Avec un sourire franc, elle nous reçoit dans son bureau soigneusement décoré de tableaux offerts par ses patients au CHU Blaise Compaoré. Pourtant, la brillante élève en classe de terminale en 2000 au collège notre dame de Kologh Naba qu’elle était, ne s’imaginait pas une telle destinée. Mais, après le Baccalauréat, Clarisse se voit orientée à la faculté de médecine. C’est le début de l’aventure pour la future chirurgienne.

« J’ai côtoyé des médecins chirurgiens qui m’ont donnée une véritable envie de vouloir le faire. Je pense particulièrement au Pr Adama Sanou et bien d’autres »,  a-t-elle confié.

Sa participation avec succès au concours que le ministère de la santé venait de lancer en offrant une bourse exceptionnelle aux étudiants en fin de cycle pour se spécialiser en chirurgie et en anesthésie, lui trace inéluctablement les sillons au métier de chirurgien. « Nous étions 10 à bénéficier de cette opportunité et j’étais l’unique femme », se souvient encore Clarisse.

« Les femmes, n’avaient pas encore leur place en chirurgie. Il fallait donc s’affirmer et s’imposer », DR Clarisse Yaméogo

Les femmes, confie-t-elle n’avaient pas encore leur place en chirurgie. Il fallait donc s’affirmer et s’imposer. Clarisse Yaméogo avait toujours été brillante et ce n’était pas en fin de cursus que cela allait changer. Encouragée par ses parents et ses maîtres qui lui ont assuré toutes les conditions pour progresser, sa ténacité et sa persévérance lui ont permis de devenir en 2013 une chirurgienne confirmée.

    Environ cinq à six interventions par semaine

Parmi la centaine de chirurgiens que compte le Burkina Faso, Clarisse Yaméogo jouit d’une belle renommée auprès de ses patients. Romaine Bakoan, Aziz Barro, Mme Taiita,… des malades ayant bénéficié du service de la chirurgienne l’apprécient sans limites.

« Elle est très professionnelle et humaine. Grâce à Dieu et au docteur Yaméogo, je suis en vie », lance toute heureuse madame Taiita.

« D’abord pour un malade si ton soignant te traite humainement, à 50% déjà ta souffrance s’allège. Dr Yaméogo est une femme au bon cœur qui prend réellement soin de ses patients au vrai sens du terme », relate Aziz Barro.

 

Malgré tant d’éloges en son endroit, la jeune doctoresse garde la tête sur ses épaules. « Nos juges et d’ailleurs les meilleurs sont nos patients », reconnait-elle. Son projet d’avenir est de pouvoir se consacrer à une autre catégorie de malades qui semblent laisser pour compte : les malades de brûlure.

« Jusqu’à présent, il n’y a pas de centre dédié à la prise en charge des grandes brûlures pourtant c’est un mal qui fait des ravages », se désole-t-elle.

 

                                                                       Issa KARAMBIRI