Elle est aujourd’hui admise à la retraite. Mais son attachement pour les tout-petits est sans fin. Elle met alors son expérience à profit en créant une crèche privée en juillet 2016. Son souci majeur : éduquer les enfants dans l’amusement. Entretien avec Andréa Ouédraogo, une femme qui se bat au quotidien pour l’épanouissement des enfants.

Queen Mafa : Qui est Andréa Ouédraogo ?

Andréa Ouédraogo : Je suis inspectrice de l’enseignement du premier degré admise à la retraite. J’ai commencé ma carrière professionnelle dans l’enseignement en octobre 1998 et j’ai enseigné dans les écoles primaires pendant 15 ans. Ensuite, par le biais des concours professionnels, j’ai accédé au corps des Conseillers pédagogiques itinérants (CPI) puis à celui des Inspecteurs de l’enseignement du premier degré (IEPD). J’ai été chef de circonscription d’éducation de base, chef de service à la Direction générale de l’enseignement de base de 2012 jusqu’à ma retraite. Auparavant j’ai été détachée dans l’ONG Helen Keller International de 2007 à 2011, où j’ai été coordonnatrice d’un projet de santé/hygiène/nutrition en milieu scolaire, soit 22 ans dans l’encadrement pédagogique et 37 ans de service en général.

Pourquoi ne profitez-vous pas de votre retraite ?

Depuis mon admission à la retraite, je n’ai pas pu me défaire de l’amour que j’ai pour les enfants. Aussi, ayant constaté avec beaucoup d’amertume les difficultés que les jeunes mamans éprouvent pour la garde et la sécurité de leurs bébés, surtout après leurs congés de maternité, je me suis engagée à créer une structure d’accueil des enfants de 0 à 3 ans afin de répondre à ce besoin d’encadrement de la petite enfance. C’est ainsi qu’est née la crèche privée « Chez Mamie » située au quartier Somgandé, face au terrain omnisports. Nous avons des enfants qui font la petite section. Nous envisageons ouvrir la moyenne et la grande section à la rentrée prochaine. Je veux être la mère de toutes ces femmes qui souffrent pour la garde de leurs enfants et devenir en même temps la mamie de ces tout-petits.

Comment créer un environnement aimable pour l’enfant à l’école ?

La première condition, c’est l’accueil.  L’accueil de l’enfant est très important à l’école. Le parent peut se sentir inquiet ou culpabiliser de laisser son enfant à une personne étrangère à sa famille. Le bon accueil permet de le rassurer. Quand l’enfant vit ce changement comme une séparation avec ses parents, l’accueil est décisif pour qu’il accepte l’école. La deuxième condition, c’est d’avoir un personnel compétent et aimant envers les enfants. Aussi, le cadre scolaire doit être adapté pour que l’enfant puisse jouer sans risques. Les psychologues disent qu’un enfant qui ne joue pas n’est pas équilibré. La bonne perception de l’école par les parents contribue également à créer un environnement aimable pour l’enfant. Nous faisons la musique, la danse, la découverte des couleurs. L’enfant s’amuse en apprenant.

Votre cheval de bataille ?

Pour ce qui est de notre crèche, c’est de relever le défi de la qualité de l’éducation dans le système éducatif burkinabè et de contribuer à l’épanouissement et au bien-être des enfants. Notre pari est de garantir aux parents une garde sécurisante pour leurs enfants.

 Votre mot de fin

Malgré la divergence des points de vue sur l’importance de l’éducation préscolaire, notre avis c’est qu’elle contribue effectivement à une meilleure réussite scolaire de l’enfant.

 

Assétou W. MAÏGA