Médecins du Monde a choisi de faire de la santé sexuelle et reproductive une de ses priorités d’action et milite pour le droit des femmes à disposer de leur corps, à mener une vie sexuelle sans coercition ou violence et à décider librement d’avoir ou non des enfants, quand et combien. Pour cela, les femmes et les filles doivent avoir accès à une information complète à la sexualité, à la méthode de contraception de leur choix ainsi qu’à des services de santé adaptés et de qualité, y compris des soins d’avortements sûrs et légaux.

Aujourd’hui, 214 millions de femmes qui souhaitent éviter ou différer une grossesse dans les pays en développement n’ont pas accès aux services de planification familiale. « Si de plus en plus d’états intègrent l’accès à la contraception comme une priorité de politiques de santé nationale, ces efforts ne se traduisent pas toujours par la disponibilité des services et continuent d’exclure les femmes en situation de précarité et de pauvreté, les femmes non mariées ou les jeunes filles mineures » alerte Catherine Giboin, membre du conseil d’administration de Médecins du Monde. Répondre aux besoins en contraception permettrait pourtant de réduire les grossesses non désirées de 84% et par conséquent la mortalité maternelle associée aux complications de la grossesse et de l’accouchement ou encore des avortements à risque, notamment chez les adolescentes qui sont particulièrement exposées.

Le 11 juillet 2017 se tiendra à Londres le 2ème sommet du partenariat mondial Family Planning 2020 (FP2020). FP2020 est un mouvement qui a été initié à Londres en 2012 pour garantir l’accès à la contraception de 120 millions de femmes et de jeunes filles d’ici 2020 selon une approche de promotion des droits humains. Ce mouvement regroupe de nombreux États, ONG, bailleurs, fondations et cible 69 pays. Médecins du Monde a décidé de s’associer à cette initiative dans une dynamique d’accompagnement au changement social. 

Particulièrement présent en Afrique francophone, dans les pays en situation de crise et de conflit et auprès des jeunes (de 10 à 24 ans), Médecins du Monde, en partenariat avec des acteurs locaux, agit pour améliorer l’accès aux soins et aux droits en santé sexuelle et reproductive dans 13 des 69 pays cibles de FP2020D’ici à 2020, Médecins du Monde s’engage à favoriser l’accès à la planification familiale d’un million de personnes dont 150 000 jeunes. C’est à l’occasion du prochain sommet de Londres auquel Médecins du Monde France, Royaume-Uni et USA participeront, que cet engagement sera officialisé.

« L’accès à la contraception est un droit fondamental ainsi qu’un puissant levier pour un développement juste et durable; mais surtout c’est la condition indispensable pour que les femmes puissent réaliser leurs objectifs dans leur vie personnelle, professionnelle ou publique ! Même si ce mouvement représente une réelle avancée pour les droits et la santé des femmes, cet objectif ne pourra être atteint que si les États ont la volonté politique de s’engager et de déployer des moyens financiers significatifs» conclut le Dr Françoise Sivignon, Présidente de Médecins du Monde.

Source: Médecins du Monde France- Burkina