Au Burkina Faso et particulièrement dans la région des cascades, le phénomène des grossesses en milieu scolaire prend de l’ampleur. Au cours d’un échange le 12 juillet dernier à Banfora avec la délégation de la campagne nationale de communication pour le changement social et de comportement en faveur des femmes et de la jeune fille, les responsables des différentes structures éducatives et sanitaires ont dépeint un tableau bien sombre.

 

 Mariam Bonkoungou/Sawadogo, agent du MENA

61 cas de grossesse au primaire et 299 cas au secondaire. Tels sont les chiffres enregistrés par le MENA dans la région des cascades, au cours de l’année scolaire 2016-2017.Selon

Mariam Bonkoungou/Sawadogo, agent du MENA, ce sont pour la plupart des filles âgées de 12 à 16 ans. A en croire cette dernière, les chiffres ne font que s’accroître d’année en année et constitue aujourd’hui, une source véritable de déperdition dans le système éducatif.

 A qui donc la faute ?

Pour la fonctionnaire du ministère en charge de l’Enseignement les responsabilités sont partagées. « Tout le monde est en partie d’une manière ou d’une autre responsable de cette situation. Tous ceux qui sont acteurs de l’éducation ont leur part de responsabilité », confie-t-elle avant de poursuivre.

Nonobstant cette situation dégradante, Mariam Bonkoungou avoue qu’il existe un espoir. « Il y a de l’espoir car beaucoup d’associations s’intéressent à cette question. Elles ont pris à bras le corps le problème. Nous espérons que très bientôt la situation s’améliorera », rassure-t-elle.

     Loumana et Sidéradougou, les nids des grossesses précoces                                 

De l’avis du Secrétaire général de la région des cascades, Boubacary Traoré, la question des grossesses précoces en milieu scolaire est une grosse préoccupation pour les premiers responsables ladite région.

« Nous avons pris conscience de ce phénomène depuis plus de deux ans. Dans toutes les communes, le problème est existant mais il est encore présent dans les communes de Loumana et Sidéradougou », reconnaît le secrétaire général.

Dr Ouangrawa, DR de la santé des Cascades

Pour mettre fin à aux problèmes de grossesse en milieu scolaire, avec l’appui de ses partenaires, les premières autorités mènent des actions de sensibilisation. « Nous menons plusieurs campagnes de sensibilisation pour freiner ce problème qui fout en l’air l’avenir de milliers de jeunes filles. Nous approchons les parents d’élèves, les encadreurs et les élèves concernés pour montrer les conséquences de ce problème », explique-t-il.

Quant au directeur régional de la santé de la région des cascades, Dr Ouangrawa, il y a lieu d’accélérer les sensibilisations à travers  des conférences  sur la planification familiale afin de permettre aux acteurs des écoles. « Seule une sensibilisation réelle touchant toutes les catégories socioprofessionnelles peuvent infléchir la montée en puissance de ce phénomène », a-t-il conclu.

 

                                                                                                                 Issa KARAMBIRI