On la connaît pour son franc parler mais aussi pour son altruisme. Rien de moins surprenant qu’après une carrière bien remplie au ministère de la Communication, Aminata Ouédraogo/Bakayoko, se lance un autre défi : aider les couples à surmonter les difficultés de la vie. C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme qu’elle a accepté de partager avec Queen Mafa, les raisons de cette reconversion.

Queen Mafa : Après avoir occupé de hautes fonctions au ministère de la communication, vous vous intéressez au métier de conseiller conjugal ?

Le choix de cette nouvelle mission est fondé sur ma nature. Je suis très sociale, très relationnelle, j’accorde beaucoup d’importance à l’être humain. J’échange beaucoup avec les grandes personnes parce que j’ai soif d’apprendre, et j’observe aussi la situation des jeunes femmes comme des hommes. Alors, je me suis dit qu’il faut faire quelque chose pour aider les uns et les autres et rendre la vie agréable à ceux qui décident de vivre ensemble.

Comment cette initiative est-elle née en vous ?

L’idée a germé depuis plusieurs années et il y a environ 10 ans de cela, j’étais la mamie confidente de l’émission ‘’confidence’’ d’horizon FM. J’ai fait cela pendant un bout de temps.  Je recevais des jeunes filles et des hommes. J’ai réussi plus que la moyenne mais, il y a des gens que je n’ai pas pu remettre ensemble parce que chacun est resté sur sa position.  Mais la satisfaction est que, même ceux qui se sont séparés ont gardé de très bonnes relations, surtout quand il y a des enfants.

Comment êtes-vous arrivée à ouvrir un cabinet conjugal ?

J’ai fait une formation sur le tas.  J’ai une amie principalement avec qui j’ai parlé de ce projet lors d’un de mes séjours en France. Elle m’a mise en contact avec d’autres personnes avec qui j’ai beaucoup travaillé sur la base d’exercices qu’elles me donnaient selon les cas. Je faisais aussi des recherches sur internet par rapport à certains problèmes. Je discute aussi avec des gens, des magistrats, des agents communaux pour essayer de voir comment il faut orienter la chose. Finalement, j’ai décidé de le faire sous forme de cabinet conseil, parce que c’est une procédure. Ce n’est pas en une séance qu’on peut résoudre ces genres de problèmes. C’est en plusieurs séances accompagnées de thérapies.

Quel est le rôle d’un conseiller conjugal ?

Un conseiller conjugal est un accompagnateur, c’est un conseil, c’est un exemple ; une personne qui n’a pas une bonne vie de famille sociale ne peut pas être un conseiller conjugal.

Faut-il être marié pour être un conseiller conjugal ?

On peut ne pas être marié et être un conseiller conjugal. Tout dépend de la raison pour laquelle on n’est pas marié.  Le mariage n’est pas une ordonnance. Tu peux vouloir te marier mais, il ressort que tu n’as pas encore trouvé l’âme sœur, que ce soit l’homme ou la femme.  Il y a des gens qui se marient pendant la cinquantaine. Mais, une personne qui n’a pas un comportement exemplaire ne peut pas être un conseiller conjugal.

Quand consulter un conseiller conjugal ?

C’est quand le couple le désire. Tout dépend de la crise qu’il traverse. Il ne s’agit pas uniquement que des femmes ; les hommes sont aussi concernés, parce que si je ne mets l’accent que sur les femmes, je n’aurai fait que la moitié du chemin. Si l’homme n’a suivi aucune séance, il ne se sentira pas impliqué.  Mais ce que je souhaite est que des couples viennent aussi nous partager leurs belles expériences.  Ainsi, ils seront des personnes ressources à qui je pourrai faire appel et qui pourront m’aider dans cette nouvelle orientation que je donne, surtout pour les jeunes qui veulent se marier.

Dans un couple, nul n’a jamais toujours raison et nul n’a jamais toujours tort ; quand le foyer réussit, c’est l’effort des deux ; et quand il échoue, c’est la responsabilité des deux, parce que chacun à un moment donné, a posé des actes qui ont contribué soit à consolider soit à dissoudre les relations. Ma satisfaction est qu’au moins 90% de ceux qui viennent puissent reconnaitre que c’était nécessaire.

 

 

Quels sont les problèmes courants que rencontrent les couples qui viennent à vous ?

Les violences. La violence peut être un comportement. Elle peut être verbale, silencieuse, psychologique envers l’homme ou envers la femme. Par l’éducation, on ne dit jamais à la fille qu’il y aura ceci ou cela. Ce qu’on lui dit, c’est de bien s’occuper de son mari, de ses enfants. Ce message n’est pas donné au garçon, qui n’a pas conscience que quand il épouse une fille, celle-ci n’est pas une bonne une fois chez lui. C’est pourquoi, il faut travailler à améliorer cela. La gestion de la crise dans le couple ne peut pas être pareille parce que chacun a sa personnalité. Elle se fait dans le consensus. Il y a des couples qui se séparent parce qu’il y a des exigences comme par exemple rentrer à la maison à une heure précise.

Quels types de couples vous consultent le plus ?

De plus en plus des jeunes couples et c’est ce qui m’inquiète. Un couple qui a 9 mois de mariage seulement, des gens qui ont à peine deux à trois ans de mariage, un ou deux enfants et des problèmes surviennent déjà. C’est très inquiétant.

Quel est votre secret pour rester au top ?

Je m’entretiens, je prends soin de moi, je m’habille selon ma corpulence.

Votre philosophie de vie ?

Je n’aime pas l’excès, j’aime la sobriété.  Je suis très respectueuse mais je ne me laisse pas faire. Je ne suis pas rancunière. Je suis positive ; pour moi, tout problème a une solution. Je m’aime comme je suis. Il faut toujours rendre grâce à Dieu pour ce qu’il nous donne.

Vos loisirs 

La cuisine, la propreté, l’ordre, le sport, les relations sociales (la camaraderie, les visites), les sorties, les voyages. Tout ce qui peut rendre la vie agréable, je suis partante.

Assétou Maiga