1er mai : les femmes mobilisées aux côtés des hommes pour de meilleures conditions de travail

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Les syndicats des travailleurs du Burkina ont encore sacrifié à la tradition par la commémoration du 1er mai, journée internationale du travail. La cérémonie s’est déroulée à la Bourse du travail et le message clé reste la poursuite d’une mobilisation citoyenne contre l’impunité, la vie chère, l’insécurité et pour les libertés.

   

Banderoles et drapeaux  en mains, bien disciplinés, c’est au moyen d’une marche animée d’une heure, sur une distance de 4Km environ, et ponctuée de pauses que les syndicats des travailleurs ont marqué la commémoration du 1er mai. Partis de la bourse de travail autour de 9heures, les femmes au-devant de la scène, les participants sont arrivés au Rond-point des Nations Unies, en passant devant le Médiateur du Faso, le centre culturel et la maison du peuple. De là, ils empruntent l’Avenue Kwamé Krumah jusqu’à la station totale avant de remonter vers la Cathédrale pour repartir au lieu de départ.
Cette année, les syndicats des travailleurs du Burkina ont célébré le 1er mai sans cahier de doléances à l’endroit du gouvernement. La raison donnée par les responsables est que les doléances de 2017 sont toujours sans suite.

Selon les organisateurs, c’est une illustration de la commémoration du 132e anniversaire de la lutte menée par les ouvriers de Chicago, mais aussi une manière de permettre aux syndicats des travailleurs de faire le point de leurs luttes pour dégager des perspectives.

La célébration du 1er mai cette année, à en croire le président du mois et porte-parole des syndicats des travailleurs, Olivier Ouédraogo, se déroule dans un contexte assez particulier au niveau international que national. Si « la situation internationale est marquée par la persistance et l’approfondissement de la crise que traverse le système capitaliste impérialiste ; la situation au plan national est caractérisée par la persistance de la vie chère, l’aggravation de l’insécurité, la situation catastrophique au niveau de l’éducation, la défaillance du système sanitaire, la question de logements, le chômage, la corruption, la dégradation du dialogue social, les luttes des différentes couches populaires pour la prise en compte des préoccupations », a-t-il fait savoir.

Olivier Ouédraogo, Président du mois

Le président Ouédraogo poursuit en affirmant que partout dans le monde, les libertés syndicales sont menacées et il faut « que les travailleurs soient doublement mobilisés, parce qu’au-delà des intérêts que nous défendons, il y a aussi la question du chômage qui est devenue une lutte pour les organisations syndicales », a-t-il indiqué.

Bien déterminées, les femmes n’ont pas manqué à ce rendez-vous.

Marie Yonli/Zomodo, du syndicat national des travailleurs de l’éducation de base, est satisfaite de leur mobilisation. « C’est une journée où nous célébrons les premiers qui ont lutté pour que les droits au travail soient respectés, notamment les huit heures de travail, les heures d’allaitement, les congés de maternités, les congés annuels etc. Les gens sont sortis, on a marché, on a suivi le message de l’UAS, il faut qu’on reste mobilisé pour les combats à venir. Il y a beaucoup de femmes et ça montre qu’elles sont engagées pour le combat aux côtés des hommes », a t-elle avoué.

Marie Yonli/Zomodo

« Aujourd’hui c’est la fête du travail. Nous sommes venues pour revendiquer nos droits et faire savoir au gouvernement que nous demandons la ratification de la convention 189 de l’OIT, dans laquelle on voit les droits des aides ménagères et il y a beaucoup de bénéfices en cela », s’est exprimée Sakinatou Ouédraogo, secrétaire générale de l’Association de Défense des Droits des Aides ménagères et domestiques.

Sakinatou Ouédraogo

Des slogans ont été également lancés au cours de cette commémoration pour inciter à la lutte et à la mobilisation: ‘’ça suffit’’ pour les coupures d’eau, les délestages et le blocage des avancements. ‘’Mobilisation et lutte’’, ‘’Trop c’est trop’’ pour les licenciements abusifs, les crimes de sang et les crimes économiques etc.

Par ailleurs, la CGTB a annoncé la tenue d’une conférence de presse, le 13 mai prochain pour défendre les intérêts des travailleurs.

Assétou  MAIGA

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