font carrière dans le mannequinat, mais je veux surtout aligner ma profession à l’ingénierie parce que j’y serai bientôt. Je souhaite si possible donner un sens commun à ces deux métiers qui me passionnent.

Comment arrives-tu à concilier ce métier et les études ?

C’est très difficile ; je ne sais pas comment j’y arrive mais je tiens le coup. Quand on m’appelle pour un défilé je m’arrange pour être là. J’ai dû plusieurs fois m’absenter des cours pour assister à un casting ou a un défilé mais Dieu merci je m’en sors toujours en classe. Je le fais par plaisir parce que c’est quelque chose qui me passionne vraiment. C’est pourquoi je sacrifie beaucoup de choses pour cela. Je sais que le plus difficile arrive en ce sens que je ne suis qu’au stade des études. Mais je compte redoubler encore plus d’effort même quand je vais commencer à travailler.

 

Julie rencontre certainement des difficultés dans le métier. Lesquelles ?

La principale difficulté c’est le temps. Mon école est un peu loin de la ville et j’ai quasiment une heure de route à faire. Donc trouver du temps pour venir faire les défilés, pour étudier et faire mes examens franchement c’est pas du tout simple. Disons que c’est difficile d’allier ces deux métiers : une fille mannequin et une fille un peu garçonne (rire) ingénieure électrique.

Quelle a été ta rencontre professionnelle décisive ?

C’est la rencontre avec mon agent, mon manageur actuel qui s’appelle Moussa Diapaga que je salue au passage.  C’est lui qui m’a ouvert les portes de beaucoup de défilés. Et c’est en même temps un ami très proche.

Ton modèle dans le domaine du mannequinat ?

Mon modèle est Charlie Ferone, une sud-africaine qui a évolué aux États-Unis et qui est aussi devenue une actrice de cinéma. Ce qui m’a impressionnée dans tout son parcours, c’est sa persévérance. Elle s’est donné des objectifs et s’est battue pour les atteindre.

Que ressent Julie lorsqu’elle est sur le podium ?

Je suis à l’aise sur le podium et c’est un moment très agréable que je vis quand j’y suis.

As-tu déjà eu peur de tomber ?

Au début oui. Lors de mes premiers défilés, j’avoue que j’avais très peur, parce que monter sur un podium avec le regard du monde, ce n’était pas du tout simple. Mais au bout de 10 à 20 défilés, on ne voit plus tout ça. On monte, on s’amuse, on fait le show on montre les vêtements et c’est intéressant.

A quoi rêve Julie ?

J’entends laisser quelque chose d’utile, une marque sur cette terre et surtout au Burkina Faso d’abord à travers le métier que j’exercerai.

Je rêve de m’investir en étant ingénieure dans le combat pour l’électrification du Burkina Faso.

Un autre projet que j’ai aussi en tête, c’est de faire connaître le textile burkinabé partout au monde, par exemple à travers la création d’une marque de vêtements.

 J’espère ainsi servir à quelque chose dans la promotion du Faso Danfani.

 

Que mange Julie  au quotidien ?

Je mange très très mal (rires). On est en Afrique et en plus au Burkina Faso ; rares sont les personnes qui peuvent tenir un régime établi. Déjà je suis très mince pour la moyenne, donc je ne fais aucun effort. Je mange du tout et à n’importe quelle heure de la journée, même à des heures tardives. Et vraiment je n’entretiens pas mon corps. J’ai la chance d’être mince naturellement et donc c’est mon avantage.

Un sport ?

Je ne pratique aucun sport à part peut-être la marche parce que je marche beaucoup. En plus, je n’ai pas trop de temps pour cela.

Comment Julie occupe-t-elle ses temps libres ?

Quand le temps me permet, j’aime bien assister aux salons et expositions (photographie, art plastique, innovations, technologiques, etc.). Les forums et les conférences occupent également une grande partie de mon temps et me permettent d’accroître mes connaissances. Mais un peu comme tout le monde, j’aime bien le cinéma, la lecture et la musique. Mon préféré reste surfer sur le net à farfouiller, à chatter, à découvrir.

Un mot à l’endroit des jeunes filles qui rêvent d’emprunter tes pas ?

Étudiez d’abord. Comprendre et apprendre les choses avant et vivez vos passions. Si votre passion c’est le mannequinat, ne ratez pas l’occasion de la vivre, parce que la vie de mannequin, ce n’est pas pour les « ratés » comme certains le pensent ou les moins intelligents. Il faut avoir un bagage intellectuel afin de pouvoir mener et vivre concrètement sa passion surtout que le métier ne nourrit pas son homme au Burkina Faso. Comme vous le savez, il n’y a pas trop de défilés de mode et c’est très difficile de s’en sortir si on veut vivre uniquement de cela.

Ton secret beauté ?

Le truc c’est que comme je le disais, je suis ingénieure technique et en même temps mannequin, donc je n’ai pas assez de temps pour ces astuces. Vu mon statut de mannequin j’ai le devoir de m’entretenir même si c’est un tout petit peu. Je fais la manucure une fois tous les six mois. Mais le maquillage, il est important. Je suis toujours maquillée, même si c’est très légèrement. Je ne peux plus me laisser aller. Même à l’école, je dois être toujours présentable.

Le monde du mannequinat n’est pas beaucoup apprécié en Afrique ni plus au Burkina Faso. As-tu quelque chose à dire à ces personnes qui vous jugent de loin ?

Qu’elles viennent côtoyer ces mannequins là et elles verront que ce sont des personnes battantes qui travaillent beaucoup pour réussir dans ce métier. La plupart travaille ailleurs ; ce sont soit des étudiants soit des travailleurs, etc. Elles ont toujours une deuxième fonction et font le mannequinat par passion ; c’est en même temps un job qui leur permet d’avoir de l’argent une fois en passant et de s’amuser.

Penses-tu déjà à fonder un foyer ?

Je pense à la vie de famille. Ça me plairait bien et très bientôt d’ailleurs parce que j’avance en âge. Mais je pense qu’avec la maternité on prend du poids, mais étant mannequin, je ferai tout pour garder une certaine ligne. Quand on est habitué à avoir une certaine image, celle d’une fille jolie et raffinée, il est difficile de passer à celle d’une fille délaissée.

Un dernier mot ?

Julie est une personne à suivre. Très bientôt vous entendrez parler de moi un peu partout. Donc soyez attentifs et attendez de voir.

Gansoré Aminata