La Société Burkinabè d’ORL et de Chirurgie Cervico-faciale (SOB ORL) organise les 16, 17 et 18 novembre 2017 à Bobo Dioulasso, son VIe congrès. A quelques jours de l’événement, nous avons rencontré le Professeur Yvette Marie Chantal GYEBRE, présidente de la SOB ORL.

QueenMafa : Qu’est-ce que la Société Burkinabè d’ORL et de Chirurgie Cervico-faciale (SO.B. ORL) ?

Professeur Yvette Marie Chantal GYEBRE : La SOB ORL est la Société Burkinabé d’Oto-Rhino-Laryngologie et de Chirurgie Cervico-faciale. C’est une société savante, apolitique, à but non lucratif et qui a pour objectif de réunir les ORL, les praticiens médicaux, paramédicaux, qui s’occupent de la discipline ORL pour que nous puissions former une famille, pour que nous puissions partager, promouvoir cette spécialité. Elle existe depuis 2002 et a organisé le premier congrès en 2003. L’idée de créer cette société est née du fait que la discipline n’était pas connue. A la création de la SOB ORL,il n’y avait que quatre médecins ORL au Burkina Faso et à l’époque on était autour de 14 millions de Burkinabè. Il y a eu la vision des autorités de former des infirmiers spécialisés en ORL pour pallier cette absence de médecins ORL, parce que la formation médicale demande quatre ans après la médecine générale.  C’est pourquoi notre société regroupe des médecins ORL et infirmiers spécialistes en ORL.

Le VIe congrès et la Journée mondiale de la surdité sont placés sous les thèmes « ORL et pathologie pédiatrique/surdité ».  Pourquoi le choix de ces thèmes ?

Ces thèmes ont été choisis parce qu’ils sont d’actualité.  ORL et pathologies pédiatriques parce que les enfants constituent plus de 60% de la clientèle ORL. Ce n’est pas seulement au Burkina, mais partout. 60%, c’est d’ailleurs des chiffres français de la clientèle ORL. Et il faut à un moment donné s’arrêter pour connaître, évaluer les affections ORL inhérentes à l’enfant et voir dans quelle mesure on pourrait améliorer la prise en charge.

La surdité est un problème de santé publique. L’OMS a pris ce problème à bras lecorps depuis les années 2009 et a même édité des manuels portant sur les soins d’oreilles et de l’audition afin de vulgariser la prise en charge des soins de l’audition. Pas ORL de façon générale mais on a insisté sur l’audition parce que ce sont les atteintes de l’audition et de l’oreille qui vont aboutir la plupart du temps à la surdité.

Quelles sont les activités prévues au cours du congrès ?

Le congrès est organisé conjointement avec la célébration de la Journée mondiale de la surdité qui va se faire en différé parce que c’est déjà passé. Et nous profitons du congrès pour organiser cette journée et en prélude, nous avons prévu, le 15 novembre, une consultation médicale gratuite de 9h à 14h au Centre Hospitalier Universitaire Sourou Sanou de BoboDioulasso dans le service ORL pour les malentendants. On leur fera le bilan auditif pour voir quel est le niveau de leur perte de l’audition et quelles sont éventuellement les prises en charge qu’on peut leur octroyer.

Le congrès même est un partage scientifique. On va développer des thèmes entrant dans le cadre de ces gros thèmes. Ce sera essentiellement des travaux scientifiques sur deux jours (16 et 17 novembre) portant sur la pathologie ORL de l’enfant. Elle est variée, ça peut être des infections, des traumatismes, des tumeurs, des malformations. etc. On va passer tout cela en revue.

Le troisième jour sera consacré à la JMS proprement dite. On aura des conférences et on va parler de la difficulté de la prise en charge des personnes malentendantes. Il y en a qui vont venir donner leurs témoignages et c’est là qu’on va partager l’expérience du traitement de la surdité grave, de la surdité cophotique, c’est-à-dire que la personne n’entend rien. Il y a des indications aussi par rapport à cette prise en charge et ce ne sont pas tous les cas qu’on peut opérer.

Quelles sont vos attentes à l’issue de ce VIe congrès ?

A l’issue de ce VIe congrès, nous aimerions que les gens connaissent davantage la discipline et, en particulier, les aspects concernant la pathologie de l’enfant.   Aussi, que tous les acteurs soient imprégnés de la nécessité de la prise en charge des personnes malentendantes, des personnes sourdes, notamment la surdité grave, la surdité importante parce que la baisse de l’audition varie. Il y a des cas où la personne n’entend pas du tout et il y a des possibilités encore de prise en charge qui s’offrent aux pays du Nord et que nous n’avons pas ici et auxquelles des pays de la sous-région commencent à s’y intéresser. Nous allons partager au cours de ce congrès les expériences de la Côte d’Ivoire et du Sénégal.

 

 Propos recueillis par Assétou Maïga