C’est à Bobo-Dioulasso, dans la ville de Sya que s’est déroulé le 8 juin dernier le lancement de la campagne nationale de communication pour le changement social et de comportement en faveur des femmes et de la jeune fille. Une campagne qui s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet pour l’autonomisation des femmes et le dividende démographique au sahel(SWEDD).

La représentante résidente de l’UNFPA, Dr Edwige Adekambi Domingo

Selon la maison de l’entreprise, en 2015, sur 8561 entreprises formelles enregistrées seulement 1820 soit 21% appartenaient à des femmes. Aussi, dans les instances de décision, on  note une faible participation des femmes. Leurs capacités à entreprendre des initiatives économiques sont réduites.

En ce qui concerne l’espacement des naissances et l’accès à la planification familiale, pour beaucoup de femmes c’est encore une affaire de chance.  La faible utilisation des méthodes modernes de contraception, les mariages d’enfants et les grossesses à risque, sont entre autres les nombreuses difficultés auxquelles sont confrontées les femmes et les jeunes filles. Une réalité qui n’est d’ailleurs pas singulière au Burkina Faso. Plusieurs pays du sahel en sont confrontés.

C’est face à ce décor peu reluisant selon la représentante résidente de l’UNFPA, Dr Edwige Adekambi Domingo que les leaders mondiaux ont adopté l’agenda 2030 qui inclut un objectif pour l’égalité des sexes ainsi que l’autonomisation  des femmes et des filles à travers le projet SWEDD.

En lançant cette campagne, le Burkina Faso à en croire Edwige Adekambi Domingo, va bâtir et consolider l’alliance nationale impliquant les individus, les familles, les communautés pour l’adoption de comportement favorable à l’éducation des filles, la planification familiale, l’autonomisation économique des femmes et des filles…

 

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Cette campagne, selon la représentante de l’UNFPA vise aussi à prescrire de l’information de bonne qualité culturellement sensible pour changer les normes.  « A travers la  campagne il faut que de plus en plus les filles soient permises à l’école, qu’elles terminent leur cursus scolaire, qu’elles participent à la prise de décision, que l’accès à la planification ne soit pas une chance mais un choix sans contrainte pour la femme », lance-t-elle.

Selon le coordonnateur national du SWEDD, Abdoul Karim Ouédraogo, c’est un projet qui est mis en œuvre dans 6 pays du sahel à savoir le Tchad, la Mauritanie, le Mali, le Niger, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso et bénéficiant du financement de la banque mondiale et de l’appui technique de l’Organisation Ouest-Africaine de la Santé (OOAS) et du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA).

Le coordonnateur national du SWEDD, Abdoul Karim Ouédraogo

Pour l’ensemble des 6 pays, ce projet, poursuit-il s’évalue à une valeur de 205 millions de dollar dont 34, 8 millions de dollar soit environ 20 milliards de FCFA pour le Burkina Faso.

Plusieurs activités sont inscrites dans le cadre de cette campagne à savoir des séances de sensibilisation avec les populations, des plaidoyers avec les leaders coutumiers et religieux, des prestations de service et de l’animation grand public.

Il faut rappeler qu’il a été élaboré au titre de la région, une stratégie et une campagne régionale est en vue d’être lancé le 25 Août 2017 à Korhogo en république de Côte d’Ivoire.

 

       Issa KARAMBIRI