Les femmes ont du génie. Et elles le montrent. Dans tous les domaines d’activités, elles sont capables de rivaliser avec les hommes. Et Typha Fatimata Konaté fait partie de celles qui s’assument et qui se battent. Elle est coach en développement personnel et en entrepreneuriat, directrice de l’Agence Creads Name et initiatrice d’une tribune sur Facebook pour les jeunes femmes entrepreneures, dénommée « Elles entreprennent.

Queen Mafa  : Pouvez-vous revenir sur  votre parcours  d’entrepreneure ?

 

Typha Fatimata Konaté : Je suis titulaire d’un DTS en management des entreprises, d’une licence en management des ressources humaines et d’un master 2 en transport et logistique. Malgré mes diplômes, je n’ai pas eu la chance au début d’être employée par une entreprise.

Une malchance qui s’est révélée comme une chance puisque  c’est cela qui m’a emmenée à créer mon propre emploi. Toujours désireuse d’être une femme indépendante qui fait valoir ses compétences, j’ai créé ma propre structure.

L’idée de la création de cette entreprise m’est venue d’un constat à la Maison de l’entreprise alors que j’y étais pour un renseignement.  J’ai remarqué que tous ceux qui y étaient  pour créer leurs sociétés donnaient des noms du genre Établissement ou Entreprise…et frères. Touchée par ce manque de créativité dans la dénomination des entreprises, une fois retournée chez moi, je me suis  mise à créer, pendant toute une journée, une liste interminable de noms d’entreprises. C’est ainsi que mon entreprise est née.

 

 » Je lutte pour l’autonomisation économique des femmes et je souhaite que toutes les femmes d’Afrique en général et du Burkina en particulier comprennent qu’elles ont du potentiel à revendre »

Vous avez créé «Jeunes Femmes Entrepreneures du Burkina Faso ». De quoi s’agit-il concrètement ?

 Je suis sur les réseaux sociaux comme Facebook où j’ai fait le constat que les femmes n’ont rien d’important à se dire. Elles parlent souvent de tout mais oublient ce qui concerne leur propre développement, leur épanouissement, etc. J’ai décidé d’opérer le changement de mentalités en créant un cadre qui sert de tribune pour les jeunes femmes entrepreneures du Burkina. J’ai créé une page Facebook pour montrer l’exemple de celles qui ont décidé d’entreprendre. Je les invite à se libérer du carcan de l’oisiveté.

 

 Comment appréciez-vous l’entrepreneuriat féminin au Burkina Faso ?

Pour moi, il faut que la jeunesse féminine burkinabè se mette débout. Elle peut y arriver parce que la solution est en la femme elle-même. On entend souvent dire que l’entrepreneuriat n’est pas facile,  mais il faut dire que la vie elle-même n’est pas facile.  Je lutte pour l’autonomisation économique des femmes et je souhaite que toutes les femmes d’Afrique en général et du Burkina en particulier comprennent qu’elles ont du potentiel à revendre, qu’elles méritent le meilleur dans la vie et qu’en dépit de toutes les limitations sociales qui sont notre quotidien, elles peuvent et doivent réaliser leurs rêves.

 En prélude au 8-Mars 2017, on vous a vue jouer à la pompiste, à la vendeuse de journaux, de cartes de recharge, etc. Quel était le message que vouliez faire passer ?

Le message que je veux transmettre pour ce mois de la femme est que l’autre moitié peut tout faire aujourd’hui sans complexe, alors pour préparer le 8-Mars, je me suis mise dans la peau de ceux qui exercent dans ces corps de métier.

Quels conseils avez-vous pour celles qui hésitent encore à entreprendre ?

 Mariée ou divorcée, avec ou sans enfants, aujourd’hui, ce n’est pas une fatalité. Mais être sans emploi, sans activité génératrice de revenus, c’en est une. C’est pourquoi j’encourage mes sœurs à se lancer dans l’entrepreneuriat parce que selon moi, c’est à ce prix qu’elles seront respectées, qu’elles donneront le bon exemple et inspireront de nombreuses autres femmes. Soyez audacieuses et ambitieuses dans le bon sens.

 Quelles sont vos perspectives ?

Je veux être le canal d’information pour toutes les femmes du Burkina. J’aimerais être  une référence qui guide, qui oriente, qui conseille, qui informe et qui assiste toutes les femmes dans la création de leurs entreprises.

 

 par Lala KABORE /DERA