Restauratrice depuis 18 ans, Blanche Bagayoko est propriétaire du restaurant bar dancing ‘’le Flamboyant’’ à Gaoua. Passionnée par la cuisine et affectueusement appelée maman par ses clients, elle exerce son métier de restauratrice avec beaucoup d’amour. Entre pression du foyer et obligation de satisfaire sa clientèle, comment s’y prend t- elle ? Rencontre avec une femme d’exception.

Blanche Kafando épouse Bagayogo est mère de quatre enfants. Âgée de la cinquantaine, on lui donnerait visiblement moins. Sa carrière de restauratrice commence en 1999 à travers la livraison des mets dans les différents services de la ville de Gaoua. Quelques années plus tard, Blanche loue un espace appartenant à la mairie de Gaoua qu’elle transforme en restaurant bar dancing pour le plaisir de ses clients.
Motivée par-dessus tout, Blanche est arrivée à former une équipe dynamique de dix personnes reparties en trois groupes (nettoyage, cuisine, serveur), qui s’activent au quotidien pour satisfaire la clientèle. Cet adage qui dit que ‘’le client est roi’’ trouve tout son sens chez cette dame au grand cœur, qui se plie aux exigences des clients pour les mettre à l’aise.

La rigueur qu’elle s’impose et la qualité de ses mets lui ont permis d’assoir une bonne réputation dans la cité du Bafoudji. « Nous n’avons pas d’heures pour le travail. Des fois, nous faisons des nuits blanches lorsque nous avons des commandes», affirme t-elle.

En plus d’être une occupation pour elle, la restauration permet à Blanche de participer aux charges familiales et satisfaire ses besoins et ceux de ses enfants. Un grand soutien de la part son époux lui donne le courage de continuer à développer d’autres initiatives pour la bonne marche de son restaurant. « Elle arrive à concilier travail et famille et je n’ai rien à lui reprocher. Elle a l’amour du travail bien fait même si elle n’aura pas grande chose », témoigne son époux.
Un métier quand même difficile.
Comme tout métier, être restauratrice est aussi difficile. « Il faut arriver à se surpasser pour supporter certains clients qui sont parfois désagréables » déplore maman Blanche. Cependant, son expérience de longues années dans la restauration fait d’elle une aguerrie. Un autre aspect que cette femme aimerait voir changer est le règlement des factures après service dans les structures publiques surtout : « j’aimerais tellement que nos dirigeants revoient le système de paiement des factures. Nous travaillons toujours à crédit, et souvent le paiement peut trainer pendant des années. Tenez-vous bien que j’ai toujours des factures impayées depuis la transition », regrette notre interlocutrice.
Du côté de ses clients, Blanche est beaucoup appréciée. « L’accueil, la qualité des mets et l’hygiène sont au top. Maman est toujours souriante et très respectueuse. Je trouve toujours du plaisir à manger au flamboyant », affirme un de ces clients.

Le rêve de Blanche Bagayoko est d’avoir son propre local pour ouvrir son restaurant à Gaoua et à Ouagadougou. Blanche Bakayoko fait partie de ceux qui pensent que toutes les femmes doivent se battre pour réussir et s’affirmer dignement dans la société.

Madeleine Kienou