Dans une déclaration parvenue à notre rédaction, le Conseil des Femmes du Burkina(CFB) interpelle le président Roch Marc Christian Kaboré sur ses engagements envers les femmes notamment celui concernant le renforcement de leur participation dans les instances de prises de décisions.

Dans une déclaration parvenue à notre rédaction, le Conseil des Femmes du Burkina(CFB) interpelle le président Roch Marc Christian Kaboré sur ses engagements envers les femmes notamment celui concernant le renforcement de leur participation dans les instances de prises de décisions. A travers cet appel, qui intervient après la nomination  de Paul  Kaba Thièba comme Premier Ministre,  les femmes demandent au Président  du Faso, ainsi qu’à son  chef du gouvernement, de respecter le quota minimal de 30% de femmes  dans le nouveau gouvernement.

L’intégralité de la déclaration:

Appel du Conseil des Femmes du Burkina (CFB) à l’intention de Son Excellence Monsieur le Président du Faso, et de Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du gouvernement

Après les élections couplées présidentielles et législatives du 29 novembre 2015, le Burkina Faso s’est doté d’un Président de la république dont son Excellence Monsieur Rock Marc Christian KABORE, Président du Faso, et d’un nouveau parlement. A travers cette adresse, le Conseil des Femmes du Burkina (CFB) félicite le nouveau président du Faso pour son élection à la tête de l’État du Burkina Faso.

Par ailleurs, le CFB, prend acte de la nomination de Monsieur Paul Kaba THIEBA aux fonctions de Chef de Gouvernement, intervenue le 06 janvier 2016 et qui ouvre la voix aux différentes consultations pour la constitution du gouvernement.Il exhorte, leurs Excellences Messieurs le Président du Faso et le Premier Ministre à prendre les mesures idoines pour une présence minimale effective de 30% de femmes et de jeunes, au prochain gouvernement.

Comme on peut le constater, les résultats des dernières élections législatives constituent un vrai recul pour notre démocratie qui se veut inclusive de toutes les couches sociales, dans une proportion qui garantisse un minimum de justice sociale.En effet d’un taux de 18.90% en 2012, le taux de femmes en attendant des éventuels remplacements de titulaires à l’Assemblée Nationale, est passé en 2015, à 9.44%. Cette situation, est contraire à l’esprit du volet promotion des femmes du programme de société du Président du Faso qui prévoit la promotion des femmes comme acteurs dynamiques du développement.Aussi, est –il important de rappeler que le Burkina Faso a pris des engagements aussi bien nationaux qu’internationaux pour l’amélioration et la promotion de la participation des femmes aux instances de décision et à l’égalité des sexes, notamment :

  • la Constitution du 02 Juin 1991 et ses modificatifs ;
  • le Protocole à la Charte Africaine des droits de l’Homme et des Peuples relatif aux Droits de la Femme en Afrique du 11 juillet 2003 ;
  • la Charte Africaine de la Démocratie, des élections et de la gouvernance du 30 Janvier 2007 ;
  • la Convention sur l’Élimination de toutes les Formes de Discrimination à l’Égard des Femmes (CEDEF) du 18 décembre 1979 à prendre en compte la participation des femmes dans la gestion des affaires publiques ;
  • La Politique Nationale Genre ;
  • La loi n°010-2009/AN du 16 Avril 2009, portant fixation d’un quota aux élections législatives et municipales au Burkina Faso…

Le CFB voudrait rappeler à son Excellence Mr le Président du Faso ses engagements pris lors de la campagne électorale, notamment celui de :

« …promouvoir et rendre effectifs les droits fondamentaux de la Femme …» d’une part, et sa volonté exprimée dans son programme intitulé « BÂTIR AVEC LE PEUPLE UN BURKINA FASO DE DEMOCRATIE, DE PROGRES ECONOMIQUE ET SOCIAL, DE LIBERTE ET DE JUSTICE », d’autre part, dans lequel il affirme ce qui suit :

« Je prends l’engagement de faire appliquer effectivement les textes luttant contre les violences faites aux femmes et contre les discriminations dont elles sont victimes. À cet effet, il sera procédé dès la première année du quinquennat, à l’inventaire et à l’évaluation de tous les textes et cadres ou mécanismes existants en la matière au niveau national et/ou international, en vue de planifier leur application effective.

Les dispositions seront prises pour renforcer la participation de la Femme aux instances de prise de décision. (Législatif et exécutif)… »

Dans le souci donc du respect de ces engagements pris vis à vis du peuple du Burkina Faso et précisément des femmes, le Conseil des Femmes du Burkina recommande à leurs Excellences Messieurs le Président du Faso et le Premier Ministre, et ce, dans l’esprit d’ « …un contrat social de type nouveau …» :

  • Le respect du minimum de 30% de présences des femmes reconnu par les organes internationaux pour influencer toutes décisions, aussi bien au niveau du gouvernement, que dans toutes les autres nominations au niveau des sociétés et institutions publiques du Burkina Faso,
  • La prise de mesures urgentes idoines pour l’amélioration de la participation des Femmes aux élections municipales à venir.

Fait à ouagadougou le 07 janvier 2016

Le Bureau Exécutif National du Conseil des Femmes du Burkina